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L'industrie de la musique fait les frais des GAFA depuis 20 ans, selon Bruno Pelletier

Bruno Pelletier chante.

L'écoute en ligne ne génère pas les mêmes revenus que la vente de disques, constate l'auteur-compositeur-interprète Bruno Pelletier.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À l’occasion du lancement de son album Sous influences, l’auteur-compositeur-interprète Bruno Pelletier parle à cœur ouvert du problème de la rétribution des artistes à l’ère de l'écoute en continu sur Spotify, Apple et autres géants du web.

Ce que vit la presse écrite, qui voit les géants du web comme Facebook et Google s’accaparer une bonne partie de ses revenus publicitaires, le milieu du disque le vit depuis longtemps. C’est un combat qui dure depuis une vingtaine d’années, depuis que Napster est arrivé, explique le chanteur en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18.

Ceux qu’il appelle les « artisans et artisanes », c'est-à-dire ceux et celles qui font leur disque dans leur studio à la maison, demandent depuis longtemps que les fournisseurs d’accès à Internet contribuent davantage, au moyen de taxes ou de redevances, à la rétribution des artistes. Tous ces plus petits là, ça fait longtemps qu’ils jappent et qu’il ne s’est pas passé grand-chose, déplore-t-il.

J’ai eu l’impression, au début des années 2000, qu’il y avait eu un petit ressac envers le monde des artistes comme quoi ils se plaignaient tout le temps. Maintenant, je pense que les gens comprennent beaucoup mieux ce qu'on vit.

Bruno Pelletier, auteur-compositeur-interprète

Des revenus de misère

Bruno Pelletier a commencé à travailler sur son dernier album en octobre dernier. Il lui a donc fallu près d’un an pour le terminer, ce qui est commun dans l’industrie, selon lui. « Le travail qu’il y a derrière, c’est des mois, des années », souligne-t-il.

Mais, l'écoute en ligne, qui représente désormais les trois quarts des revenus de la musique aux États-Unis, est loin de générer les mêmes revenus que ceux tirés de la vente de disques. C’est à coup de 0,0005 et de 0,0027 cent, illustre Bruno Pelletier. En bout de ligne, il ne reste pas grand-chose pour des milliers d'écoutes.

Quand tu vas vers le net, tu te dis, au moins je vais vendre sur iTunes, au moins on va vendre sur les plateformes. Mais là, les gens font de plus en plus d'écoute en continu...

Bruno Pelletier, auteur-compositeur-interprète

Acheter un CD : un parcours de combattant

Bruno Pelletier souligne que son public, composé en majorité de gens de plus de 40 ans, est toujours friand de disques et de CD. Mais malgré tout, acheter un CD et l’écouter devient de plus en plus un parcours de combattant. C’est difficile, fait-il remarquer. On les cherche, les magasins de disques. On achète une nouvelle voiture, il n’y a plus de lecteur CD dedans.

Comme plusieurs artistes, son but n’est pourtant pas d’être riche. Il souhaite tout simplement faire vivre sa famille et pouvoir regagner l’argent investi dans ses réalisations. Ça, ce n’est plus possible, ça passe par d’autres canaux, par les commanditaires, par la scène, mais même la scène, c'est devenu difficile, déplore-t-il.

Il espère que les jeunes, qui connaissent selon lui mieux les médias sociaux que les artistes de sa génération, sauront se mobiliser pour trouver une solution.

Avec les informations de Catherine Richer

Musique

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