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Amnistie internationale s’inquiète pour les environnementalistes albertains

Deux jeunes adultes qui tiennent une pancarte dans leur main. Sur la pancarte, on peut voir des exemples d'actions pour sauver la planète, par exemple, favoriser les énergies renouvelables.

Amnistie internationale s'inquiète du ton employé par le gouvernement albertain contre les environnementalistes.

Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Laurent Pirot

Le gouvernement albertain utilise un ton « menaçant » contre ceux qui critiquent l’exploitation du pétrole et les projets de pipelines, selon l’organisation Amnistie internationale, qui s’inquiète pour le respect des droits de la personne dans la province.

Ces accusations sont plus que ridicules, a fermement rétorqué le premier ministre albertain, Jason Kenney, qui refuse d’infléchir sa politique.

Dans un discours, il a ensuite fait référence à l’arrestation en Russie de militants de Greenpeace comme un casinstructif. C’est drôle, ils ne sont jamais retournés en Russie, a ironisé Jason Kenney lors d’un discours devant des représentants de l’industrie des sables bitumineux à Fort McMurray.

Ils savent qu’ils ne pourraient pas le faire dans la Russie de Vladimir Poutine. En fait, Greenpeace a manifesté sur une plateforme pétrolière en Russie, et son équipe a été arrêtée et jetée dans une prison sibérienne pendant six mois. C’est drôle, ils n'y sont jamais retournés.

Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta
Plan rapproché de M. Kenney, de profil.

Jason Kenney dit que la lutte contre les attaques subies par le secteur pétrolier est au coeur de ses promesses de campagne.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En 2013, 30 militants de Greenpeace ont été arrêtés après avoir tenté de s’introduire sur une plateforme pétrolière. Les poursuites contre eux ont fini par être abandonnées et la Russie a été condamnée par une cour internationale pour cet épisode.

Le secrétaire général d’Amnistie internationale Canada, Alex Neve, demande dans une lettre ouverte que le gouvernement de Jason Kenney renonce à la stratégie agressive mise en place pour répondre à ce qu’il décrit comme des attaques injustes contre le secteur de l’énergie.

Le ton menaçant et punitif et les intentions de la stratégie de défense suscitent toute une série d’inquiétudes pour les droits de la personne.

Alex Neve, secrétaire général d’Amnistie internationale Canada

Discours guerrier

Amnistie internationale s’inquiète de ces initiatives qui minent une série d’obligations de l’Alberta en matière de droits de la personne, en vertu de la Charte canadienne des droits et de liberté et du droit international, écrit Alex Neve dans un courrier. La liberté d’expression, la liberté d’association, les droits des peuples autochtones et l’égalité des genres.

L’organisme s’inquiète en particulier du centre des opérations créé par la province pour défendre l’image du secteur pétrolier dans les médias et sur les plateformes de médias sociaux. L’autre inquiétude concerne l’enquête publique sur le financement étranger des organismes opposés aux sables bitumineux.

Militantes menacées

Alex Neve affirme que son organisation a été contactée par des femmes autochtones albertaines qui disent avoir reçu des menaces en raison de leurs activités militantes.

Jason Kenney a répondu fermement, en entrevue, qu’il n’abandonnerait absolument pas ces deux initiatives, qu’il décrit comme deux éléments centraux de la campagne de son parti.

Il accuse Amnistie internationale de se battre pour protéger des milliardaires financés depuis l’étranger contre la transparence alors qu’ils financent une campagne pour enclaver les ressources énergétiques canadiennes.

Le Canada « trop gentil »

Le premier ministre assure qu’Amnistie internationale devrait au contraire soutenir l’exploitation des hydrocarbures du Canada parce qu’ils sont en concurrence avec le pétrole produit dans certains des pires régimes du monde comme le Venezuela, la Russie, l’Iran ou l’Arabie saoudite.

Ce n’est pas seulement une question économique pour le Canada, ce n’est pas une question d’emploi pour l’Alberta, c’est aussi une question de droits de la personne, afin de rendre le monde meilleur.

Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta

Jason Kenney affirme que le Canada fait l’objet d’une attention particulière et injuste de la part des organisations environnementales. Parce que nous sommes trop gentils, elles pensent qu'elles pourraient s’en prendre à nous , conclut-il.

Alberta

Droits et libertés