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Vitalité apporte des changements au CHR après le suicide d'un patient

Un cadre de Martin Michaud, devant son père et son frère lisant ses lettres.

Martin Michaud passait le temps en écrivant au Centre hospitalier Restigouche. Son père et son frère sont passés au travers de toutes ses lettres.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Le Réseau de santé Vitalité dit avoir apporté des changements à ses institutions de soins de santé après le suicide d'un patient du Centre hospitalier Restigouche (CHR), en février dernier.

La mort de Martin Michaud, alors âgé de 38 ans, a largement secoué le Nouveau-Brunswick en février dernier. Le patient du CHR s'est enlevé la vie au centre de psychiatrie entre deux visites de routine du personnel, selon le rapport du coroner. Trois heures se seraient écoulées entre ces visites routinières.

Pourtant, une visite devait être faite toutes les heures... Et selon sa famille, la mort de l'homme aurait pu être évitée.

Martin Michaud s’est enlevé la vie seulement deux jours après la publication d’un rapport accablant du Bureau de l’ombudsman du Nouveau-Brunswick sur de multiples cas de mauvais traitements, de négligence et sur la pénurie criante de main-d’oeuvre au Centre hospitalier Restigouche.

Une information précise du rapport du coroner leur donne cette conviction. Aucune ronde n’a été effectuée entre 5 h 39 et 8 h 45 le matin du 9 février.

Charles Murray en discussion avec une collègue.

Charles Murray, ombudsman du Nouveau-Brunswick, lors du dépôt de son rapport sur le Centre hospitalier Restigouche, le 7 février 2019.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Pour une raison ou une autre, ils ont manqué le dernier quart de nuit,avait indiqué le père de Martin, Roland Michaud, en se basant sur une discussion qu’il avait eue avec le coroner. Martin a passé à l’acte dans ce temps-là. Je comprends pas ça et j’accepte pas ça.

Des changements importants

Sept mois plus tard, le directeur général du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, indique que le centre hospitalier a révisé ses méthodes de travail, pour s'assurer que les visites de routine sont effectivement conclues toutes les heures.

Gilles Lanteigne en point de presse.

Selon Gilles Lanteigne, PDG du réseau de santé Vitalité, les mesures pour remédier à la situation ont déjà été entamées.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Dorénavant, l'employé doit prouver qu'il a réellement visité le patient. Il devra entre autres témoigner d'avoir vu le patient respirer, inscrire dans un registre l'heure de la visite et s'assurer que son superviseur du soir valide ses rondes de vérifications.

Autre changement : le durée du séjour d'un patient sera étudiée de beaucoup plus près. M Lanteigne dit que les séjours seront maintenant d'une durée maximale de 18 mois, bien qu'avant ils avaient une durée moyenne de 10 ans.

Nous évoluons vers de meilleures pratiques dans une situation où l'on reconnaît que les individus ont des droits, a déclaré Gilles Lanteigne en entrevue avec CBC.

Ils ont le droit d'être dans la communauté, comme ils ont le droit de recevoir des services .

Le directeur général n'a toutefois pas voulu confirmer si ces changements sont des résultats de la mort de Martin Michaud.

Gilles Lanteigne indique que le rapport de Charles Murray a été très utile au réseau de santé, mais qu'il ne reconnaissait pas « tous les efforts qui avaient été mis en place ».

Les recommandations d'un consultant privé

Les déclarations de l'Ombudsman a pressé le ministère de la Santé à s'acquérir des services d'un consultant privé, George Weber, qui a lui-même apporté quelques recommandations afin d'améliorer l'institution.

Quelques recommandations du consultant privé George Weber :

  • Élaborer un programme provincial de soins de santé mentale et de toxicomanie pour cerner les lacunes, mesurer les résultats et finalement élaborer un plan provincial à instaurer dans les différents établissements ;
  • Renvoyer les patients qui n'ont plus besoin de services de soins tertiaires dans des programmes qui répondent mieux à leurs besoins ;
  • Développer des stratégies de recrutement et de rétention compétitives pour les professionnels de la santé « spécifiques et essentiels ».

Gilles Lanteigne rapporte que le Réseau de santé Vitalité travaille à l'implantation de ces recommandations, en plus de ceux de Charles Murray.

Même si suffisamment de personnel travaillait au CHR la nuit de la mort de Martin Michaud, le nombre d'employés était trop souvent en dessous de la limite imposée.

M. Lanteigne assure qu'il travaille avec le ministère de la Santé afin de recruter et de garder des employés qualifiés au sein de ses équipes. Il indique aussi que Vitalité a proposé ses propres recommandations au ministère, suite au suicide de M. Michaud.

Une famille dans le deuil

Roland Michaud pleure toujours la mort de son fils, tout comme sa mère, Rosemonde Michaud, sa soeur, Marie-Hélène et son frère, Marc-André.

La soeur, la mère et un des frères de Martin Michaud.

De gauche à droite : Marie-Hélène Michaud, Rosemonde Godin et Marc-André Michaud.

Photo : Radio-Canada / Jonna Brewer

La famille raconte qu'elle n'a eu aucun contact avec le réseau de santé, ni le gouvernement, même si Gilles Lanteigne assure qu'il fait partie des pratiques normales chez Vitalité de contacter les familles des patients et de leur offrir le soutien nécessaire.

Personne ne nous a appelés, avait dénoncée la mère de Martin Michaud en entrevue. Les mois passent, et je me dis qu’on aurait dû avoir un contact avec eux. [...] nous avons dû nous tenir informés à travers les médias.

M. Lanteigne n'a pas voulu dire si Vitalité prévoit s'entretenir avec la famille dans l'avenir.

Je ne peux pas en parler parce que c'est une situation particulière, indique le directeur-général.

Si vous ou un de vos proches êtes en détresse ou avez besoin d'aide, n'hésitez pas à composer les numéros d’urgence 24 heures :

  • Ligne d’écoute CHIMO : 1 800 667-5005
  • Jeunesse, J’écoute : 1 800 668-6868
  • Service canadien de prévention du suicide : 1 833 456-4566

Avec les renseignements de CBC et de Nicolas Steinbach

Nouveau-Brunswick

Justice