•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Société économique de l'Ontario fait son mea culpa après avoir congédié René C. Viau

Un homme âgé parle à la caméra.

Le président du conseil d'administration de la Société économique de l'Ontario, Denis Laframboise, a déclaré que le processus de recrutement de l'organisme serait revu.

Photo : Radio-Canada / Ottawa

Natasha MacDonald-Dupuis

La Société économique de l'Ontario, qui a mis à la porte l'un de ses dirigeants à la suite d'une enquête de Radio-Canada, dit être en train de revoir ses pratiques d'embauche.

L'agence de développement économique francophone en Ontario, qui est subventionnée par le fédéral, admet avoir fait plusieurs erreurs en nommant René C. Viau à la tête de son bureau torontois.

Dans une enquête publiée lundi et mardi, Radio-Canada a révélé que René C. Viau, embauché par la SEO en avril dernier, avait été reconnu coupable par le passé d'entrave à la justice et d'avoir agi comme prête-nom par un tribunal administratif au Québec.

Radio-Canada a aussi découvert que l'entreprise privée de René C. Viau avait un site web en partie plagié. Le site faisait aussi la promotion de projets énergétiques d'envergure qui n'existent pas ou ne semblent pas exister, selon une dizaine de municipalités et d'États. M. Viau rejette cette dernière allégation.

Il avait pourtant été embauché pour ses qualités d'entrepreneur, confirme la SEO.

En entrevue mardi, le président du conseil d'administration de la Société économique de l'Ontario a rappelé que l'organisme est à but non lucratif et que, comme c'est le cas dans ce milieu, il n'a pas toujours les ressources pour faire des recherches approfondies lors de l'embauche de cadres.

On remercie Radio-Canada d'avoir trouvé et de nous avoir donné ces détails parce qu'on n'a pas toujours les ressources pour le faire.

Denis Laframboise, président du conseil d'administration de la Société économique de l'Ontario

Denis Laframboise a précisé que la politique de recrutement utilisée à la SEO était désuète et qu'une nouvelle politique serait bientôt entérinée par le conseil d'administration. Il a ajouté que la SEO a été étonnée par l'enquête de Radio-Canada et a appris de ses erreurs.

M. Laframboise a aussi tenu à lancer un appel à la communauté francophone.

On incite la communauté à nous faire savoir les choses qu'on ne sait pas quand on fait des recrutements.

Denis Laframboise, président du conseil d'administration de la Société économique de l'Ontario

M. Viau était directeur régional Centre-Sud-Ouest de la SEO, dont le budget annuel est de 3,4 millions de dollars.

Il touchait un salaire annuel de 90 000 $ à 98 000 $.

Bailleurs de fonds

Les deux ministères fédéraux qui financent la Société économique de l'Ontario n'ont pas voulu commenter directement l'enquête.

Le ministère prend très au sérieux toutes les allégations portées à son attention. IRCC examine toutes les allégations ou les plaintes afin de déterminer les répercussions sur les clients et les programmes, et prend les mesures appropriées.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada

Emploi et Développement social Canada a indiqué pour sa part avoir mis en place des processus rigoureux afin d’assurer une saine gestion du financement et de faire en sorte que les objectifs de projet soient atteints.

Outils de gouvernance

L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario n'a pas voulu commenter l'affaire.

Son directeur général Peter Hominuk a toutefois rappelé par courriel que l'AFO a investi de façon importante dans des formations et des outils pour aider les groupes à améliorer leur gouvernance organisationnelle.

Ces ressources sont disponibles sur le site web de l'AFO.

L'éditorialiste de Sudbury Réjean Grenier estime pour sa part que ce genre de lacune dans les processus d'embauche des organismes publics est courant, à cause notamment d'un manque de ressources.

On ne surveille plus autant nos dirigeants, tout simplement par manque de moyens. C'est clair qu'il y a plein de choses qui se passent partout. Les hôpitaux, par exemple, qui vont donner des privilèges à un médecin sans vérifier ses antécédents.

Mardi, René C. Viau n'a pas répondu à une demande d'entrevue.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Toronto

Associations francophones