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Le Festival western de Saint-Tite, une manne pour ses habitants

Des gens marchent dans les rues de Saint-Tite

En 2018, le Festival western de Saint-Tite a enregistré 655 047 visites durant les 10 jours de l'événement.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Camille Carpentier

10 000. C’est le nombre approximatif de véhicules motorisés qui migrent annuellement vers Saint-Tite, durant le Festival western. Impossible d’accueillir tous ces festivaliers sans la participation des citoyens, qui en profitent pour faire des affaires d'or.

Dans les rues de Saint-Tite, la façade de plusieurs maisons est complètement cachée par d’immenses véhicules récréatifs. Sur les terrains privés, dans les champs et sur les terrains vacants, des sites de camping éphémères prennent forme. Dans la petite municipalité de quelque 3000 personnes, il ne reste presque aucune parcelle de terrain vacante.

Guy Périgny peut accueillir quelque 80 motorisés sur son terrain.

Guy Périgny peut accueillir quelque 80 motorisés sur son terrain.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Si le Festival western est une manne pour les commerçants, qui font souvent leur année durant les 10 jours de l’événement, les citoyens aussi en profitent.

À preuve, en 2018, le festival a attiré 70 826 touristes qui ont généré 398 363 nuitées à Saint-Tite et en périphérie. Chambres, salon, sous-sol, garage : certains font preuve d’imagination pour offrir des endroits où dormir.

Guy Périgny et sa conjointe Chantale

Guy Périgny et sa conjointe Chantale accueillent près de 250 personnes chez eux durant le Festival western de Saint-Tite.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Guy Périgny et sa conjointe ont su tirer profit de cette occasion d’affaires. En 2017, Guy Périgny a pris sa retraite et est revenu s’installer à Saint-Tite, d’où il est originaire. Il a acheté une grande maison avec un terrain déjà aménagé. L’objectif : héberger le plus de visiteurs possible durant le Festival western.

C’est une vache à lait aussi pour les particuliers qui en profitent.

Guy Périgny

Son terrain peut accueillir 80 motorisés. Mais ce n’est pas tout. Sa maison, elle, peut accueillir plusieurs dizaines de personnes grâce à un dortoir aménagé au sous-sol. Quelques rénovations lui ont permis d’installer trois toilettes et trois douches pour ses visiteurs. En tout, près de 250 personnes peuvent dormir chez lui.

Des lits sont placés les uns à côté des autres

Guy Périgny a transformé son sous-sol en dortoir pour accueillir les festivaliers.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

L’investissement en vaut la chandelle. Pour Guy Périgny, les 10 jours du Festival représente des revenus de près de 34 000 $. Mais il insiste : il n’est pas celui qui gagne le plus. Pour ceux qui possèdent des terrains pouvant accueillir plusieurs centaines de motorisés, la cagnotte est encore plus importante.

Des clients fidèles

Dans sa cour, au milieu des dizaines de motorisés qui ont élu domicile chez lui, un homme approche Guy Périgny. Client d’un autre camping plus loin en ville, il demande s’il est possible de réserver une place… pour l’année prochaine. À Saint-Tite, les terrains de camping sont souvent précieux et les adeptes sont nombreux à retourner au même endroit tous les ans.

Chantale Boulay et Jean-Guy Bélanger campent sur le terrain de Chantale Charette depuis 17 ans. Pour eux, le festival est presque devenu une réunion de famille.

On a un accueil ici assez remarquable. On part de chez nous, et on arrive chez nous!, lance Chantale Boulay.

Chantale Boulay et Jean-Guy Bélanger

Chantale Boulay et Jean-Guy Bélanger ont rendez-vous à Saint-Tite depuis 17 ans.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Le couple originaire de Sherbrooke est tombé en amour avec l’événement, mais aussi avec les fidèles qu’ils revoient chaque année. Selon eux, il y a là une ambiance festive unique.

C’est facile de se faire des amis, dit Jean-Guy Bélanger. Tu mets un chapeau et des bottes, et c’est parti!

Chez Nathalie Massicotte, les fidèles aussi reviennent depuis près de 15 ans. Pour Carol Ouellet, un festivalier venu du lac Saint-Jean, Saint-Tite est un passage obligé depuis une trentaine d’années.

On sait que c’est toujours la même chose, mais on y revient.

Carol Ouellet
Nathalie Massicotte et son fidèle groupe de campeurs.

Nathalie Massicotte et son fidèle groupe de campeurs.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Voyant qu’il y avait une demande pour l’hébergement, Nathalie Massicotte a commencé à accueillir des gens dans son appartement. Vingt ans, une maison et un terrain gazonné plus tard, elle accueille maintenant plus de 40 personnes durant le festival.

Il faut aimer le monde, dit-elle. Certains me demandent comment je fais pour avoir des gens chez moi!

Saint-Tite, ville assiégée

Les rues de Saint-Tite sont envahies de voitures et de véhicules récréatifs.

Durant le Festival western, les rues de Saint-Tite sont envahies de voitures et de véhicules récréatifs.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Dans les quartiers résidentiels, les terrains qui ne sont pas occupés par une roulotte, une tente une voiture ou encore un cheval, sortent du lot. Dans son salon d’esthétique, Nathalie Massicotte entend l’irritation de certaines de ses clientes, qui ne sont pas enchantées à l’idée de voir des milliers de personnes défiler dans leurs rues durant deux semaines.

Pour elle, la meilleure façon de vivre le festival, est justement de savoir en tirer profit.

Il faut trouver le moyen de vivre dans ce festival-là, et d’avoir du plaisir.

Mauricie et Centre du Québec

Tourisme