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Louis Bouchard veut assurer la survie du Centre national Pierre-Harvey

Louis Bouchard en entrevue après une course.

Entraîneur de longue date d'Alex Harvey, Louis Bouchard s'attaque à son prochain défi : développer une prochaine génération de skieurs québécois capables de rivaliser à l'International.

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Guillaume Piedboeuf

Louis Bouchard ne se voyait pas demeurer entraîneur-chef de l’équipe canadienne sans Alex Harvey. Décidé à se consacrer au développement de la prochaine génération de skieurs élites québécois, l’entraîneur a un nouveau défi de taille devant lui : assurer la pérennité du Centre national d’entraînement Pierre-Harvey sans l’aide de Ski de fond Canada.

Depuis le 1er septembre, Louis Bouchard n’est plus à l’emploi de Nordiq Canada (anciennement Ski de fond Canada). L’entraîneur de longue date d’Alex Harvey est de retour à temps plein au Centre national d’entraînement Pierre-Harvey (CNEPH).

On est dans une courbe actuellement en ski de fond au Canada où il faut redévelopper des athlètes de calibre international. On a une grande masse d’athlètes, mais tout est un peu à refaire. Je me trouve plus utile ici, explique l’entraîneur qui sillonnera le circuit nord-américain plutôt que celui de la Coupe du monde, cette saison.

Après beaucoup d’années à travailler pour le sommet de la pyramide, la haute performance, les Jeux olympiques, là j’ai un plaisir fou à revenir au développement. C’est motivant parce qu’il y a encore beaucoup d’espace pour la progression chez les jeunes avec qui on travaille.

Revoir le financement

S’il a parcouru la planète avec Alex Harvey durant des années, ce n’est que la saison dernière que Bouchard avait accepté le poste d’entraîneur-chef de l’équipe canadienne. Il n’avait pas vraiment le choix.

La retraite annoncée de Harvey à la suite des Jeux olympiques de Pyeongchang avait sonné le glas sur la majorité du financement fédéral octroyé au CNEPH par Nordiq Canada. Résultat, il n’y avait plus suffisamment d’argent pour payer les entraîneurs.

Louis Bouchard et son bras droit, François Pépin, ont donc dû trouver un moyen de continuer à encadrer la quinzaine d’athlètes du Centre, tout en recevant un salaire d’ailleurs. Le premier avec l’équipe canadienne, le second avec Ski de fond Québec.

Un an plus tard, Bouchard a eu le temps d’élaborer une stratégie pour assurer la survie du CNEPH et le voilà de retour comme entraîneur-chef à temps plein.

Cette année, on essaye de devenir autonome. On ne veut pas dépendre des subventions de la fédération nationale, parce qu’on s’attend peut-être être à zéro, l’an prochain.

Heureusement, le milieu du ski de fond québécois se serre les coudes. Ski de fond Québec assure maintenant une bonne partie du salaire des entraîneurs Louis Bouchard et François Pépin. Un poste de farteur a été supprimé, mais le CNEPH misera sur l’aide de plusieurs farteurs bénévoles durant l'hiver.

Surtout, un solide groupe de donateurs privés, des passionnés de ski de fond, s’est assemblé pour assurer la pérennité du CNEPH.

De mauvaises décisions de Nordiq Canada?

Des nouvelles rassurantes, surtout que les meilleurs jeunes skieurs canadiens sont actuellement au CNEPH, assure Louis Bouchard. Ce ne sera pas si long, à mon avis, avant que l’on ait à nouveau des athlètes qui vont obtenir du succès sur le circuit de la Coupe du monde.

Dans le contexte, l’entraîneur ne peut pas s’empêcher de remettre en question certaines décisions de Ski de fond Canada. Il est vrai qu'en raison du fonctionnement du programme À nous le podium, Nordiq Canada a perdu beaucoup de financement avec la retraite d’Alex Harvey, seul espoir de médaille actuel du ski de fond canadien.

Mais l’argent restant n’est peut-être pas utilisé efficacement, estime-t-il.

Je pense qu’il y a des choix controversés de la part de notre propre fédération nationale. Quand ta première mission est de développer des athlètes internationaux et que tu embauches des gens dont ce n’est pas le principal mandat, ça fait un peu drôle, explique Louis Bouchard, référant notamment à une structure administrative qu’il juge imposante chez Nordiq Canada.

Quand tu coupes dans ton principal Centre national qui développe des athlètes depuis des années, sachant que le Québec va être actif pendant longtemps dans le développement, je pense que c’est discutable. Tu devrais peut-être couper ailleurs. Il faut que tu te rappelles de ta mission.

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