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Comment bien informer les sans-abri à l'aube des élections fédérales?

Un itinérant est assis au milieu d'un campement qui a été démoli près d'une voie ferrée à Moncton.

Des organismes essayent d'aider les sans-abris à voter.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À l’approche des élections fédérales, les Canadiens devront faire leurs choix aux urnes, notamment ceux qui vivent en situation d’itinérance. Mais comment faire pour que les sans-abri soient bien informés alors qu'ils ont moins accès à de l'information de qualité?

« L’accès aux médias est plus difficile dans les communautés marginalisées, car elles n’ont pas le même accès omniprésent à la technologie que le grand public », affirme Dionne Pelan, chercheuse à l’Université de la Colombie-Britannique qui étudie la culture numérique dans le quartier Downtown Eastside, à Vancouver.

Selon elle, le manque d’accès à Internet est un problème majeur : « Pour les sans-abri, il est souvent difficile d’y avoir accès dans les universités ou dans les bibliothèques publiques. »

De plus, il ne s’agit pas seulement de comprendre l’information, mais de réaliser que les informations sont belles et bien véridiques.

C’est là que les organismes communautaires comme Boyle Street, au centre-ville d’Edmonton, interviennent, car elles tentent de remédier au problème en informant les électeurs itinérants.

Boyle Street propose à ses clients un accès Internet sans fil ainsi qu'un accès à des journaux quotidiens pour tenir les clients informés.

Mais ce n’est pas tout.

L’organisme installe aussi une grande affiche non partisane contenant des informations sur la plate-forme des différents partis qui concerne particulièrement sa clientèle, notamment les services liés aux problèmes de dépendance, la santé mentale et les logements abordables.

Desiree MacKenzie, une sans-abri d'Edmonton.

Desiree MacKenzie votera aux prochaines élections fédérales.

Photo : Radio-Canada

Desiree MacKenzie fait partie des quelque 5000 Albertains aux prises avec le sans-abrisme, selon les statistiques de Homeward Trust. Plus de 90 % d’entre eux sont en âge de voter.

Elle fait de son mieux rester informée avant de voter aux prochaines élections. D’ailleurs, elle s'illumine quand elle parle des affiches.

« Il est important que nous soyons informés de la même manière que les autres, que nos sentiments, nos droits soient respectés. C’est normalement quelque chose que nous ne pouvons obtenir nulle part ailleurs », déplore-t-elle.

« Mais Boyle Street nous tient vraiment bien informés! »

Accès aux urnes

Selon Elliott Tanti, responsable des communications de Boyle Street, le plus grand défi reste l’accès aux urnes.

« Beaucoup de personnes qui vivent en situation de pauvreté et qui sont marginalisées sont gênées d’aller voter », dit-il.

Boyle Street servira d’ailleurs de bureau de vote lors des prochaines élections fédérales. C’était le cas également lors des dernières élections provinciales. Elections Alberta avait d’ailleurs assoupli le protocole de vote. Les électeurs itinérants sans pièce d'identité portant une photo pouvaient voter si le personnel de Boyle Street se portait garant d'eux.

« Cela avait super bien fonctionné », dit Elliott Tanti. Il ne sait toutefois pas encore si les électeurs qui sont sans-abri seront une fois de plus en mesure de voter sans pièce d'identité.

Une chose est certaine, Desiree MacKenzie votera une fois de plus le 21 octobre et elle le fera à Boyle Street là où elle ne se sent pas jugée.

Alberta

Politique fédérale