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Voici le crâne virtuel de l'ancêtre de tous les Homo sapiens

Radio-Canada

Malgré un âge de quelque 300 000 ans, le plus vieil aïeul commun à tous les Homo sapiens avait un crâne étonnamment moderne, montre une modélisation réalisée par des paléoanthropologues européens.

Illustration de l'apparence du crâne de l'Homo sapiens.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une combinaison de quatre modélisations du crâne de celui qui pourrait être l'ancêtre commun de tous les « Homo sapiens ».

Photo : CNRS/MNHN/Aurélien Mounier

L'Homo sapiens est apparu en Afrique il y a environ 300 000 ans, et ses premiers balbutiements restent mystérieux à ce jour.

Les fossiles africains de moins de 500 000 ans connus étant peu nombreux, il manque des pièces au casse-tête de l’histoire de notre espèce.

Dans les présents travaux, le Français Aurélien Mounier, du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, et la Britannique Marta Mirazon Lahr, de l'Université de Cambridge, ont analysé en détail 263 crânes anciens et actuels dans l’objectif de fabriquer des fossiles virtuels des éléments manquants.

Nous avons réalisé une modélisation afin de reconstruire des morphologies possibles à la population ancestrale à tous les hommes modernes.

Aurélien Mounier, paléoanthropologue au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris

Créer un fossile virtuel

Il n’existe actuellement que cinq crânes trouvés au Maghreb, en Afrique de l'Est et en Afrique du Sud datant de la période durant laquelle les Homo sapiens seraient apparus en Afrique.

Pour arriver à créer un fossile virtuel du crâne de l’ancêtre d’Homo sapiens, les chercheurs ont modélisé des individus moyens de 29 populations différentes : 21 modernes vivant dans les différentes régions du monde et 8 populations fossiles. Ils ont ensuite remonté l'arbre évolutif de Sapiens pour en déduire ses caractères morphologiques.

Les traits de ce fossile virtuel, dont l’âge théorique serait 300 000 ans, apparaissent relativement modernes. Il possède :

  • une boîte crânienne arrondie;
  • un front relativement haut;
  • des bourrelets sus-orbitaires peu marqués;
  • une face peu projetée vers l’avant.

En gros, sa morphologie est proche de certains fossiles qui datent d'il y a seulement 100 000 ans.

Des populations distinctes en Afrique ont contribué à former la population ancestrale de notre espèce.

Aurélien Mounier

Selon les auteurs de ces travaux, publiés dans la revue Nature Communications (Nouvelle fenêtre) (en anglais), l'Homo sapiens serait né de l’hybridation de populations du sud et de l’est de l’Afrique.

Des populations nord-africaines se seraient mélangées aux Néandertaliens à la suite de migrations vers l’Europe, contribuant de manière moindre à notre espèce.

Des conclusions qui remettent à l'avant-plan, encore une fois, l’hypothèse d'une évolution humaine linéaire dont le berceau serait l'Afrique de l'Est.

Elles soutiennent l’hypothèse, établie par d’autres chercheurs sur la base d’analyses génétiques, qu’à la suite d'une première sortie d’Afrique qui n’a laissé de traces qu’en Océanie, une deuxième migration aurait permis à l'Homo sapiens de peupler successivement l’Europe, l’Asie et l’Amérique.

Avec les informations de Agence France-Presse

Paléontologie

Science