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Des clandestins auraient été embauchés en raison du manque de main-d'oeuvre

Vue d'ensemble de l'extérieur de l'édifice

La Résidence Chanoine-Scott accueille 65 personnes âgées en perte d'autonomie

Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron

Le responsable d'une résidence pour personnes âgées qui aurait engagé des travailleurs clandestins soulève la question de la pénurie de main-d'oeuvre.

Philippe Thomassin a comparu au palais de justice de Québec, mardi matin, pour répondre de neuf chefs d'accusation en vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés.

Il aurait engagé neuf étrangers, illégalement, pour travailler à la Résidence Chanoine-Scott qui accueille 65 personnes âgées en perte d'autonomie.

Philippe Thomassin ne s'est pas présenté à sa comparution laissant le soin à son avocat de le représenter.

Me René Verret a préféré ne pas faire de commentaires à la sortie de la salle d'audience.

Pénurie de préposés aux bénéficiaires

Son client a attendu la veille de sa comparution, après la parution de notre article sur les allégations de l'Agence des services frontaliers, pour répondre à nos demandes d'entrevue.

Dans un courriel, Philippe Thomassin écrit que le point de la pénurie de main-d'oeuvre dans le domaine des préposés aux bénéficiaires est absent de votre reportage.

Personnes âgées assises à des tables et une préposée aux bénéficiaires qui sert de la nourriture.

Philippe Thomassin invoque la pénurie de préposés aux bénéficiaires dans les résidences pour personnes âgées.

Photo : Radio-Canada

Selon monsieur Thomassin, notre reportage laisse entendre queles résidences de personnes âgées à haute intensité de main d’oeuvre feraient appel à ces travailleurs parce qu’ils auraient une affection particulière pour l’illégalité, plutôt que de démontrer que l’obligation de donner des soins à des personnes âgées requière du personnel pour le faire.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale estime par contre que l'embauche de travailleurs illégaux est inacceptable.

Si les résidences sont aux prises avec des problèmes de recrutement, on essaie de les aider. Mais encore faut-il qu'elles nous interpellent, fait valoir la porte-parole du CIUSS de la Capitale-Nationale, Mélanie Otis.

Questionné à savoir si la pénurie de main-d'oeuvre allait être évoquée pendant les procédures judiciaires, Me Verret a préféré réserver les moyens de défense de son client pour le tribunal.

Le dossier de Philippe Thomassin reviendra devant la Cour le mois prochain.

Système encadré

Pour l'avocat Mokhtar Sallami, qui pratique en droit de l'immigration, un contexte social ne justifie pas de contourner les Lois.

Si on ouvre une porte pour une personne, on va l'ouvrir pour tout le monde. Sinon tout le monde va aller recruter en dessous de la table, au noir, en disant qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre, explique Me Mokhtar Sallami.

Me Mokhtar Sallami

Me Mokhtar Sallami

Photo : Radio-Canada

Il rappelle que le Canada a signé des conventions internationales sur l'emploi et le droit du travail et qu'il s'agit d'un secteur très encadré.

Il touche à la sécurité des personnes. Si on recrute quelqu'un qui vient travailler dans des conditions qu'on ne sait pas, constate Me Sallami. Comment on va encadrer ça ?, demande-t-il ?

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