•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Deux nouvelles langues autochtones à l’Université du Manitoba

Le mot « bienvenue » en différentes langues autochtones.

Pour la première fois en 45 ans, le département des études autochtones de l'Université du Manitoba offre quatre cours de langues autochtones.

Photo : Université du Manitoba

Radio-Canada

Quarante-cinq ans après la création du département des langues autochtones de l’Université du Manitoba, deux cours de langues des Premières Nations se rajoutent au programme, le dakota et le mitchif.

Cary Miller, la directrice du département des études autochtones de l’Université s’en réjouit, car cela permet une meilleure compréhension des différentes cultures autochtones et s’inscrit dans l’optique de revitaliser leurs langues.

Quand on préserve la langue, quand on continue à la parler, on maintient l’intégrité intellectuelle de la culture.

Cary Miller, directrice du département des études autochtones de l'Université du Manitoba

Les cours de langues cries et d’ojibwé ont toujours été offerts depuis la création du département, en 1974, et selon Cary Miller, plus de 25 étudiants s’inscrivent à ces cours de langues chaque session.

C’est un phénomène qui s’explique, car ce sont les langues autochtones les plus parlées au Manitoba, selon Statistique Canada, explique Cary Miller.

Selon Statistique Canada, plus de 60 langues autochtones ont été déclarées en 2011. La plus grande famille de langues autochtones appartient à la famille des langues algonquiennes, on retrouve les personnes parlant ces langues algonquiennes, un peu partout au Canada, principalement en Saskatchewan, au Manitoba, en Alberta et au Québec. Les personnes qui ont comme langue maternelle l’ojibwé ou l’oji-cri vivent principalement en Ontario et au Manitoba.

À ce jour, une vingtaine d’étudiants se sont inscrits au cours de mitchif et de dakota pour la session d’automne 2019.

Cary Miller, explique que les cours de langues mitchif et dakota sont intégrés dans des cours généraux de culture pour une période d’un an. Si la tendance des inscriptions se maintient, les cours deviendront par la suite exclusivement des cours de langues.

Parmi ces étudiants des nouveaux cours, on retrouve Jack Theis, un étudiant en études autochtones. Il dit être heureux de suivre plusieurs de ces cours, car cela lui permet de tisser des liens avec ses ancêtres.

Je voulais vraiment apprendre la langue obijwée. Je voulais aussi apprendre le mitchif pour aider aux efforts de la revitalisation des langues et je compte rester dans la région et réorienter l'histoire de ma famille et de notre patrie autochtone.

Jack Theis, étudiant en études autochtones

Laura Forsythe, étudiante en doctorat qui se spécialise dans l’inclusion des Métis à l’Université du Manitoba, a participé à l’intégration des cours de dakota et de mitchif à l’Université.

Elle a suivi le cours d’introduction à la culture mitchif pendant la session d'été 2019 et, selon elle, c’était une expérience formidable qui lui a permis de former une famille avec ses camarades de dans cet apprentissage de la langue mitchif .

À l’Université du Manitoba, 2753 étudiants se sont inscrits dans les cours du département des études autochtones cette année, dont 353 se présentent comme personnes autochtones.

Les langues autochtones dans les universités de Winnipeg

L’Université de Winnipeg offre pour sa part, dans son département d’études autochtones, deux cours de langues, soit l'obijwé et le cri. De 30 et 40 élèves s’inscrivent à ces cours chaque session.

Selon Jacqueline Romanow, directrice des études autochtones de l'Université de Winnipeg, le gouvernement du Canada a reconnu que de nombreuses langues autochtones comme étant « en danger », c’est donc pour cela que plusieurs universités essaient de trouver des solutions.

Toutefois, Mme Romanow reconnaît que le défi des universités est de trouver des professeurs qualifiés pour donner les cours de langue.

Pour ce faire, le département des études autochtones de l’Université de Winnipeg souhaite mettre sur pied un programme qui servirait à former des enseignants en langues autochtones, spécialement en langues ojibwée et crie.

Nous recherchons un groupe de personnes qui maîtrisent l'ojibwé, mais qui ne l’ont jamais enseigné, ou des personnes qui ont travaillé dans des réserves, mais qui n’ont pas la maîtrise de ces langues, explique Jacqueline Romanow.

L’Université de Saint-Boniface, pour sa part, n’a pas de département en études autochtones, mais offre des cours de religion, d’ethnologie et de culture amérindienne dans le cadre du programme d’anthropologie.

Manitoba

Autochtones