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Un nouveau projet de 8,5 M$ pour mieux surveiller la morue du Nord à Terre-Neuve

Portrait de Fred Whoriskey.

Fred Whoriskey, le directeur général du Ocean Tracking Network, explique les données sur la morue du Nord qu'il tentera de recueillir durant les prochaines années.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Patrick Butler

Un nouveau projet de recherche de 8,5 millions de dollars vise à mieux recueillir des données sur les déplacements des stocks de morue du Nord pour assurer la pérennité de l'industrie à Terre-Neuve.

L'initiative, qui tente de décrire la migration de l’espèce, sera possible grâce à un partenariat entre les pêcheurs et les acheteurs de morue, les universités Memorial et Dalhousie, et la Fondation canadienne pour l’innovation.

On a des indications de la récupération de cette population [de la morue du Nord], un intérêt de recommencer la pêcherie, mais il faut le faire d’une façon [qui assure] qu’on ne va pas rentrer dans le trou où on était durant longtemps, indique Fred Whoriskey, le directeur général du Ocean Tracking Network, un réseau international dédié à surveiller et étudier la faune marine.

On a besoin d’une compréhension beaucoup mieux développée par rapport à ce qu’on connaît maintenant sur la distribution, l’abondance de la population et sur comment ça va se rétablir.

Fred Whoriskey, directeur général, Ocean Tracking Network

Le projet de recherche vise à accrocher des étiquettes acoustiques sur plus de 1200 morues. Un appareil cylindrique sera implanté dans le ventre des poissons et enverra des données sur les mouvements migratoires à 75 récepteurs placés au fond de la mer.

Une étiquette acoustique.

Une étiquette acoustique utilisée pour surveiller les déplacements de morues au large de Terre-Neuve.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Grâce à des batteries de longue durée, ces récepteurs pourront rester sur le fond marin jusqu’à six ans. D’ailleurs, les véhicules autonomes recueilleront les données captées par les récepteurs et surveilleront des populations de morue dans des secteurs où les conditions et les activités de pêche empêchent l'installation des récepteurs.

Ces véhicules sont capables de fonctionner dans des endroits où les bateaux ne sont pas capables de fonctionner. On parle des vagues de 20 mètres de haut, explique le professeur Whoriskey. À partir de ce réseau, on va pouvoir délimiter les aires de distribution et les déplacements de l’espèce., explique le professeur Whoriskey.

Ce n’est pas la première fois que les chercheurs utilisent les étiquettes acoustiques pour surveiller les populations de morue du Nord à Terre-Neuve, mais le professeur Whoriskey espère que ces nouveaux équipements permettront la collecte de plus amples données sur la migration et le fraye de la morue du Nord, surtout pendant l’hiver et surtout dans les secteurs où la population de morue ne se rétablit pas avec succès.

Un projet soutenu par les acheteurs étrangers

Les acheteurs étrangers de la morue terre-neuvienne, notamment Youngs Seafood, Marks & Spencer, Sysco France et High Liner Foods, sont parmi ceux qui financent le projet de recherche.

Comme l’explique Jean-Louis Meuric, qui supervise l’achat de la morue terre-neuvienne par la société de distribution Sysco France, les consommateurs à travers le monde cherchent de plus en plus des produits marins durables.

Des étiquettes conventionnelles.

Des étiquettes conventionnelles sont plus limitiées parce qu'elles ne peuvent pas transmettre des données sur les déplacements de la morue, comme le font les étiquettes acoustiques.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Les gros acheteurs institutionnels, pour eux, c’est un des critères d’achat les plus importants, affirme-t-il. On peut ne pas être forcément le meilleur marché en termes de prix, mais si on offre des produits de qualité et si on peut assurer qu’on travaille à améliorer la situation en termes de durabilité on peut se créer un marché.

M. Meuric indique que la quantité de morue terre-neuvienne qu’achète la compagnie demeure limitée. Mais il assure que le fait que cette pêcherie devienne soutenable puisse permettre d’augmenter les quantités qu’on va faire venir sur le marché français.

L’idée est de ne pas travailler uniquement avec des pêcheries qui vont bien, mais de travailler à améliorer la situation des pêcheries là où on peut travailler à l’améliorer, indique-t-il. La pêcherie de cabillaud à Terre-Neuve, c’est quelque chose […] qui frappe l’esprit des Français. Il y a beaucoup de gens en France, en Bretagne, des ancêtres qui sont allés pêcher à Terre-Neuve. Si on peut aller contribuer à cette pêcherie, on va le faire.

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