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Donald Trump limoge son conseiller à la sécurité nationale John Bolton

Le conseiller américain  à la sécurité nationale John Bolton.

Le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton a été « démissionné » par le président Donald Trump.

Photo : The Associated Press / Cliff Owen

Radio-Canada

Donald Trump annonce la démission de John Bolton, son conseiller à la sécurité nationale. Les deux hommes étaient aux antipodes sur la question iranienne et dans le dossier des négociations avec les talibans, en Afghanistan, rapportent plusieurs médias.

Dans une série de tweets publiés vers midi, mardi, le président américain a affirmé avoir « demandé, puis obtenu » la démission de M. Bolton, un ancien conseiller sous le président George W. Bush et ambassadeur des États-Unis aux Nations unies.

J'étais largement en désaccord avec plusieurs de ses suggestions, tout comme c'était le cas pour d'autres membres de l'administration.

Donald Trump, président des États-Unis

Selon M. Bolton, toutefois, les événements ne se sont pas déroulés comme ils l'ont été rapportés par le locataire de la Maison-Blanche.

« J'ai proposé de démissionner la nuit dernière, et le président Trump a dit : "Parlons-en demain" », a-t-il lui-même écrit sur Twitter, peu de temps après la publication des deux messages du président.

Dans un message texte envoyé par la suite à plusieurs journalistes, M. Bolton a précisé qu'« il a offert sa démission [sans que le président la demande]. J'ai dormi là-dessus et j'ai démissionné mardi matin ».

Il y a moins de 24 heures, le président s'en prenait à un article du Washington Post rapportant que « la confusion régnait » à la Maison-Blanche.

« Ce n'est pas le cas », a écrit M. Trump.

L'article du Post portait sur les négociations de paix avortées avec les représentants des talibans, abandonnées par Donald Trump à la suite d'un attentat revendiqué par le groupe extrémiste qui a coûté la vie à un soldat américain.

Le Washington Post a avancé que M. Bolton et le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, étaient tous deux opposés à la venue de chefs talibans à Camp David, la retraite présidentielle, pour conclure un accord de paix. Cette rencontre, souhaitée un temps par le président, aurait eu lieu à quelques jours seulement de la commémoration des attentats du 11 septembre 2001 commis par Al-Qaïda, proche des talibans.

John Bolton était le troisième conseiller à la sécurité nationale du président.

Son départ survient alors que le président poursuit son rapprochement avec deux des principaux ennemis des États-Unis, des démarches qui ont ébranlé certains des membres les plus haut placés de l'administration Trump, rapporte le New York Times.

Ces deux ennemis, l'Iran et la Corée du Nord, étaient considérés par M. Bolton comme n'étant pas dignes de confiance.

Tensions au sommet

Les tensions entre MM. Bolton et Trump auraient été aggravées au cours des derniers mois par la décision du président d'annuler des frappes prévues contre l'Iran dans la foulée de la destruction d'un drone américain, et par la rencontre de M. Trump avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-un dans la zone démilitarisée entre les deux Corées, écrit encore le Times.

En après-midi, mardi, l'Iran s'attribuait le mérite du départ de M. Bolton. Un conseiller du président iranien Hassan Rohani a soutenu que son limogeage découlait de la résistance de Téhéran face aux pressions de la Maison-Blanche.

Dans un tweet, le conseiller en question a affirmé que ce congédiement était un signe de l'échec de la campagne américaine et une preuve que l'Iran était en mesure de « gérer » les politiques américaines touchant la République islamique.

De son côté, le secrétaire d'État Mike Pompeo a reconnu qu'il avait eu des divergences avec son collègue dans divers dossiers liés aux affaires étrangères, mais n'a pas donné plus de détails.

L'émissaire de M. Trump pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, est évoqué comme possible successeur de M. Bolton. Le président doit annoncer l'identité de son nouveau conseiller la semaine prochaine.

[Stephen] Biegun comprend beaucoup mieux, comme [Mike] Pompeo, que le président est le président; que c'est lui qui prend les décisions.

Une source proche de la Maison-Blanche

Faucon de l'administration Bush fils, John Bolton n'a pas tardé, après sa nomination au sein de l'administration Trump, à adopter un ton agressif envers les « adversaires » des États-Unis, qu'il s'agisse de l'Iran, de la Syrie ou encore de la Cour pénale internationale.

Dans le dossier iranien, et plus précisément dans la foulée d'incidents survenus relativement au transport pétrolier dans le détroit d'Ormuz, M. Bolton avait exigé que Téhéran abandonne l'ensemble de ses activités nucléaires, mais aussi son programme balistique, « son soutien au terrorisme mondial et d'autres comportements malveillants partout dans le monde », pour que Washington accepte de s'asseoir à la table de négociations.

M. Bolton est aussi impliqué, par l'entremise d'un comité d'action politique, dans le scandale Cambridge Analytica, dans le cadre duquel les informations personnelles de millions d'utilisateurs de Facebook ont été siphonnées à des fins électorales.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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