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Suivre les traces de tous les Jack

Les Zones théâtrales 2019 battent leur plein à Ottawa jusqu'au 14 septembre.

Une jeune femme portant un sac à dos discute avec son grand-père.

« Jack » raconte l'histoire d'une jeune femme qui, sur la route du voyage, renoue avec le souvenir de son grand-père.

Photo : Avec la gracieuseté du Centre national des arts / Brian Côté

Mélanye Boissonnault

CRITIQUE - À l’occasion de la rencontre biennale des Zones théâtrales, le Centre national des arts présente Jack. La pièce de Marie-Pierre Proulx, créée au Théâtre du Nouvel-Ontario à l’automne 2018, est reprise à Ottawa avec les mêmes comédiens, Jean Marc Dalpé et France Huot, avant d’être présentée à La Licorne, à Montréal.

On y va pour l’écriture de Marie-Pierre Proulx

La dramaturge a eu la bonne idée de superposer trois trames. Il y a d’abord le récit d’Alexandra, qui nous raconte sa relation avec son grand-père Jack, grand voyageur qui vient de mourir. Vient ensuite le récit de son périple à travers le continent, suivant les traces de son grand-père, et faisant de nombreuses rencontres : chauffeur d’autobus, voyageur, guichetier, sans-abri, autant de personnages qui ont la particularité de tous s’appeler Jack. Puis, s'ajoutent des extraits en version originale du roman On The Road, de Jack Kerouac. En plus de la richesse de sa construction, le texte est rythmé; il s’en dégage une indéniable musicalité.

On y va pour l’humour

Avec la mort de son grand-père, Alexandra va passer à l’âge adulte, mais pas avant de s’être demandé qui elle est, ou plutôt qui elle voudrait devenir. Elle qualifie sa vie d’ordinaire et le voyage lui fera vivre des rencontres qui sortent de l’ordinaire et font rire le spectateur. Qu’elle hésite entre un billet aller-retour ou un aller simple, ou devant un itinérant qui lit dans les yeux aussi bien que dans les sandwichs, ou face à ses angoisses, Alexandra est capable d'une répartie et d’une autodérision qui font mouche.

On y va pour tous les Jack de Jean Marc Dalpé

Un geste, un objet, une inflexion de voix et Jean Marc Dalpé se transforme et nous fait croire à un nouveau Jack. L’acteur, qui est aussi dramaturge et traducteur, montre une large palette et hérite d’une partition bonbon, comme il le confiait lui-même. C’est souvent par lui qu’arrive le rire. C’est lui qui porte les extraits - en anglais - du livre de Kerouac. C’est aussi lui qui transmet/porte la soif de liberté et l’envie d’exister intensément du grand-père qui gagnera Alexandra, et le spectateur.

POUR Y ALLER
Jack
Centre national des arts
Jusqu’au 10 septembre

Ottawa-Gatineau

Théâtre