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Décès dus à des erreurs médicales : le CISSS de l'Outaouais reconnaît un manque de rigueur, mais pas de financement

Le nom du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais est inscrit sur un mur.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais

Photo : Radio-Canada

Agnès Chapsal

Au lendemain d'une enquête journalistique révélant que l'Outaouais est la pire région en matière de décès dus à des erreurs médicales, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais a reconnu un manque de rigueur, mais pas de financement.

Lundi, une enquête de La Presse avait révélé que c'est à l'Hôpital de Gatineau que le nombre de décès dus à des erreurs médicales a été le plus important avec 34 décès, tandis que 15 décès auraient pu être évités à l'Hôpital de Hull.

La PDG du CISSS de l'Outaouais, Josée Filion, croit que ce qui explique ce résultat est un manque de rigueur et de contrôle.

Pourquoi, ça s’explique? Moi je pense qu’il y a un angle de manque de contrôle, ça fait partie de la rigueur. [...] Donc de mettre un contrôle par rapport aux activités qui sont faites. Un manque peut-être de conséquences, aussi? Les gens ne sont pas tous déviants dans leur pratique, mais comment justement on intervient auprès des gens qui sont déviants, a avancé Mme Filion.

La PDG a défendu les actions qu'elle avait posées depuis son entrée en fonction, à la suite du congédiement de son prédécesseur, Jean Hébert.

Outre l'embauche d'un second expert en qualité du milieu de la santé, la PDG a annoncé quatre priorités pour le CISSS de l'Outaouais :

  • gestion de proximité / soutien des équipes sur le terrain
  • santé organisationnelle
  • équilibre budgétaire
  • amélioration continue
Une femme interrogée par des médias.

La PDG du CISSS de l'Outaouais, Josée Filion, en conférence de presse.

Photo : Radio-Canada

« Des ressources suffisamment grandes »

Interrogée sur le possible manque de financement et de personnel pour expliquer les résultats des hôpitaux de Gatineau et de Hull, Mme Filion a soutenu que le manque de budget n'était pas un facteur

Pour moi, le budget n’est pas un facteur, nous avons les ressources financières suffisamment grandes pour répondre aux besoins de la population, soutient Mme Filion.

Le manque de financement est pourtant l'explication avancée par le porte-parole d'Équité Outaouais en matière de santé, Gilles Aubé, et le Syndicat des professionnels en soin de l'Outaouais.

Par ailleurs, en 2018, une étude de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) commandée par la coalition Équité Outaouais, qui se décrit comme non partisane révélait que les dépenses en services généraux, en santé physique, en santé mentale et en santé publique étaient plus faibles en Outaouais que dans les régions comparables.

Rappelons que la construction d'un hôpital régional constitue une promesse de campagne de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Un lien de confiance brisé?

Denis Marcheterre, président d'Action Santé Outaouais (ASO), voit comme une bonne nouvelle le fait de chercher d'autres raisons aux défaillances du système de santé que le sous-financement.

Pour lui, les explications sont multiples et le sujet est complexe. Les raisons s'apparentent à la fois au sous-financement, à l'épuisement du personnel, au manque de contrôle de qualité des soins et au fait que le lien de confiance soit brisé entre le CISSS et la population.

Le gros problème à Gatineau, c'est qu'il n'y a plus de lien de confiance entre la population et le réseau de santé, croit-il. Les gens n'y croient plus.

Un homme en entrevue à Radio-Canada.

Denis Marcheterre, président d'Action Santé Outaouais (ASO) en entrevue à Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada

Avec les informations de Laurie Trudel

Ottawa-Gatineau

Établissement de santé