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Des camps de réfugiés aux bancs des cégeps du Québec

David Ndayizéyé assis devant un ordinateur dans une classe.

Originaire du Burundi, David Ndayizéyé étudie maintenant en arts, lettres et communication au Cégep du Vieux Montréal.

Photo : Radio-Canada / Nancy Caouette

Nancy Caouette

Chaque année, des milliers de réfugiés hautement vulnérables sont parrainés par l’État canadien ou par des familles et des organismes. Mais depuis deux ans, la mobilisation d’étudiants de cégeps francophones permet également d’accueillir, sur les bancs d’école du Québec, des réfugiés.

C’est le cas de David Ndayizéyé, 23 ans, originaire du Burundi, qui est arrivé au Québec le 12 août dernier après avoir vécu quatre ans dans le camp de Nakivale, en Ouganda. Il a dû fuir son pays, en 2014, pendant la crise burundaise contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

David Ndayizéyé dit avoir repris confiance dans la vie lorsque des représentants de l’organisme Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) sont arrivés dans son camp de réfugiés où vivent plus de 100 000 personnes.

Ils ont mis des affiches en disant qu’ils recrutaient 21 jeunes pour aller étudier au Canada. Dans les camps, il y a beaucoup de rumeurs qui circulent qui ne sont pas véridiques. Plusieurs personnes n’y croyaient pas et n’ont pas postulé. Moi, je me suis dit : "Je n’ai rien à perdre", affirme le jeune homme avec énergie.

Après avoir passé des tests de connaissances et un examen de santé, David a appris en juin dernier qu’il serait le premier étudiant réfugié à être accueilli par le Cégep du Vieux Montréal.

Ici, j’ai trouvé la sécurité. Je dirais que la vie m’a offert une seconde chance.

David Ndayizéyé, réfugié

Cette chance que décrit David, c’est un groupe d’étudiants du Cégep du Vieux Montréal qui l’a matérialisée. On parlait de la crise migratoire dans mon cours d’intervention interculturelle. À la minute où je suis sortie de mon cours, je me suis dit : "Je ne peux pas rester sans agir!" raconte Marie-Soleil Corbeil, une étudiante en travail social.

Avec l’une de ses enseignantes, elle s’est mise à chercher des pistes de solution. Le Programme d'étudiants réfugiés de l’EUMC s’est rapidement imposé. L’été dernier, nous avons suivi une formation à Ottawa et nous avons créé un comité, poursuit-elle.

Après avoir formé un comité, organisé divers événements de financement et amassé plus de 20 000 dollars, l’équipe composée d’une dizaine d’étudiants a pu accueillir David cette année. Ils ont signé une entente dans le cadre du Programme de parrainage privé de réfugiés du Canada.

Au bout d’un an, David doit être autonome. Je suis allée chez lui pour préparer son premier repas. Nous l’avons aussi aidé à trouver un emploi au café étudiant.

Marie-Soleil Corbeil, étudiante
Marie-Soleil Corbeil se tient debout derrière un kiosque du comité où se trouve assis David et deux autres personnes.

Marie-Soleil Corbeil (à droite), une étudiante en techniques de travail social, a contribué à former un comité de l’organisme Entraide universitaire mondiale du Canada au Cégep du Vieux Montréal.

Photo : Radio-Canada / Nancy Caouette

Aider les étudiants réfugiés

Fondé en 1978, le Programme d'étudiants réfugiés a permis d’accueillir plus de 2000 réfugiés, qui ont étudié dans plus de 90 établissements post-secondaires du Canada. Les campus où ils se trouvent sont principalement anglophones.

Mais depuis deux ans, l’organisme et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) travaillent à ce que des cégeps francophones accueillent également des réfugiés.

Pour nous, c’est très important, car il y a aussi des réfugiés francophones, soutient la cheffe du bureau du HCR à Montréal, Denise Otis.

En 2018, deux cégeps francophones — soit celui de Lévis-Lauzon et de Limoilou — ont accueilli des réfugiés. Cette année, ils sont six, se réjouit Denise Otis.

La migration existera toujours. Et malgré les esprits un peu plus fermés que l'on voit au niveau politique et sociologique, je pense qu'il y a de l'espoir pour que les jeunes renversent la vapeur, estime-t-elle.

Quant à David, il est inscrit au programme arts, lettres et communication, et il compte bien se servir de sa plume pour changer les choses depuis le Canada.

Quand je suis arrivé en Ouganda, j’ai tout de suite su que je devais devenir journaliste. J’ai vécu quatre ans dans un camp où la vie est insoutenable. Ça me donne la crédibilité pour raconter des histoires que j’ai moi-même vécues, conclut-il.

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