•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Commission sur les pesticides : journée à la ferme pour les députés

Le reportage de Valérie Gamache

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Valérie Gamache

Les membres de la commission parlementaire sur les pesticides ont enfilé leurs bottes pour parcourir les champs de la Montérégie. Cette incursion dans l’univers agricole a pour but de les préparer aux travaux de la commission, qui débuteront le 23 septembre.

Huit députés sur les 13 qui composent la commission ont visité trois fermes pour s’inspirer de l’expérience des agriculteurs.

On a regardé une ferme de 600 hectares et une autre de 3 000 hectares complètement bio. Donc, c’est de voir que ça existe, raconte Mathieu Lemay, député de Masson et président de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN).

Les députés se sont familiarisés avec une série de techniques qui visent à limiter l’utilisation des pesticides.

Les fermes Hotte et Van Winden, de Saint-Cyprien-de-Napierville en Montérégie, vont produire cette année 5 000 tonnes d’oignons. Pour y arriver, les propriétaires doivent se battre contre un ennemi coriace : la mouche de l’oignon.

L’entreprise agricole, qui a célébré ses 40 ans d’activités cette année, a vu les méthodes de lutte contre les ravageurs évoluer au fil du temps.

Dans les années 1980, une application normale était un arrosage [de pesticides] toutes les semaines. Cela fait 12 [arrosages] par saison, explique Jean-Bernard Van Winden, président des fermes Hott et Van Winden.

Jean-Bernard Van Winden pose devant un champs d'oignons.

Jean-Bernard Van Winden est président de l'entreprise Les fermes Hotte et Van Winden.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Lutte intégrée

Les remèdes ont changé avec le temps et pour lutter contre l’insecte indésirable cette année, 750 000 mouches stériles ont été relâchées dans les champs.

Ces mâles rendent les femelles non fécondes et empêchent l'espèce de se reproduire. Cette intervention permet du même coup de limiter l'utilisation de pesticides.

Le producteur Jean-Bernard Van Winden n’a eu recours aux pesticides qu'en six occasions cet été.

C'est ce que l'on appelle la lutte intégrée, c’est-à-dire que les agriculteurs se tournent vers des techniques de lutte biologique sans pour autant abandonner les pesticides. Ils sont utilisés comme des médicaments, seulement lorsque c'est nécessaire.

C’est ce genre de solution qui intéresse les élus. On regarde les impacts sur la santé et l’environnement. On cherche des solutions contre les pesticides, affirme Mathieu Lemay.

La CAPERN s’est donné le mandat d’étudier « les impacts des pesticides sur la santé publique et l’environnement [ainsi que] les pratiques de remplacement innovantes disponibles et à venir dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, et ce, en reconnaissance de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois ».

L’industrie des pesticides écartée

Au total, 76 mémoires ont été soumis à la commission. Les députés entendront cependant le tiers de ces intervenants en commission parlementaire.

Parmi les grands absents sur cette liste, on retrouve les joueurs de l’industrie des pesticides qui n’ont pas été invités.

La commission a été mise sur pied dans la foulée de l’affaire Louis Robert. Cet agronome, lanceur d’alerte, a dénoncé l’ingérence de l’industrie privée dans la recherche sur les pesticides.

La commission devrait remettre son rapport au plus tard au début de 2020.

Agro-industrie

Politique