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Le centre de dégrisement de Yellowknife est source d'insécurité pour certains voisins

Un bâtiment devant lequel il y a des gens et une voiture.

Le centre de jour et de dégrisement dans le centre-ville de Yellowknife

Photo : Gabriela Panza-Beltrandi/CBC

Noémie Moukanda

Le voisinage du centre de jour et de dégrisement de la capitale ténoise demande que l’établissement soit sous surveillance 24 heures sur 24 à la suite de la mort d’un homme qui y a été agressé la semaine dernière.

Ce n’est pas la première fois qu’April Desjarlais interpelle les autorités au sujet de la sécurité près du centre combiné de dégrisement et de jour qui se situe dans le centre-ville de Yellowknife.

L'immeuble Finn Hansen, dont elle est propriétaire, est voisin de cet établissement qui accueille les personnes itinérantes et celles qui ont des problèmes de dépendance.

Plan serré d'April Desjarlais dans un bureau.

April Desjarlais veut que les autorités renforcent la sécurité autour du centre de dégrisement de Yellowknife et dans tout le centre-ville.

Photo : Gabriela Panza-Beltrandi/CBC

Cependant, la cohabitation ne semble pas se dérouler aussi harmonieusement qu’on l'espérait : le contrat de bon voisinage n’a toujours pas été entériné alors qu’il aurait dû l'être en juin dernier. Ce document a pour vocation de définir les responsabilités respectives des résidents du centre-ville et des clients du centre de dégrisement et de jour.

Je crie de toutes mes forces depuis un moment que quelque chose va se produire.

April Desjarlais

[Et voilà] quelque chose de tragique est survenu et la famille de ce pauvre homme doit vivre sans lui alors qu’on aurait pu prévenir [cet accident], regrette-t-elle.

Des approches de non-violence remises en cause

Dans un courriel, la porte-parole de l’Administration des services de santé et des services sociaux (ASTNO), Lisa Giovanetto, a déclaré : Nous travaillons en étroite collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui a renforcé sa présence dans ce quartier et répond rapidement aux appels.

La GRC à Yellowknife n’a pas voulu s’exprimer pour le moment sur la question de la sécurité dans ce secteur. Sa porte-parole, Julie Plourde, a écrit : Les événements de la semaine dernière sont encore très récents, et tout le détachement de la GRC de Yellowknife en est très touché.

La police en interaction avec une femme alors que d'autres personnes sont autour.

La police intervient dans la rue où se trouve le centre de jour et de dégrisement en plein coeur de Yellowknife

Photo : CBC

L’ASTNO a cependant souligné que le personnel du centre combiné est formé à l'utilisation de stratégies non violentes pour désamorcer les situations hostiles. Des caméras, à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment, contribuent à renforcer la sécurité, a ajouté Lisa Giovanetto, et il y du personnel médical qui répond aux urgences sur les lieux. De plus, depuis juillet, le centre a embauché deux gardes de sécurité privés qui passent le quartier au peigne fin de 7 heures à 19 heures.

April Desjarlais estime que c’est insuffisant. Il peut se passer des heures sans que nous [les voisins] ne voyions quelqu’un du groupe de patrouille, dénonce-t-elle. [Ces agents] font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de voir ce qui se déroule réellement, pour éviter le conflit. Cela ne fonctionne pas.

Pourtant, le travail de cette patrouille consiste notamment à faire appel au renfort de la GRC si nécessaire, à diriger les gens vers le centre quand ils traînent dans la rue et à relever les préoccupations du voisinage.

Deux femmes portant des vestes jaunes marchent dans un stationnement.

Deux agentes de la patrouille dans le voisinage du centre de dégrisement et de jour de Yellowknife

Photo : Andrew Pacey/CBC

La responsabilité du gouvernement

La propriétaire du Finn Hansen tire la sonnette d’alarme depuis que ce centre combiné a ouvert en septembre 2018. Bien qu’elle en reconnaisse la raison d’être, April Desjarlais estime qu’elle était vouée à l’échec.

Notre gouvernement a créé une culture d’accommodation, une culture d’acceptation de la toxicomanie et de la violence publique.

April Desjarlais

Elle déplore que cela se répercute sur les personnes qui exploitent les installations, la GRC et même les témoins de l’agression de Mark Poodlak. Mardi dernier, l’homme de 36 ans a été battu par Victor Ugyuk qui a été inculpé de meurtre après que sa victime eut succombé à ses blessures, jeudi, à l'hôpital.

[L’homme] est mort. Il est temps que cela change.

April Desjarlais

Mme Desjarlais, qui dit avoir été traitée de raciste, regrette que les dirigeants ferment les yeux sur ce fléau. La femme autochtone croit par ailleurs que la revitalisation du centre-ville souhaitée par les autorités municipales ne se concrétisera jamais si nous ne nous attaquons pas à la sécurité publique, à l'ivresse des gens.

Bien qu’une version finale de l’acccord de bon voisinage doit être remise aux résidents du centre-ville, l’Administration des services de santé et des services sociaux affirme ne pas pouvoir se prononcer sur de potentiels changements concernant la politique de sécurité du centre de jour et de dégrisement pendant que l’enquête était en cours.

Avec les informations de Gabriela Panza-Beltrandi

Grand-Nord

Dépendances