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La quasi-totalité des États américains enquête sur Google

Le logo de google projeté sur un mur.

Les revenus publicitaires de Google représentent plus de 48 milliards de dollars américains en 2019.

Photo : Getty Images / David Ramos

Agence France Presse

Les ministres de la Justice de 50 États et territoires américains, démocrates comme républicains, ont lancé lundi une enquête préliminaire sur les pratiques commerciales de Google, qui domine les industries de la publicité et de la recherche en ligne.

Cette enquête n'est pas un procès. Il s'agit d'une enquête pour déterminer des faits. Pour l'heure, nous nous intéressons à la question de la publicité, a tenu à rappeler Ken Paxton, le procureur général du Texas, qui s'est exprimé avec plusieurs de ses collègues sur le perron de la Cour suprême des États-Unis, à Washington.

Tous les États et territoires américains participent à cette enquête, à l'exception de la Californie, où se situe le siège du numéro un mondial de la recherche en ligne, et de l'Alabama.

Des experts légaux de chacun des États participant à l'enquête coopéreront avec les autorités fédérales pour s'assurer que Google respecte la libre concurrence, a précisé le bureau du ministre de la Justice du Texas.

En raison de la taille et de la portée de cette enquête, je pense qu'il faudra plusieurs semaines ou plusieurs mois avant de pouvoir réunir avec précision des faits permettant d'évaluer les pratiques de Google, a admis Leslie Rutledge, la procureure générale de l'Arkansas.

Google est régulièrement accusé par ses détracteurs d'imposer des clauses restrictives dans les contrats conclus avec des sites tiers — des détaillants en ligne ou des journaux — empêchant ainsi ses concurrents de placer leurs publicités contextuelles sur ces sites.

Les revenus publicitaires de Google représentent plus de 48 milliards de dollars américains en 2019, soit 37,2 % des parts de marché aux États-Unis.

L'an dernier, Google a généré un bénéfice net de 30,73 milliards de dollars et un chiffre d'affaires de 136,8 milliards.

Les géants du web visés par d’autres enquêtes

Une coalition de huit États et territoires américains a sinon lancé vendredi dernier une enquête sur les pratiques anticoncurrentielles Facebook dans l'industrie des réseaux sociaux.

Ce n'est pas une pratique courante pour les procureurs généraux de s'exprimer sur des enquêtes qui viennent d'être lancées, mais les préoccupations sur le respect de la vie privée sont de plus en plus nombreuses, a déclaré lundi sur la chaîne de télévision CNBC Ashley Moody, la ministre de la Justice de Floride.

Fin juillet, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg a été condamné à une amende record de 5 milliards de dollars par l'agence de protection des consommateurs et consommatrices FTC, pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs.

Le premier réseau social mondial a toujours rejeté les accusations de monopole, soutenant que les consommateurs avaient beaucoup de choix quand il était question de l’interaction en ligne.

Au niveau fédéral, une vaste enquête sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles des géants de la Silicon Valley a été lancée fin juillet par le ministère de la Justice américain.

Google a indiqué vendredi dernier avoir été sommé de fournir des documents dans le cadre de cette enquête, assurant travailler de manière constructive avec les régulateurs.

Amazon et Apple pourraient également se retrouver dans la ligne de mire des États. Leurs détracteurs font valoir qu'Amazon occupe une place dominante dans le commerce en ligne, tandis qu'Apple désavantagerait ses rivaux qui proposent leurs services sur l'App Store.

Il est désormais clair qu'un certain nombre d'États, ainsi que les deux agences fédérales de régulation antitrust prennent au sérieux le pouvoir des plateformes numériques. Pendant trop longtemps, le pouvoir considérable et persistant de ces entreprises n'a pas été remis en cause, a réagi Charlotte Slaiman, chargée de la concurrence au sein de l'association de défense des consommateurs Public Knowledge.

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