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Langues officielles : 50 bougies et des changements requis

Une dame souffle fort sur les bougies d'un gâteau d'anniversaire et deux d'entre elles volent dans les airs.

La Loi sur les langues officielles a 50 ans.

Photo : iStock

Abdoulaye Cissoko

Il y a 50 ans, le Canada adoptait la Loi sur les langues officielles (LLO). Un demi-siècle plus tard, les défenseurs de la langue française louent les progrès réalisés, mais rappellent que le moment est venu de changer la loi.

C'est un bilan mitigé de la LLO que dresse l'ancien député d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin. Selon lui, si on a consacré beaucoup d'efforts pour avoir le bilinguisme, 50 ans plus tard, on dénombre encore autant de plaintes adressées au gouvernement pour défendre les droits linguistiques.

L'ex-député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin.

L'ex-député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

On a encore des batailles avec la Gendarmerie royale du Canada. En 2015, j'ai déposé une plainte parce que les agents de la GRC, au parlement, n'étaient pas bilingues. On a eu le rapport final en 2018. Et jai reçu cette année une lettre du commissaire aux langues officielles indiquant que ce corps ne respectait toujours pas les recommandations, souligne-t-il.

Selon M. Godin, l'exemple devait venir du Parlement, d'où émanent les lois. Si on ne peut pas respecter une loi à partir du Parlement, comment les autres ministères et le reste du pays vont-ils le faire?, se demande-t-il.

Il affirme aussi qu'il lui a fallu quatre ans pour obtenir une réponse après l'une de ses plaintes portant sur les services en français de la Défense nationale. On voit qu'il y a bien des places où la violation de la Loi est faite par le gouvernement lui-même, note l'ancien député.

La LLO, dit-il, doit changer. Il doit y avoir du mordant dans la Loi. Quand un commissaire aux langues officielles arrive avec une recommandation concernant une violation de la LLO, il devrait être mesuré d'imposer une sanction. Actuellement, il n'y a pas de conséquence, explique-t-il.

Le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine, Daniel Boucher.

Le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine, Daniel Boucher

Photo : Radio-Canada

Le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine, Daniel Boucher, affirme aussi qu'il faut se donner les moyens de faire respecter la Loi.

Les différents acteurs qui ont des obligations par rapport à cette Loi l'ont parfois ignorée, quand ils ne l'ont carrément pas suivie. Dans ce sens, c'est malheureux, note-t-il.

C'est pourquoi le président de l'Assemblée communautaire fransaskoise, Denis Simard, réclame des sanctions contre les organismes réfractaires.

À Edmonton, le président de l'Association canadienne-française de l'Alberta, Marc Arnal, rappelle que la LLO a tout de même permis à la langue française de faire des progrès.

Il y a 50 ans, le français était vu comme une langue inférieure, presque comme un embarras social. Depuis, il est devenu une valeur sûre qui pousse beaucoup de parents à inscrire leurs enfants en immersion française. Il y a aussi le développement du système scolaire francophone. Du point de vue de la langue, je pense qu'il y a eu une ascension vertigineuse.

Marc Arnal.

Le président de l'Association canadienne-française de l'Alberta, Marc Arnal, constate une ascension vertigineuse du français depuis 50 ans.

Photo : Radio-Canada

Pour Marc Arnal, il revient aussi aux organismes francophones de faire face aux défis contemporains de leurs communautés, par exemple pour que les nouveaux arrivants et les francophones n'ayant pas le français comme langue maternelle puissent s'yintégrer. Les organismes francophones, sauf exception, n'ont pas réussi à inclure ces gens et je peux dire la même chose pour ce qui est des immigrants.

Inciter les jeunes à être bilingues

La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, affirme que le nombre d'anglophones bilingues au Canada est resté inchangé au cours des trois dernières décennies.

Yvon Godin n'est pas surpris. Ils n'ont pas besoin d'être bilingues. C'est pour ça qu' ils n'ont pas la volonté. Pourquoi ils apprendraient le français s'ils ne sont pas obligés, puisqu'ils peuvent être embauchés par le gouvernement fédéral?

Personne, précise-t-il, n'exige que tous les anglophones parlent français, et vice versa. Cependant les services gouvernementaux doivent être offerts dans les deux langues officielles.

Pour encourager les jeunes à s'intéresser davantage au bilinguisme, il pense que le gouvernement a un rôle capital à jouer et qu'il doit faire la promotion active du bilinguisme.

Si l'État disait aux universités : Nous sommes l'un des plus grands employeurs au pays, mais nos emplois exigent que les candidats soient bilingues et, de ce fait, vous allez former les jeunes pour qu'ils apprennent une deuxième langue officielle!, je pense qu'on ferait un pas important en avant, conclut-il.

Manitoba

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