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Une prothèse permet de rétablir les « sensations » de patients amputés

Un patient amputé montre sa prothèse alors qu'il se tient sur un vélo.

La prothèse possède des capteurs au niveau de la plante du pied et du pli du genou,

Photo : Université ETH Zurich

Agence France-Presse

Une prothèse a permis de rétablir les « sensations » de la marche chez deux patients pourtant amputés d'une jambe, ce qui ouvre d'importantes perspectives pour améliorer la mobilité des porteurs de prothèses et pour réduire les douleurs « du membre fantôme ».

Une équipe de chercheurs suisses a mis au point une prothèse avec des capteurs placés au niveau de la plante du pied et du pli du genou, reliés à des électrodes implantées directement sur des nerfs de la jambe.

Ce système a permis aux deux patients – amputés au-dessus du genou – de recréer la sensibilité du membre perdu, leur permettant par exemple de faire la différence entre une marche sur la route ou dans du sable.

L'utilisation de cette prothèse a amélioré la qualité de leur marche et augmenté leur endurance, à la fois en laboratoire et dans un environnement réel, rapporte l'article, publié dans la revue Nature Medicine  (Nouvelle fenêtre)(en anglais).

Par ailleurs, elle a réduit leur douleur du membre fantôme. Ces douleurs ressenties comme provenant d'un membre pourtant amputé se produisent lorsque les neurones de la zone d'amputation continuent d'envoyer des messages de douleur au cerveau.

Un homme ajuste une prothèse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le professeur Stanisa Raspopovic ajuste une prothèse.

Photo : Université ETH Zurich

Domaine en plein développement, les prothèses en interaction directe avec le système nerveux, interfaces neuronales directes ou interfaces cerveau-machine améliorent la qualité de vie des patients paralysés ou amputés en permettant à ces derniers de commander les mouvements de leur membre artificiel.

Mais un obstacle majeur à l'adoption de ces appareils reste l'absence de sensation provenant de la prothèse, essentielle pour la motricité fine et pour les interactions avec le monde extérieur.

Une équipe autrichienne avait obtenu un résultat comparable en 2015 pour un patient amputé en dessous du genou, et des expériences ont aussi été menées sur les membres supérieurs.

C'est la première fois qu'une telle prothèse est mise en place sur un membre inférieur amputé au-dessus du genou.

Stanisa Raspopovic, professeur à l'université ETH Zurich

Les nerfs des membres inférieurs sont "beaucoup plus gros" et plus complexes que ceux des bras, explique Stanisa Raspopovic.

Après ce premier essai sur deux personnes, l'équipe du professeur Raspopovic a lancé un essai clinique sur quatre ans pour implanter la prothèse à un nombre significatif de patients et suivre ceux-ci sur une durée plus longue.

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