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Une adolescente échappe au mariage forcé

Photo d'une statue représentant la justice, prise de dos. Elle tient une balance à bout de bras et ses yeux sont bandés. En arrière plan se trouve une structure métallique ensoleillée.

Une décision de la Chambre de la jeunesse détaille comment une adolescente de 16 ans a réussi à fuir un mariage forcé organisé par ses parents.

Photo : Radio-Canada / Daniel Beauparlant

Radio-Canada

Une décision de la Chambre de la jeunesse décrit comment une adolescente a échappé à un mariage forcé organisé par ses parents. Selon La Presse, les faits seraient survenus à Victoriaville.

La décision du juge Bruno Langelier précise qu’en avril 2019, la jeune fille de nationalité étrangère s’est réfugiée chez des voisins parce qu’elle refusait de se marier le mois suivant avec un homme de huit ans son aîné.

Ses parents, son fiancé, mais aussi des gens de leur communauté sont venus la chercher chez le voisin en question pour ramener de force l’adolescente chez elle. Les gens chez qui la jeune fille avait trouvé refuge se sont interposés et l’ont protégée.

Appelés sur les lieux en raison de bousculades, les policiers confient l’adolescente à l’urgence sociale.

Le jour de sa fuite chez le voisin, la jeune fille explique ne pas aimer son fiancé, mais avoir peur des représailles de la part de ses parents, de son fiancé et de la communauté si elle ne l’épouse pas.

Le dossier de la jeune fille a été confié à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), qui a demandé au tribunal de déclarer la sécurité et le développement de l’adolescente compromis si elle reste dans sa famille.

15 ans et promise en mariage

Dans son jugement, le juge Bruno Langelier précise que la DPJ faisait déjà partie de la vie de l’adolescente et de sa famille, et ce, depuis mars 2018.

Deux signalements avaient déjà été enregistrés avant avril 2019 pour mauvais traitements psychologiques, troubles de comportement et abus physiques.

La jeune fille aurait été promise en mariage en mai 2018, alors qu’elle n’avait que 15 ans. Un imam avait signé l’acte, qui n’est cependant pas légal au regard du droit québécois sur le mariage.

Depuis la signature du contrat de mariage, le fiancé de l’adolescente exerçait un contrôle important sur sa vie.

Le jugement rapporte que l’homme en question décide de ce qu’elle porte, du choix de ses amis(es), il refuse qu’elle se maquille, il exige qu’elle soit toujours avec lui lorsqu’elle n’est pas à l’école, il décide de ses sorties, il l’empêche de parler à des gens, et l’oblige aussi à porter le hijab.

Lors des audiences devant la Chambre de la jeunesse, le fiancé a expliqué qu’il tenait un rôle normal dans la vie de l’adolescente : c’est qu’elle s’est mariée, alors elle est devenue responsable, responsable d’un foyer, responsable d’une vie de société, il est interdit qu’elle parle avec un homme ou bien qu’elle parle avec un étranger ou même saluer avec sa main, a-t-il dit devant le tribunal.

Elle ne veut plus de contact avec sa famille

Le juge Bruno Langelier a accepté la demande de l’adolescente afin qu’elle soit placée en famille d’accueil jusqu’à sa majorité.

Il n’a pas retenu la version des parents et du fiancé, qui ont plaidé qu’elle s’était engagée de sa propre volonté dans le projet de mariage et qu’ils n’exerçaient aucune contrainte sur elle.

Le juge ne les a pas crus. [La] fuite [de la jeune fille] ne peut s’expliquer que par la peur et la crainte de représailles par sa famille et la communauté, a-t-il écrit dans son jugement. Elle a si peur des conséquences qu’elle ne veut, pour le moment, aucun contact avec les membres de sa famille.

Mauricie et Centre du Québec

Droits et libertés