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Les producteurs de porcs du Québec perdraient 6 M$ par semaine

Élevage de porcs à la ferme Meloporc, à Saint-Thomas de Joliette, au Québec.

Dans les fermes porcines, la situation tourne à la « catastrophe », selon David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec.

Photo : Getty Images / SEBASTIEN ST-JEAN

La Presse canadienne

L'arrêt des importations de porc canadien par la Chine a causé, pour les producteurs québécois, un manque à gagner de 6 millions de dollars par semaine depuis juin.

C'est le chiffre avancé par le cabinet du ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, en réponse à une question de La Presse canadienne concernant les effets de la crise commerciale sur les producteurs québécois.

L'attachée de presse du ministre, Laurence Voyzelle, n'a cependant pas été en mesure d'expliquer d'où venait ce chiffre, invitant l'agence de presse à faire une demande d'accès à l'information pour obtenir les renseignements.

Les données appartiennent à des tiers, donc nous ne sommes pas autorisés à les dévoiler, a-t-elle affirmé, après avoir évoqué que l'interlocuteur serait l'industrie des exportateurs de porc du Québec.

Vérification faite, personne – ni les Éleveurs de porcs du Québec, ni Olymel, ni Canada Porc International – n'a repris le chiffre de 6 millions de dollars avancé par le cabinet du ministre.

Le 30 août, le ministre Lamontagne a publié un communiqué dans lequel il demandait au gouvernement fédéral d'agir rapidement pour protéger la compétitivité des secteurs du porc et du grain. Il a refusé la demande d'entrevue formulée par La Presse canadienne.

Que demande-t-on précisément à Ottawa? Pour le ministre Lamontagne, le fédéral doit assurer la mise en place de conditions et d'un environnement propice pour protéger la compétitivité des entreprises et des transformateurs, a répondu Mme Voyzelle.

Pas question, pour l'instant, de chiffrer l'aide réclamée. Nous allons attendre le résultat des études commandées pour avoir un meilleur portrait de l'aide nécessaire, a-t-elle ajouté.

Pourtant, le 26 juin dernier, le premier ministre François Legault se disait en colère et prêt à réclamer un programme d'aide financière à Ottawa.

« On n'a pas de bouée de sauvetage »

Pendant ce temps, la situation tourne à la catastrophe dans les fermes du Québec, soutient David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec, une association qui compte 2800 membres.

Alors que les producteurs américains touchent un généreux programme de compensation, nous, on a reçu zéro, mais un gros zéro, a-t-il dénoncé dans une entrevue diffusée lundi.

Mon père, en 1975, vendait son porcelet le même prix que je le vends aujourd'hui. La dégringolade continue et on n'a pas de bouée de sauvetage.

David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec

Quand ma maison commence à brûler, j'aimerais bien ça voir les pompiers arriver. Je ne suis pas sûr qu'ils vont éteindre le feu, mais au moins, je suis content de voir les pompiers arriver. Mais là, je ne les ai même pas, les pompiers; je n'ai même pas le soupçon qu'ils ont répondu au téléphone, a-t-il pesté.

En outre, le climat d'incertitude qui pèse sur les producteurs de porcs actuellement les empêche d'investir pour l'avenir et pour former la relève, selon M. Duval.

De son côté, Olymel considère que la crise commerciale a des effets très importants sur son chiffre d'affaires, selon le porte-parole de l'entreprise, Richard Vigneault.

Le bureau de la ministre fédérale de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a pour sa part maintenu que l'Agence canadienne d'inspection des aliments est toujours en contact avec les autorités chinoises afin de reprendre les échanges entre les secteurs concernés et la Chine aussitôt que possible.

Un groupe de travail formé de représentants des secteurs porcins et bovins et du gouvernement a été créé afin d'évaluer clairement les impacts et trouver les solutions les mieux adaptées, a-t-il ajouté.

Au printemps dernier, Pékin a affirmé avoir identifié certaines lacunes dans le processus de certification des produits canadiens. Les douaniers chinois auraient découvert des traces de ractopamine, une substance interdite dans 160 pays, dans une livraison de produits porcins en provenance du Canada.

Les importations chinoises de porc du Québec atteignaient 277,8 millions de dollars en 2018. Pour les six premiers mois de 2019, la Chine était la première destination d'importance pour les exportations de porc du Québec en matière de quantité et de valeur.

Quelque 26 500 emplois dépendent de l'industrie porcine dans la province.

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