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Élections fédérales : retour sur les quatre ans du pouvoir libéral en Atlantique

Ginette Petitpas Taylor habillée aux couleurs de l'Acadie avec Justin Trudeau.

Justin Trudeau et la ministre Ginette Petitpas Taylor, députée libérale de Moncton-Riverview-Dieppe, à la fête nationale de l'Acadie le 15 août 2019 au Nouveau-Brunswick.

Photo : @GinettePT / Twitter

Jessica Savoie

La campagne électorale fédérale est lancée. Si une vague rouge a déferlé sur les provinces atlantiques en 2015, à quoi peut-il s'attendre cette fois-ci, alors que les choses ont bien changées en quatre ans?

Le rouge s'est installé confortablement en Atlantique en 2015, quand le Parti libéral du Canada a gagné la totalité des 32 sièges des quatre provinces. À ce moment, on qualifiait la situation d'extraordinaire : c'était du jamais vu. Les libéraux avaient remporté 20 sièges de plus qu'aux élections précédentes.

Déjà, la pression se faisait sentir pour le jeune politicien Justin Trudeau. Les Canadiens de l'Atlantique voulaient du changement à la suite des neuf années au pouvoir du Parti conservateur de Stephen Harper.

Justin Trudeau l'avait entendu et ne laissait pas les provinces atlantiques de côté. Il a fait porter plusieurs dossiers importants par des lieutenants qu'il a choisi en Atlantique.

En tête de liste, il a choisi nul autre que son allié de longue date, le député du Nouveau-Brunswick Dominic LeBlanc, comme ministre des Pêches et des Océans, puis des Affaires intergouvernementales. Le politicien a dû prendre une pause de ses responsabilités dans les derniers mois, en raison de problèmes de santé, et il a promis qu'il se portera à nouveau candidat aux élections du mois d'octobre.

Le premier ministre Justin Trudeau serre la main de Dominic LeBlanc, ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord et du Commerce intérieur à l’occasion de la cérémonie d’assermentation à Rideau Hall à Ottawa

Le premier ministre Justin Trudeau serre la main de Dominic LeBlanc, ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord et du Commerce intérieur à l’occasion de la cérémonie d’assermentation à Rideau Hall à Ottawa

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La députée Moncton-Riverview-Dieppe, Ginette Petitpas-Taylor, s'est vu confier le portefeuille de la Santé.

Si ces deux ministres sont toujours présents au sein du Cabinet, les choses ont changé pour Justin Trudeau en Atlantique. C'est très différent qu'en 2015, parce qu'en 2015, il ne faut pas oublier qu'on sortait d'un règne de neuf ans du Parti conservateur, où les provinces de l'Atlantique s'étaient senties un peu délaissées avec des dossiers chauds comme l'assurance-emploi, dit la journaliste et analyste politique Michelle LeBlanc.

Trop dépensier, Justin Trudeau?

Avec le gouvernement libéral de Justin Trudeau, c'est un gouvernement beaucoup plus interventionniste, qui a voulu investir davantage, qui n'a pas eu peur des déficits. Ç'a plu à une certaine partie de la population, mais on sent aussi en Atlantique que ç'a déplu à une autre partie de la population, indique Michelle LeBlanc.

Ce mécontentement a d'ailleurs été observé lors des dernières élections provinciales du Nouveau-Brunswick, quand le premier ministre libéral Brian Gallant a été défait par le progressiste-conservateur Blaine Higgs.

Des conservateurs qui ont aussi décidé de ne pas aller chercher l'argent qu'Ottawa avait décidé d'investir dans les infrastructures parce que la situation financière n'était pas suffisamment stable au Nouveau-Brunswick, explique Michelle LeBlanc.

Notre dossier Élections Canada 2019

Les enjeux de l'Atlantique

Parmi les nombreux enjeux qui ont marqué la vie politique et sociale ces dernières années, les questions énergétiques se trouvent sans conteste au premier rang.

L'abandon du projet d'oléoduc d'Énergie Est a donné un coup dur au Nouveau-Brunswick. La province espérait que la construction de cette infrastructure stimulerait son économie.

Carte du tracé prévu pour l'oléoduc du Québec aux Maritimes.

L'oléoduc Énergie Est devait relier les sables bitumineux de l'Alberta au port de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, mais l'entreprise TransCanada a renoncé à son projet.

Photo : Radio-Canada

La tarification du carbone a aussi fait réagir. Cet enjeu est devenu un catalyseur des tensions entre le nouveau premier ministre progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, et le gouvernement fédéral.

Les relations entre Ottawa et les provinces de l'Atlantique ont aussi été tumultueuses. Durant dernière année, le rapport de force du Parti libéral a changé, surtout lorsque les électeurs du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard ont porté au pouvoir des gouvernements progressistes-conservateurs.

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard fait un sourire pour la caméra.

Le nouveau premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard et chef du Parti progressiste-conservateur, Dennis King, se réjouit de la soirée électorale.

Photo : Radio-Canada

Sans compter le premier ministre libéral de Terre-Neuve-et-Labrador (TNL), Dwight Ball, qui doit maintenant composer avec les partis d'opposition dans un contexte de gouvernement minoritaire.

L'enjeu de la protection des baleines noires de l'Atlantique n'est pas non plus passé inaperçu. Les décisions d'Ottawa n'ont pas toutes plu aux pêcheurs, dont les activités ont été touchées par des mesures de conservation.

Enfin, le dossier du trou noir de l'assurance-emploi a fait bien des mécontents dans la Péninsule acadienne en 2018.

Situation économique plutôt favorable

Malgré les remous, les libéraux peuvent se targuer d'une situation économique favorable. Les chiffres démontrent que le taux de croissance est modéré, mais que le chômage a diminué en Atlantique ces quatre dernières années.

Une pancarte: Féréral adapte le chômage à la réalité régionale.

Des travailleurs lors d'une manifestation contre le « trou noir » de l'assurance-emploi à Richibucto.

Photo : Radio-Canada

Les libéraux de Justin Trudeau ont mis fin une chute dans les intentions de vote en Atlantique, selon le plus récent sondage de Narrative Research (anciennement Corporate Research), datant du 28 août dernier.

Ils recueillaient alors 43 % des appuis, comparativement à 30 % pour les conservateurs.

Lors du sondage précédant de Narrative Research, en mai, les libéraux avaient baissé à 39 % alors qu’ils recueillaient 47 % des appuis trois mois plus tôt, en février.

Un mandat libéral sans scandale majeur

Qui plus est, le mandat de Justin Trudeau s'est déroulé sans grandes vagues. Il n'y a eu qu'un scandale important, assure Michelle LeBlanc, soit celui de l'ancienne ministre Judy Raybould Wilson, qui a marqué une certaine élite politique, mais qui a eu très peu d'impact chez les électeurs, tout le moins en Atlantique.

Parallèlement, les libéraux de Justin Trudeau ont fait bouger plusieurs enjeux sensibles durant les quatre dernières années, rappelle l'analyste. On peut penser à l'aide médicale à mourir, la légalisation du cannabis. Alors ce sont de gros dossiers où le gouvernement n'a pas perdu beaucoup de plumes, j'ai l'impression, soutient l'analyste politique.

Des chefs plutôt discrets

Les autres chefs ont tout de même eu quelques occasions de faire parler d'eux, ces derniers mois. C'est le cas d'Andrew Scheer, à la tête du Parti conservateur.

Si on regarde au Nouveau-Brunswick, on voit qu'il a des atomes crochus avec Blaine Higgs. On l'a vu sur tout le débat sur la taxe carbone, constate Michelle LeBlanc.

Blaine Higgs et Andrew Scheer défilent dans le Tintamarre.

Le chef du Parti conservateur fédéral Andrew Scheer (droite) et le premier ministre du Nouveau-Brunswick Blaine Higgs (gauche) dans le Tintamarre du Congrès mondial acadien, le 15 août 2019 à Dieppe.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Les autres chefs, toutefois, se font beaucoup plus discrets à la veille des élections.

Pour les autres, c'est un peu plus difficile. Elisabeth May fait partie du paysage pour les verts depuis quand même assez longtemps, mais le grand inconnu ou plutôt le grand absent dans cette campagne, avant l'élection, c'est Jagmeet Singh et le NPD. Ce sera certainement difficile pour lui, conclut Michelle LeBlanc.

Avec les renseignements de Margaud Castadère et Michelle LeBlanc

Nouveau-Brunswick

Politique fédérale