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La parole vient moins vite… avec un grand frère

Un garçon regarde un bébé.

Le développement du langage chez les enfants est étudié depuis de nombreuses années.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les enfants ayant un frère aîné ont, en moyenne, un développement linguistique un peu plus lent, ont constaté des scientifiques français associés au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Le langage chez les enfants est étudié depuis de nombreuses années, et la plupart des recherches réalisées à ce jour sur le sujet montrent que les cadets ont de moins bonnes performances linguistiques que leurs aînés.

Les travaux de la chercheuse Naomi Havron et de ses collègues précisent cette réalité : seuls les grands frères affectent les capacités linguistiques de leurs cadets.

Les enfants qui ont une grande sœur présentent un développement identique aux enfants n’ayant pas d’aîné.

Intuitivement, il est tentant de penser qu’un enfant ayant un frère ou une sœur aînés grandira dans un environnement linguistique stimulant et développera plus rapidement ses capacités linguistiques que le premier né de la famille.

Les auteurs de l'étude

Or, les études montrent le contraire. L’acquisition du langage chez un cadet est moins rapide que chez un enfant n’ayant pas de frère aîné.

Dans les présents travaux, plus de 1000 enfants ont été suivis de leur naissance jusqu'à l'âge de 5 ans et demi.

Leurs capacités linguistiques ont été évaluées à 2, à 3 et à 5 ans et demi par des tests mesurant plusieurs aspects du langage, notamment :

  • le vocabulaire;
  • la syntaxe;
  • le raisonnement verbal.

Les résultats montrent que les enfants ayant un grand frère présentent en moyenne deux mois de retard sur leur développement du langage comparativement aux autres enfants ayant une grande sœur.

Pourquoi? Rien n’est certain pour le moment, mais deux hypothèses sont avancées pour expliquer ce retard.

  • La première : les sœurs aînées parlent davantage à leurs cadets que les frères, ce qui compenserait la moins grande disponibilité des parents.
  • La deuxième : les sœurs aînées se disputent moins l’attention parentale que les frères aînés.

Si les présents travaux mettent en évidence que le développement du langage précoce du cadet d’une fratrie a tendance à être ralenti lorsque l’aîné est un garçon, ils ne permettent pas de départager ces deux explications. D’autres études doivent être réalisées pour y arriver.

Les auteurs, dont le travail est publié dans la revue Psychological Science (Nouvelle fenêtre) (en anglais), veulent aussi examiner l’incidence de la culture – notamment l'origine géographique – sur ces résultats.

L'an dernier, des chercheurs avaient déterminé que la tonalité des pleurs d'un bébé de trois mois donne une très bonne idée de la hauteur de la voix de l'enfant à 5 ans.

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