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Les Premières Nations présentent leurs priorités pour l'élection fédérale

Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, s'est présenté à la Tribune de la presse parlementaire, à Ottawa, lundi matin, afin de dévoiler le plan de son organisation pour les partis fédéraux en vue de l'élection d'octobre.

Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, s'est présenté à la Tribune de la presse parlementaire, à Ottawa, lundi matin, afin de dévoiler le plan de son organisation pour les partis fédéraux en vue de l'élection d'octobre.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Radio-Canada

Depuis 2015, les questions autochtones prennent davantage de place au Canada, mais il reste encore du travail à faire, affirme le chef de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, qui a présenté lundi matin ses priorités en vue de l’élection fédérale.

Sans appuyer une formation politique en particulier pour le vote du 21 octobre, l’APN, qui représente des chefs de partout au Canada, sollicite de la part de tous les partis des engagements précis. Ces demandes sont enchâssées dans un document de 16 pages intitulé Honorer les promesses : priorités des Premières Nations et du Canada pour les élections fédérales de 2019.

En 2015, lors de la campagne électorale qui a mené Justin Trudeau au pouvoir, l’APN avait orienté ses demandes afin de « combler l’écart » entre les membres des Premières Nations et le reste de la population canadienne. Cette fois, l’organisme entend bâtir sur le « momentum » des dernières années, a expliqué Perry Bellegarde lundi matin.

« L'écart s'est-il refermé? La réponse est non. Y a-t-il eu du mouvement? La réponse est oui, mais nous devons poursuivre sur notre lancée », a-t-il déclaré aux journalistes.

L'espoir est de motiver les Canadiens autochtones à exercer leur droit de vote et, lorsqu'ils le feront, d'examiner les progrès réalisés par tous les partis pour faire des questions des Premières Nations une priorité, a dit M. Bellegarde.

Je pense que nous pouvons avoir un impact, sans aucun doute.

Perry Bellegarde, chef de l'APN, lundi

L’environnement d’abord

En tête de liste des préoccupations de l’APN, on ne trouve ni l’accès à l’eau potable ni la réduction de la pauvreté, mais bien la défense de l’environnement. « Les bouleversements climatiques seront contrés en prenant en compte le savoir autochtone, qui est conforme à nos devoirs sacrés », peut-on lire dans le document.

L’APN souhaite que l’action contre les changements climatiques devienne la priorité nationale et désire assurer la participation directe des Premières Nations à l’élaboration des politiques environnementales fédérales et aux décisions sur la façon de dépenser l'argent provenant de la tarification du carbone.

Alors que certaines Premières Nations ont contesté en justice le gouvernement fédéral à l'égard de grands projets énergétiques – y compris le pipeline Trans Mountain – parce qu'elles n'avaient pas été consultées comme il se doit, l’APN demande maintenant à Ottawa d'appuyer les examens environnementaux et réglementaires dirigés par les Premières Nations dans le cadre d'une approche plus concertée.

La question de la prison

Des « actions concrètes » et des investissements ont été réalisés depuis 2015, reconnaît donc M. Bellegarde, qui souligne aussi « le chemin considérable à parcourir pour s'assurer que les Premières Nations et les Canadiens partagent une qualité de vie égale ».

Un dossier où des « changements radicaux » s'imposent est celui de la surreprésentation des peuples autochtones dans le système de justice pénale et dans les prisons du Canada, affirme l'APN.

En 2017-2018, les détenus autochtones représentaient 28 % du nombre total de détenus sous responsabilité fédérale, bien qu'ils ne représentent que 4,3 % de la population canadienne totale, selon le rapport annuel de l'enquêteur correctionnel du Canada.

La situation des femmes autochtones est particulièrement frappante : au cours des 10 dernières années, le nombre de femmes autochtones condamnées à plus de deux ans de prison a augmenté de 60 %, et elles représentent maintenant 40 % des femmes incarcérées au Canada.

L'APN réclame de nouveaux systèmes de justice réparatrice pour promouvoir la guérison, la réconciliation et la réintégration dans la collectivité, le tout en remplaçant les mesures punitives.

Le groupe mentionne aussi le rôle des juges et demande que soient nommés des membres des Premières Nations à tous les niveaux des tribunaux. L’APN insiste « en particulier [pour] la nomination d’un premier membre des Premières Nations à la Cour suprême ».

Selon les données publiées par le Bureau du Commissaire à la magistrature fédérale, qui gère les nominations des juges des cours supérieures, sur 629 candidats évalués entre octobre 2017 et octobre 2018, seulement 23 ont été identifiés comme des Autochtones. Au final, seuls trois candidats sur les 79 nommés étaient des Autochtones.

Et l’économie?

L'APN réclame aussi davantage de possibilités de développement économique pour les Premières Nations, y compris de meilleurs programmes d'entrepreneuriat pour les femmes et les jeunes ainsi qu'une banque d'infrastructures des Premières Nations.

Un meilleur accès à l'eau potable et des investissements accrus dans le logement, les soins de santé, l'éducation et Internet haute vitesse sont par ailleurs des priorités permanentes pour les Premières Nations de partout au Canada. On les retrouve aussi dans le document de 2019.

Le Canada a pris des engagements envers les Premières Nations, et l'un des éléments clés de la réconciliation est le respect des promesses, explique l’APN, d’où le titre du document présenté lundi.

En 2015, les membres des Premières Nations sont allés voter dans une proportion de 61,5 %, un chiffre que Perry Bellegarde aimerait voir grimper. Il s’agit de s'assurer que les questions autochtones demeurent au premier plan des préoccupations des partis politiques au fur et à mesure que ces derniers feront leurs annonces au cours des prochaines semaines.

Avec les informations de La Presse canadienne

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