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Les manifestations continuent à l'entrée nord de la réserve La Vérendrye

Des Algonquins et des Anichinabés de la région manifesteront aujourd'hui afin de lancer un signal d'alarme au ministère de l'Environnement. Ils demandent un moratoire sur la chasse à l'orignal.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Des membres de la nation algonquine ont manifesté toute la journée lundi afin de lancer un signal d’alarme quant à la situation des orignaux dans la réserve faunique La Vérendrye. Une rencontre avec le ministre des Forêts, Pierre Dufour, est réclamée.

Des membres de la nation algonquine sensibilisent les automobilistes et chasseurs à l’accueil nord et sud de la réserve faunique La Vérendrye, et ce, toute la journée de lundi.

Les manifestants au nord de la réserve faunique distribuent de l'information, mais ne bloquent pas le passage des véhicules. De notre côté, pas question d'entraver la circulation, on n'est pas nécessairement rendus là, mais on n'exclut rien en termes d'options, dit M. Wabanonik.

Le ministre doit nous entendre, doit nous rencontrer. Ce qu'on souhaite en premier lieu, une rencontre avec le leadership algonquin.

Lucien Wabanonik, porte-parole francophone du conseil de la Nation anishnabée de Lac-Simon

La nation algonquine réclame un moratoire sur la chasse à l'orignal, en priorité pour la réserve faunique La Vérendrye. Cependant, M. Wabanonik précise qu’un moratoire sur l'ensemble de l'Abitibi-Témiscamingue pourrait être envisagé.

Une feuille de papier avec une photo d'orignal sur laquelle on peut lire : l'appel à l'aide de l'orignal dans la réserve La Vérendrye, nous avons besoin de vous!

Les Autochtones qui manifestent à l'entrée nord de la réserve faunique La Vérendrye remettent des dépliants mais n'excluent pas la possibilité de bloquer la route si le dossier n'avance pas comme ils le souhaitent.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Toujours selon M. Wabanonik, les membres des communautés qui parcourent souvent le territoire ont observé une diminution notable du nombre d’orignaux. Nos peuples vivent ici sur le territoire depuis 8000 ans. On connaît le territoire, on connaît l’habitat faunique, la biodiversité, puis il y a un danger réel sur l’habitat faunique de l’orignal, déclare-t-il.

Rencontre avec le ministre réclamée

Le ministre de la Faune, Pierre Dufour, a déclaré sur son compte Facebook dimanche soir que des rencontres sont prévues entre son ministère et des représentants de la nation algonquine.

C’est trop peu pour la grande chef du Conseil tribal de la nation algonquine Anishnabeg, Verna Polson, qui exige une rencontre avec le ministre, d’élus à élus, plutôt qu’avec des fonctionnaires. Je demande au ministre de rencontrer le leadership algonquin. Je ne vois pas de progrès là-dessus, a-t-elle déploré. Il est toujours en train d’envoyer ses collègues.

Un portrait complet réclamé

Les manifestants demandent aussi un décompte de la population d'orignaux dans la réserve faunique La Vérendrye, puis éventuellement dans toute la région.

Selon Lucien Wababnonik, aucun recensement n’aurait été fait depuis 25 ans. On ne veut pas qu’il arrive la même chose avec les caribous des bois avec l’original, mais le risque est là, a-t-il ajouté.

Il y a des changements dans le territoire, des coupes forestières, le climat change aussi. Donc ça amène des situations. L’orignal, nous, on pense qu’il est vraiment en déclin, c’est sérieux.

Lucien Wabanonik, conseiller de Lac-Simon

M. Wabanonik indique que l'ensemble de la nation algonquine de la région est derrière cette initiative. Toutes les communautés sont touchées et très inquiètes de cette situation-là.

La grande chef Verna Polson promet d’accentuer la pression, si nécessaire. On est ici aujourd’hui et on peut l’être pour les prochains jours, s’il le faut, a-t-elle souligné.

Le ministre réitère son désir de collaborer

Dans un communiqué daté du 6 septembre, le ministre des Forêts réitère son désir de collaborer avec la nation algonquine pour assurer « la conservation de la ressource et sa pérennité ».

Il est également mentionné que deux rencontres auraient eu lieu avec le ministre en août et qu’une séance de travail devait avoir lieu avec des fonctionnaires et des représentants de la communauté algonquine. « Cette rencontre n’a pas encore eu lieu malgré les nombreuses tentatives du Ministère »,  mentionne-t-on dans le communiqué.

Le ministre ne pouvait nous accorder d'entrevue aujourd'hui puisqu'il était en déplacement, mais il réagira sous peu à la situation.

Abitibi–Témiscamingue

Chasse et pêche