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Des maisons dans la ceinture de verdure? Le gouvernement Ford en a parlé avec un promoteur

Une enseigne au bord d'une route dans une zone boisée.

La ceinture de verdure est une zone protégée au nord de Toronto.

Photo : The Greenbelt Foundation

Radio-Canada

Le gouvernement de Doug Ford admet avoir discuté durant près d'un an avec un promoteur et donateur du Parti conservateur qui avait un projet de construction domiciliaire sur un terrain à l'intérieur de la ceinture de verdure.

La ceinture de verdure est une zone protégée au nord de Toronto.

Or, selon des documents obtenus par CBC, une famille dont les membres ont donné plus de 100 000 $ au Parti conservateur depuis 2014, y compris pour la campagne à la chefferie de Doug Ford en 2018, a cherché à convaincre le gouvernement de donner le feu vert à un projet immobilier sur une parcelle appartenant à la ceinture dans le nord-est de Vaughan.

La famille Milani et l'entreprise Rizmi Holdings sont propriétaires du terrain boisé, mais ont besoin d'une exemption provinciale pour y construire quoi que ce soit.

En novembre dernier, le ministre des Affaires municipales, Steve Clark, a demandé à un fonctionnaire de « faciliter une discussion entre la Ville de Vaughan et Rizmi Holdings ».

« Rizmi nous a avisés qu'elle solliciterait une autorisation pour usage résidentiel du site », indique un document préparé pour le ministre Clark en décembre dernier, obtenu par CBC.

Le ministre Clark ajoute toutefois que ces discussions, qui ont duré « près d'un an », visaient à conclure une entente protégeant « la majorité du terrain et de son héritage naturel ».

Le dossier est fermé maintenant, dit le ministre. Mon engagement à protéger la ceinture de verdure n'a pas changé.

Risque de précédent

Tim Gray, le directeur général du groupe Environmental Defence, ne comprend pas pourquoi le gouvernement n'a pas fermé la porte dès le départ au promoteur.

Ils auraient dû dire : "Allez-vous-en, c'est un secteur naturel protégé", affirme-t-il.

Même son de cloche de la part de Rob Kennedy, président du groupe de résidents Mackenzie Ridge Ratepayers' Association. Il qualifie les négociations ayant eu lieu en catimini de « louches ».

Il affirme qu'une exemption dans ce cas aurait créé un précédent dangereux. Dès qu'on permet ce genre d'entente négociée derrière des portes closes, dit-il, alors tous les autres [promoteurs] vont vouloir la même chose.

Juste avant la dernière campagne électorale, une vidéo publiée dans les médias sociaux montrait Doug Ford en train de promettre à des gens d'affaires qu'il allait vendre des portions de la ceinture de verdure. Le chef conservateur avait ensuite assuré qu'il ne toucherait pas à cette zone protégée mise en place par l'ancien gouvernement libéral.

En décembre dernier, le gouvernement Ford avait ouvert la porte à la possibilité de permettre à des entrepreneurs d'occuper des portions de la ceinture de verdure, à condition qu'ils créent des emplois. La province avait ensuite fait marche arrière.

Pour sa part, l'opposition néo-démocrate accuse Doug Ford de toujours chercher à accorder des passe-droits à ses amis aux dépens des autres Ontariens.

Les Ontariens ont été clairs, dit le député Taras Natyshak, ils ne veulent pas de trous dans notre ceinture de verdure chérie. Mais, vraisemblablement, sans une supervision constante, Doug Ford n'arrête pas de vouloir conclure des accords en cachette avec des promoteurs pour gruger cette zone protégée.

CBC n'a pas pu obtenir les commentaires de l'entreprise Rizmi Holdings.

Avec les informations de CBC News

Toronto

Politique provinciale