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Procès d'Ugo Fredette : la voisine dit avoir entendu un cri de mort

Ugo Fredette dans un restaurant.

Le procès d'Ugo Fredette se poursuit avec le témoignage de son ancienne voisine.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une voisine d'Ugo Fredette, accusé de deux meurtres prémédités, dont celui de son ex-conjointe, a dit en cour lundi avoir entendu un cri de mort provenant de la cour arrière du prévenu et l’avoir ensuite vu traîner le corps inerte de Véronique Barbe.

Christine Gouin, une mère de famille dans la cinquantaine, est le premier témoin à avoir été appelé à la barre par la Couronne pour ce procès qui se déroule au palais de justice de Saint-Jérôme.

Elle a dit au jury que, quelques jours avant la mort de Véronique Barbe, elle avait songé à appeler la police en entendant une bruyante dispute entre les deux membres du couple.

Véronique Barbe a été retrouvée morte dans sa maison de Saint-Eustache le 14 septembre 2017.

Selon ce qu'a fait valoir le procureur de la Couronne devant les membres du jury vendredi dernier, Mme Gouin aurait été témoin du début de l'attaque au couteau sur la mère de quatre enfants. Sa maison est adjacente à celle qu'habitait Véronique Barbe.

Les jours avant le drame

En matinée, elle a parlé des jours précédant le 14 septembre. Elle a raconté que le dimanche 10 septembre 2017, une altercation a éclaté à l'extérieur entre Ugo et Véronique. Mme Gouin l'a entendue de sa salle à manger.

Elle a entendu le bruit d'une claque ou d'une gifle. Puis ces mots de la bouche d'Ugo Fredette : « Appelle pas les polices! »

Une photo de Véronique Barbe écoutant de la musique.

Véronique Barbe a été assassinée de 17 coups de couteau.

Photo : Facebook

Plus tard, elle a vu Véronique pleurer sur son balcon. Et vers minuit, alors que sa maisonnée dormait, la voisine a été réveillée par une alarme de maison. Puis, elle a entendu la voix de Véronique : « Lâche-moi, laisse-moi tranquille ».

Deux jours plus tard, Véronique est venue cogner à sa porte pour s'excuser du bruit du dimanche précédent. Mme Gouin lui a dit avoir été mal à l'aise et avoir pensé à appeler la police, avant de décider de ne pas le faire.

Véronique lui a dit alors qu'elle était surprise que personne n'ait appelé la police ce soir-là. Elle aurait aimé ça, a rapporté Mme Gouin devant le jury et la juge Myriam Lachance de la Cour supérieure.

Je lui ai dit que la prochaine fois qu'on entendra crier, on allait appeler la police. On lui a promis.

Christine Gouin, témoin

Un hurlement

En après-midi, elle s’est remémorée la journée du 14 septembre 2017. Elle a raconté être rentrée à la maison après une journée de travail et avoir aperçu sa voisine Véronique Barbe de l’entrée de sa propriété.

Quelques instants plus tard, une fois à l'intérieur de sa maison, elle a déclaré avoir entendu un « cri de mort », un véritable « hurlement », celui d’une femme à l’extérieur.

Elle a dit s’être précipitée à sa fenêtre et avoir regardé dans la cour de sa voisine. À ce moment précis, elle a vu Véronique Barbe et Ugo Fredette en compagnie d’un enfant. Elle a affirmé que des cris provenaient de la cour arrière de Mme Barbe.

Paniquée, elle a demandé à son mari d’appeler la police. Lorsqu’elle a ensuite jeté un autre regard à l’extérieur, elle a vu Ugo Fredette traîner Véronique Barbe à l’intérieur de leur résidence et que la femme semblait inerte, « molle comme une poupée de chiffon ».

Ugo Fredette affiche un sourire dans complet noir sur fond noir.

Ugo Fredette est notamment accusé d'avoir assassiné Véronique Barbe.

Photo : La Presse canadienne

Le contre-interrogatoire

L'avocat de l'accusé, Me Louis-Alexandre Martin, a fait dire à la témoin qu'elle avait souvent entendu Véronique hausser le ton contre Ugo.

Elle a reconnu qu'elle n'avait jamais entendu Ugo crier à sa conjointe, et que même lors de la dispute du 10 septembre, il n'avait pas haussé le ton.

Interrogée par Me Martin, Mme Gouin a reconnu qu'elle a souvent entendu Véronique crier des insultes à son conjoint : « con » et « épais » étant les plus fréquentes. Elle n'a jamais entendu l'accusé hausser la voix contre sa conjointe lorsque celle-ci l'insultait.

D'après la Couronne, Ugo Fredette a assassiné Véronique Barbe ce jour-là, parce qu’il n’acceptait pas la rupture. Il est aussi accusé d'avoir tué Yvon Lacasse, un septuagénaire retrouvé mort dans un boisé.

Selon ce qu'entend prouver la poursuite, Ugo Fredette a causé sa mort et a volé sa voiture pendant sa cavale après le meurtre présumé de son ex-conjointe.

Il a plaidé non coupable aux deux accusations de meurtre prémédité. Il est présumé innocent jusqu'à preuve du contraire. On ignore si l’accusé compte témoigner à son procès.

Yvon Lacasse en gros plan affiche un sourire.

Yvon Lacasse, un homme âgé de 71 ans, aurait été tué de façon préméditée par Ugo Fredette.

Photo : Radio-Canada

Autres témoins

Un enfant présent dans la résidence au moment des faits allégués doit témoigner mardi par vidéoconférence.

Le thérapeute du couple – qui l'avait rencontré la veille de la tragédie – viendra lui aussi témoigner, à la demande de la Couronne.

La poursuite a annoncé qu'elle allait faire entendre 25 témoins au cours des deux prochains mois.

Plusieurs membres de la famille de Véronique Barbe assistaient au procès lundi matin, dont sa mère et deux de ses frères.

Ils portaient tous un t-shirt sur lequel était écrit « Je suis Véronique » en lettres roses stylisées.

Rappel des faits

Le 14 septembre 2017, à Saint-Eustache, Véronique Barbe, l'ex-conjointe de M. Fredette, a été assassinée de 17 coups de couteau.

Prenant la fuite avec l'un des enfants qui se trouvaient alors dans le domicile familial, M. Fredette aurait par la suite volé un véhicule dans le secteur de Lachute, tuant au passage Yvon Lacasse, un homme âgé de 71 ans.

La poursuite juge que les deux meurtres dont est accusé Ugo Fredette étaient prémédités.

L'accusé, âgé de 43 ans, avait été arrêté le 15 septembre 2017 en Ontario. Il avait été auparavant aperçu dans plusieurs villes du Québec pendant sa fuite.

Avec les informations de Karine Bastien et de Geneviève Garon

Avec les informations de La Presse canadienne

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