•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pas d'enquête sur la diffusion d'informations concernant une lieutenante de la SQ

Geneviève Guilbault, vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique.

Geneviève Guilbault, vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les informations publiées récemment au sujet de la lieutenante de la Sûreté du Québec Caroline Grenier-Lafontaine ne feront pas l'objet d'une enquête criminelle, a annoncé lundi la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault. Selon elle, aucune fuite n'a eu lieu.

S'appuyant sur des documents du ministère, Québecor Média a révélé la semaine dernière que Mme Grenier-Lafontaine a été assignée à des tâches administratives en février dernier à la suite d'allégations « d'interception illégale de communications privées ».

Toujours selon ces documents, la lieutenante aurait dirigé l'enquête sur des fuites provenant de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dans les médias, qui s'est soldée par l'arrestation du député Guy Ouellette, « de façon à orienter faussement l'enquête ».

Par l'entremise de son avocat, Guy Bertrand, Mme Grenier-Lafontaine a écrit au premier ministre François Legault ainsi qu'aux ministres Sonia LeBel et Geneviève Guilbault pour demander qu'une enquête criminelle ait lieu dans la foulée de cette fuite.

Mme Grenier-Lafontaine se disait être en colère et indignée par la fuite de ces documents.

Or, selon ce qu'a déclaré Geneviève Guilbault lundi matin, les documents en question n'ont tout simplement pas fait l'objet d'une fuite.

Il semble que ces deux documents-là avaient déjà été rendus disponibles dans le cadre d’un autre processus judiciaire concernant un autre dossier de l’UPAC. Donc, ces documents étaient déjà accessibles, a-t-elle dit.

Mais je peux vous confirmer que ces documents ne viennent pas du ministère de la Sécurité publique. Ce n’est pas le ministère de la Sécurité publique qui a remis ces documents à des représentants des médias, a-t-elle aussitôt ajouté.

Comme il était déjà disponible [le document], on peut penser qu’il pouvait circuler, donc ce n’était pas une fuite à proprement parler. Donc, qui l’a eu, qui l’a remis à qui? C’est pas le ministère de la Sécurité publique.

Geneviève Guilbault, ministère de la Sécurité publique du Québec

Dans la requête de Mme Grenier-Lafontaine, on pouvait lire : Notre cliente est convaincue que la parution de ces documents dans les médias pourrait être la conséquence de la commission d'infractions criminelles d'un ou plusieurs fonctionnaires du ministère de la Sécurité publique.

Trouver « les tricheurs »

Plus tôt, l'avocat de la lieutenante, Guy Bertrand, a indiqué vouloir trouver les coupables. Nous voulons dire au premier ministre qu'il faut prendre des mesures urgentes pour qu'on arrête de tricher dans le système, a-t-il dit. Il faut qu'on arrête de voler des documents.

Trouvez les voleurs au plus vite, a-t-il lancé à l'intention de François Legault.

Pourquoi Mme Grenier-Lafontaine n’a-t-elle pas déposé elle-même une plainte criminelle? Me Bertrand a expliqué y avoir songé avec sa cliente, mais que le message envoyé serait plus fort si c'était le gouvernement qui agissait.

Dans sa demande, l'avocat a aussi précisé que très peu de personnes peuvent avoir accès à ce genre de documents. Par conséquent, il disait ne pas croire que l'enquête réclamée s'éterniserait bien longtemps.

Elle est cependant essentielle, selon lui, pour que les fuites et les procès sur la place publique cessent. La publication de ces documents, dit-il, porte grandement atteinte à la réputation de sa cliente.

Les gens qui trichent [et] qui volent des documents brisent tout le système. Je comprends que ça exerce de la vengeance, mais ça brise le système.

Me Guy Bertrand, avocat de la lieutenante Caroline Grenier-Lafontaine

Me Bertrand avait posé un ultimatum à 16 h, vendredi dernier, pour qu'une plainte criminelle soit déposée sur la fuite médiatique.

Guy Bertrand représente également le conjoint de Mme Grenier-Lafontaine, André Boulanger. L'ex-numéro deux de l'UPAC a aussi été relevé de ses fonctions, le temps que le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) fasse la lumière sur les fuites de documents.

Jusqu'à maintenant, aucune accusation n'a été déposée dans le dossier des fuites à l'UPAC depuis l'arrestation de Guy Ouellette.

Avec la collaboration de Valérie Gamache

Forces de l'ordre

Justice et faits divers