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Première mondiale pour le film Kuessipan de Myriam Verreault

Deux femmes s'enlacent.

Une scène du film Kuessipan de la réalisatrice québécoise Myriam Verreault.

Photo : Courtoisie du TIFF

Claudia Hébert

En 2011, l’autrice innue Naomi Fontaine publie un premier roman : Kuessipan. Forgé d’observations sur la vie sur une réserve autochtone, l’ouvrage porte un titre qu’on pourrait traduire par « à toi » ou « à ton tour ».

Peu de temps après la parution du roman, la cinéaste Myriam Verreault fait la rencontre de Naomi Fontaine au Salon du livre de Wendake. 

Elle est alors en quête des textes contemporains autochtones afin de trouver un roman qui pourrait lui inspirer un film. À la lecture de Kuessipan, c’est le coup de foudre.

Elle demande à Fontaine de se joindre à elle afin qu’elles écrivent ensemble un scénario adapté, ce qui crée la surprise chez la romancière. Kuessipan, ce n’est pas une histoire avec une intrigue, nous explique l’autrice. Et puis pour moi, tout était nouveau, même le milieu de la littérature, le fait d’être écrivain… alors j’avais mes craintes.

Craintes qu’elle a surmontées, pour finalement passer un été avec Myriam Verreault sur la réserve de Uashat et entreprendre ensemble le travail de scénarisation.

Yamie Gregoire et Sharon Fontaine-Ishpatao, lors du tournage du film Kuessipan.

Yamie Gregoire et Sharon Fontaine-Ishpatao, lors du tournage du film Kuessipan.

Photo : Laurent Guerin

Le résultat est l’histoire de deux adolescentes, meilleures amies depuis toujours, Mikuan et Shaniss, qui sont à la croisée des chemins. L’une tombe amoureuse d’un Blanc et caresse l’envie de partir vivre dans la grande ville. L’autre est déjà mère, dans une relation compliquée avec le père de l’enfant.

Kuessipan, c’est entrer dans les maisons. Pas juste de se promener dans la réserve - mais entrer dans les maisons, entrer dans la famille des gens, dans les foyers. Essayer de connaître les gens, sans juger.

Naomi Fontaine

Le film met en vedette des acteurs non professionnels, trouvés dans les communautés innues de la Côte-Nord. 400 candidats ont répondu à l’appel et deux jeunes filles ont été choisies pour les rôles principaux : Sharon Fontaine-Ishpatao et Yamie Grégoire.

Pour les jeunes de la communauté, ceux qui ont participé, tout comme ceux qui verront le film, Kuessipan offre un rare regard sur la communauté innue au grand écran. Un regard qui peut faire du bien, soutient Naomi Fontaine : Je pense que c’est important de se voir à travers un média ou à travers les yeux d’un autre. Je pense que c’est essentiel. Et moi je le ressens par rapport à mes livres, par rapport aux gens de chez moi qui lisent mes livres - je le sens que ça leur fait du bien d’exister en dehors de la réserve. 

Même son de cloche chez Sharon Fontaine-Ishpatao. Aujourd’hui, je suis vraiment fière parce qu’il y a un gros boum de productions autochtones, qui montre justement la réalité de ce qu’on vit en ce moment. Moi je pense que ça va continuer, et qu’on pourrait se créer une identité du cinéma autochtone.

La première mondiale du film Kuessipan a été présentée dans le cadre du 44e Festival international du film de Toronto.

Toronto

Cinéma