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Le marathon, au-delà de la compétition

Quelques coureurs prennent le départ hâtif au Marathon de Rimouski.

Photo : Radio-Canada

Maya Arseneau

Pour beaucoup de gens, courir un marathon est l'ultime défi. Les athlètes s’entraînent pendant des semaines, souhaitant bien souvent réussir la course dans un temps record selon leurs objectifs. Pour d’autres, malgré l’entraînement parfois intensif, le résultat de course compte pour peu : c’est le plaisir de courir pendant des heures et celui de franchir la ligne d’arrivée qui priment.

Nathalie Bisson court depuis bien des années. Mais après être retombée malade en 2013, elle a bien pensé ne plus pouvoir réaliser de marathons de sa vie.

J’avais déjà des marathons à mon actif, c’était mon moteur.

Nathalie Bisson, participante

Je vis avec la polyarthrite rhumatoïde sévère depuis 17 ans. En 2013, j’ai eu une rechute de la maladie et mon médecin m’a demandé d’abandonner la course à pied. Quand on relativise, on se rend compte qu’elle me demandait de m’abandonner à ce que mon corps pouvait me donner et c’est là que j’ai commencé à intégrer la portion marche-course, raconte-t-elle.

Nathalie Bisson.

Nathalie Bisson.

Photo : Radio-Canada

Même si elle est épanouie dans cette nouvelle formule de course, Nathalie Bisson avoue que ce n’était pas facile à accepter au départ. Celle qui enfilait les kilomètres sans s’arrêter devait maintenant faire face à sa peur du jugement des autres.

Je me disais, les autres vont dire : “regarde la petite madame, elle veut se mettre en forme”. Whoa, je fais des marathons, moi!

Nathalie Bisson, participante

On est dans une société de paraître. Moi je pensais que les gens diraient ça, mais ils s’en foutaient!, lance-t-elle en riant.

Nathalie Bisson s’est rapidement aperçue qu’elle ne devait pas se juger elle-même, ni dans sa formule de course ni dans ses statistiques.

C’est ainsi qu’est née sa philosophie de courir sans se soucier du temps que cela lui prendrait, ce mouvement qu’elle appelle Le Pace du Bonheur. Mais elle devait toutefois avoir de l’aide pour appliquer cette pratique dans des événements organisés.

Elle affirme qu’il n’y a qu’à Rimouski qu’elle peut le faire.

Rimouski, c'est la seule ville au Québec qui donne un départ hâtif, donc qui offre de pouvoir courir un marathon au "Pace du Bonheur", c'est-à-dire qu'on alterne marche et course. On a rien de programmé : un kilomètre ça va moins bien, on arrête, on marche et on repart. Et c'est très festif!, explique-t-elle.

L’unique Marathon de Rimouski

Le Marathon de Rimouski a plusieurs caractéristiques qui le rendent unique, mais pour Nathalie Bisson, c’est la chance de pouvoir prendre un départ hâtif, sans avoir à se presser de courir, qui fait toute la différence.

Mon premier marathon en 2011, j’avais pris le départ hâtif. Dans le temps, on disait le départ des lents!

Nathalie Bisson, participante

J’étais la seule personne inscrite. M. Clément Pelletier, le fondateur du marathon, aurait bien pu se dire “je ne me lève pas à 6 h du matin juste pour elle!”. Je ne sais pas si j’aurais fait mon marathon à ce moment-là. J’étais dans l’angoisse de performer, raconte-t-elle.

Mais Clément Pelletier affirme qu'il n'aurait jamais fait autrement, à l'époque.

Clément Pelletier.

Clément Pelletier, fondateur du Marathon de Rimouski

Photo : Radio-Canada

Elle était seule. Je laisse pas le monde faire... courir tout seul et partir tout seul!

Clément Pelletier, fondateur du Marathon de Rimouski

On avait un départ à 6 h. Je ne savais pas combien il y allait avoir de monde. J'ai dit "j'y vais, pluie pas pluie, vent pas vent", lance-t-il.

Clément Pelletier se rappelle bien de cette journée. Il s'est levé ce matin-là d'octobre pour aller donner le départ à Nathalie Bisson et lui expliquer le parcours. Ce qu'il ne savait pas à ce moment, c'est qu'il allait ainsi permettre à des centaines de gens de courir sans stress et à leur rythme, en visant le plaisir avant la performance.

Des coureuses avant de commencer le marathon.

En prenant le départ hâtif, les coureurs et coureuses peuvent faire un marathon l'esprit libre, sans penser au temps que cela leur prendra.

Photo : Radio-Canada

Nathalie Bisson n’est pas contre la compétition, bien au contraire. C’est l’angoisse pouvant parfois en découler qui la motive à laisser de côté la performance. En lâchant prise sur le chronomètre, elle chérit les souvenirs de ses courses réussies.

En 2014, je suis arrivée dernière ici. [C’était] ma plus belle course. Je me disais “Wow! Je suis la personne qui a couru le plus longtemps à Rimouski!”

Nathalie Bisson, participante

Nathalie Bisson caresse maintenant le rêve de faire naître un jour son propre marathon du bonheur, sans aucun chronomètre. Plus encore, elle souhaite que l’événement se déroule à Rimouski.

Les résultats du Marathon de Rimouski 2019

Par ailleurs, nombreux sont les participants qui souhaitaient terminer premier lors de la compétition.

La championne de 2018 Salome Nyirarukundo est arrivée première cette année encore en 3 heures 14 minutes. Danielle Pedneault, de Pointe-aux-Outardes, a terminé 2e en 3 heures 19 minutes et Marie-Renée Chouinard de Matane, 3e en 3 heures 27 minutes.

La gagnante du Marathon de Rimouski 2019 chez les femmes, Salome Nyirarukundo.

La gagnante du Marathon de Rimouski 2019 chez les femmes, Salome Nyirarukundo.

Photo : Radio-Canada / René Levesque

Le champion du Marathon chez les hommes est David Mutai, d'Etobicoke en Ontario, qui a terminé en 2 heures 29 minutes. Il détrône ainsi Jean Marie Vianney Uwajeneza, qui était premier l'an dernier au Marathon de Rimouski.

Avec sa performance de dimanche, David Mutai gagne son 4e marathon de l'année.

Le gagnant du Marathon de Rimouski 2019, David Murai.

Le gagnant du Marathon de Rimouski 2019, David Murai

Photo : Radio-Canada / René Levesque

Jean Marie Vianney Uwajeneza a quant a lui terminé la course deuxième, en courant le marathon en 2 heures 30 minutes. La troisième place est tenue par Vincent Hoa Mai, de Lévis, avec un temps de 2 heures 35 minutes.

Au total, près de 3300 personnes ont couru à Rimouski cette année.

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