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L'État québécois doit contrôler l'industrie du lithium, selon Québec solidaire

Manon Massé lors d'une allocution, en décembre 2018.

La co-porte-parole de Québec solidaire estime que le gouvernement devrait fortement resserrer le cadre d'exploitation des ressources en lithium.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La Presse canadienne

L'État québécois doit prendre le contrôle de la filière du lithium, réclame Québec solidaire (QS). Sans évoquer la nationalisation, QS plaide pour une participation majoritaire dans les projets d'extraction de ce minerai stratégique essentiel pour fabriquer les batteries des véhicules électriques.

Tout récemment, le premier ministre François Legault rappelait fièrement que le Québec recèle le troisième plus important gisement de lithium au monde, tandis qu'une étude de KPMG révélait cette semaine que la progression fulgurante des véhicules électriques représente une occasion unique pour le Québec.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne publiée dimanche, la co-porte-parole de QS, Manon Massé, a réclamé que l'État québécois investisse pour prendre le contrôle majoritaire des mines actuelles et des projets futurs, afin de maximiser les retombées au Québec. Le parti avait prévu 2 milliards de dollars dans son plan de transition écologique à cet effet.

Les adversaires de QS lui ont souvent reproché ses velléités de nationalisation. Mme Massé a évité d'avoir recours à ce terme et a cité le slogan « Maîtres chez nous » auquel le premier ministre Jean Lesage a eu recours lors de la nationalisation de l'électricité.

« Quand tu prends cette décision [de prendre le contrôle], tu peux décider quelle est la prochaine étape, a-t-elle justifié. L'entreprise privée ne permet pas que les impacts positifs soient à 100 % sur le territoire québécois. On importe les batteries. »

Les entreprises – et les gouvernements qui les ont soutenues – ont accepté que le minerai soit extrait du sol québécois et exporté pour transformation, afin d'être ensuite revendu aux Québécois, intégré à des batteries d'autos électriques, a-t-elle déploré.

Conditions insuffisantes

Mme Massé soutient qu'on envoie ainsi 25 tonnes de lithium par an à l'étranger sans en faire profiter les Québécois. Les redevances sont insuffisantes, a-t-elle dénoncé, en rappelant que son parti veut réformer la Loi sur les mines, pourtant adoptée en 2013.

En outre, la co-porte-parole de QS a appelé le gouvernement à soutenir les projets d'usine de transformation du lithium au Québec.

La semaine dernière, le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a annoncé qu'une stratégie québécoise de développement de la filière de batteries lithium-ion est en préparation chez Investissement Québec et sera lancée dès cet automne.

M. Fitzgibbon a alors été très clair quant à son intention de convertir la matière première ici même. « Il faut contrôler le minerai, avait-il affirmé. On ne veut pas que le produit s'en aille à l'extérieur, moi je veux qu'on le convertisse ici. »

Il estimait que l'État devait investir dans la « deuxième phase », la transformation. L'étape suivante consisterait à créer une usine qui fabriquerait des batteries, mais il s'agit de projets « pharaoniques », selon les mots du ministre, en ce qui a trait aux capitaux requis.

Un projet important d'usine de transformation au Québec, Nemaska, éprouve d'ailleurs des difficultés de financement.

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