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Entrevue : James Beddome respectera la culture unique des francophones

 James Beddome est photographié en gros plan, à l'extérieur, dans un boisé. Il porte un complet et s'adresse à la caméra.

James Beddome, le chef du Parti vert du Manitoba, explique comment son parti appuira les francophones de la province s'il est élu le 10 septembre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le chef du Parti vert du Manitoba ne parle pas français – un fait qu’il dit regretter – mais il affirme que son parti, s’il prenait le pouvoir, respecterait le caractère unique et la culture de la francophonie manitobaine.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, James Beddome explique que son parti, s'il est élu, annulera les décisions des conservateurs, qui ont effectué des compressions dans les services de traduction interne et aboli le poste de sous-ministre adjoint associé au Bureau de l’éducation française.

C’est une promesse que nous faisons à nos partenaires dans la communauté francophone.

James Beddome, chef du Parti vert

Ces deux décisions doivent être annulées, maintient le chef du Parti vert. Des traducteurs internes [plutôt que des pigistes] comprennent davantage la situation unique du Manitoba et même le caractère unique du français qu’on parle ici, dit-il.

James Beddome est aussi conscient des besoins en nouvelles écoles, mais pour nous, dit-il, ce n’est pas tant une question de promettre un nombre précis d’écoles. Il y a des besoins un peu partout dans la province, dit-il.

Il qualifie le programme d’immersion comme la meilleure façon d’apprendre le français et reconnaît que le bilinguisme aide les gens à obtenir des emplois. S’il faut investir dans l’éducation en français, il pense en même temps qu’il faut répondre aux besoins d’autres communautés qui veulent transmettre leur langue.

Immigration et santé

En immigration, James Beddome estime que pour obtenir 7 % d’immigrants francophones, une cible jamais atteinte jusqu’ici, il faut choisir des pays précis pour le recrutement.

La province, dit-il, doit consulter la communauté afin de mener une campagne où se trouvent des populations francophones susceptibles de vouloir s’installer au Manitoba.

Il estime aussi que les nouveaux frais de 500 $ imposés aux candidats à l’immigration ne sont pas une source de revenus importante pour le gouvernement et peuvent surtout avoir pour effet de décourager les gens.

Le programme de candidats du Manitoba existe depuis longtemps et nous devrions réduire ces frais, dit-il.

La santé mentale est un des aspects importants de la plateforme du Parti vert, qui veut y consacrer 10 % du budget de la santé. James Beddome précise que si nous voulons avoir plus de psychologues, il en faut davantage qui soient francophones, et davantage qui parlent aussi des langues autochtones ou le tagalog.

Plus globalement, les verts estiment que le modèle centralisé de gestion de la santé des conservateurs ne fonctionne pas.

Il faut moins de centralisation pour pouvoir répondre aux besoins locaux, affirme James Beddome. Ce qui, dit-il, permet à des localités de prendre des décisions qui répondent à leurs besoins, dont l’embauche de personnel bilingue dans le cas des services en français offerts par les établissements de santé. Si vous habitez Sainte-Anne plutôt que Saint-Boniface, vous allez peut-être privilégier des solutions différentes et c’est OK, dit-il.

Quant à la francophonie, le chef du Parti vert tient à le souligner : Si je deviens premier ministre, je m’engage à devenir pleinement bilingue à l’intérieur de mon premier mandat. J’en ferai une priorité.

Qui est James Beddome

Ayant grandi sur une ferme près de Rapid City au Manitoba, James Beddome s’établit à Winnipeg pour y faire des études universitaires à l’Université du Manitoba, où il obtient un baccalauréat en sciences politiques et économiques. Il s’engage ensuite auprès du Parti vert, persuadé que les verts sont les seuls à offrir des solutions qui permettent à la fois de diminuer les inégalités économiques et protéger l’environnement. Il devient le chef du parti en 2008 et entreprend ensuite des études en droit. Admis au Barreau en 2014, il fonde avec Seneca Longclaws la firme Beddome and Longclaws Law Corporation, spécialisée en droit autochtone, droit environnemental et litige. Il est le candidat vert dans Fort Rouge, où il affronte le chef néo-démocrate Wab Kinew.

Principal enjeu : l'élection d'un premier député vert

À la fois excité et un peu fatigué alors que la campagne électorale tire à sa fin, James Beddome maintient que les verts reçoivent une bonne réponse dans le porte-à-porte. Il espère remporter plus d’un siège le 10 septembre, rappelant entre autres les événements récents au Nouveau-Brunswick, où 14 candidats néo-démocrates ont fait défection pour se ranger du côté des verts et demander aux forces progressistes du pays de s’unir derrière un seul parti en vue des élections fédérales qui auront lieu le 21 octobre.

Les verts sont arrivés en deuxième place dans la circonsription de Wolseley aux élections provinciales de 2016. Dans ce secteur où habitent un bon nombre de francophones, le candidat local David Nickarz, pourrait être élu. Wolseley est l’endroit où nous avons le plus de chance de faire une percée, admet le chef du parti.

David Nickarz, dit-il, serait un excellent représentant pour les francophones de la circonscription, ajoutant que c’est le cas de l’ensemble des 43 candidats du parti.

La chose qui compte, c’est de mettre du vert dans la législature.

James Beddome, chef du Parti vert et candidat dans Fort rouge

Promesses phares de la campagne

  • Environnement : implanter un plan zéro déchet qui comprend un programme de compostage et l’interdiction du plastique à usage unique.
  • Crise du climat : cibler la réduction des GES; mettre un prix sur la pollution.
  • Santé : consacrer 10 % des dépenses en santé à la santé mentale et aux dépendances; revendiquer un programme national d’assurance médicaments.
  • Démocratie : implanter un système de représentation proportionnelle mixte.
  • Agriculture : implanter des mesures pour aider les fermiers à réduire les pratiques génératrices de GES et encourager le recours à des sources d’énergie verte.
  • Protection des écosystèmes : prévenir la pollution dans les lacs et rivières et rétablir les programmes protégeant les terres humides.
  • Éducation : abolir la taxe scolaire et financer l’éducation par l’impôt sur le revenu des particuliers et des corporations.
  • Transport en commun : instaurer la gratuité du transport en commun
Notre dossier sur les élections provinciales 2019 au Manitoba

Manitoba

Politique provinciale