•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le maire et le député des Îles s’inquiètent de l’état des câbles de télécommunication

Des débris sur un terrain.

Les forts vents ont causé des dommages aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Brigitte Dubé

Alors que les résidents des Îles-de-la-Madeleine se relèvent après le passage de la tempête Dorian, des élus de la région appellent les autorités provinciales à venir en aide à l'archipel afin de sécuriser les infrastructures de télécommunications du territoire.

Le député provincial des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, se dit soulagé de voir que les câbles sous-marins de télécommunication ont tenu le coup pendant la tempête, mais il demeure inquiet pour l’avenir.

On ne peut pas vivre cette espèce d’inquiétude-là à chaque tempête, ce n’est que la première, souligne-t-il. L'année passée, on a vécu une tempête très très forte le 28 novembre. Et là, on n’est qu’au début de septembre. Il va y en avoir d’autres.

Deux tuyaux blancs émergent de la pierre sur la plage des Îles, et laissent entrevoir un câble enfoncé dans l'eau.

Les deux câbles sous-marins qui assurent les communications entre les Îles-de-la-Madeleine et le continent sont dans un piètre état à la suite de la tempête de novembre 2018.

Photo : Diane Hébert

À ses yeux, il y a eu un certain laxisme du côté gouvernemental.

On peut pas vivre chaque fois tout le temps dans l’expectative à savoir si les câbles vont tenir le coup.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

L’inquiétude vient du fait qu’on n’a pas cette information-là, ajoute le député. [Il] est urgent qu’on intervienne au moins pour vérifier si l’intégrité des câbles nous permet de penser qu’on va passer à travers la prochaine année.

Le député rappelle qu’il y a deux câbles, que l’un des deux s’est rompu lors de la tempête de novembre 2018 et que le problème était que le deuxième n’était pas en mesure d’assurer la redondance immédiatement comme prévu. Ça a pris 12 heures avant qu’on puisse rétablir la communication. Normalement ce serait instantané, explique-t-il.

Il rappelle que les Madelinots avaient malgré tout été chanceux. On a pu redéployer le deuxième câble en deux semaines. Il y avait un bateau en train de réparer un câble près de l’île du Prince-Édouard. En temps normal, la mobilisation d’une équipe comme ça aurait pu prendre de trois à quatre mois.

Photo du fameux câble prise lors d’un précédent bris

Photo du fameux câble prise lors d’un précédent bris

Photo : courtoisie

Actuellement, les deux câbles fonctionnent. Mais on ne sait pas si l’un ou l’autre peuvent tenir le coup en tout temps, commente M. Arseneau, et si l’un et l’autre pouvaient être affectés lors d’une même tempête. On ne sait pas quelle est la vulnérabilité des câbles.

Joël Arseneau mentionne également qu’il y a eu trois bris depuis 2016. Trois de trop, juge-t-il.

En décembre 2017, le gouvernement a annoncé des sommes dévolues pour rétablir la situation. On parlait de sommes de 8 à 12 millions de dollars dépendamment du scénario choisi. Le remplacement de l’un des câbles ou la pose d’un nouveau et depuis rien n’a bougé, déplore-t-il.

À la suite de la tempête de 2018, le gouvernement s’était engagé à ce que ça n’arrive plus et tout à coup, l’annonce de l’installation d’un nouveau câble à travers la mise en place d’un câble électrique par Hydro-Québec d’ici 2025 et depuis, c’est comme si on attendait 2025.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine
Un quai où la mer est agitée en soirée.

Les Îles-de-la-Madeleine pendant la tempête Dorian.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

On ne peut pas passer six ans à attendre à chaque tempête de savoir si on va avoir nos télécommunications, s’indigne-t-il. Et ce n’est pas que la télé ou le cellulaire qui en dépendent, c’est tout le système de santé, toutes les transactions financières, c’est le 911, l’aéroport. C’est notre ligne de vie, les câbles.

Il rappelle également que le Réseau intégré de communications électroniques des Îles-de-la-Madeleine (RICÎM) avait écrit au ministre Fitzgibbon. Je crois que ça remonte en mars dernier, se souvient M. Arseneau. On disait que chaque jour compte, que c’est le moment où jamais en été pour intervenir et ces lettres-là sont demeurées complètement ignorées.

On a manqué cette fenêtre de beau temps pendant l’été alors on est condamnés à avoir des solutions de rechange.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine
Joël Arseneau est député provincial des Îles-de-la-Madeleine

Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Selon le député, il serait impossible de mobiliser des équipements et de faire le travail sur les câbles avec les conditions météo d’automne.

De l'aide réclamée

Le maire de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, souhaite que Québec s’engage rapidement à venir en aide à la localité. Bien que le coût des dommages généraux ne soit pas évalué pour le moment, la facture pourrait s'avérer élevée.

Les autorités municipales souhaitent que Québec les aide à sécuriser les infrastructures de télécommunications, dont les câbles optiques.

De son côté, le gouvernement québécois n’a pas encore donné suite à cette demande.

Avec les informations de Bruno Lelièvre

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Politique provinciale