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Il pleuvait des oiseaux, un long métrage tendre et lumineux de Louise Archambault

Un couple âgé se serre près d'un lac.

« Il pleuvait des oiseaux » de Louise Archambault

Photo : Courtoisie du TIFF

Radio-Canada

Avec cette adaptation du roman de Jocelyne Saucier, Louise Archambault signe un troisième long métrage lumineux et tendre sur des personnages qui décident de vivre comme ils le désirent. Une critique de Claudia Hébert.

Une photographe arpente un coin de l’Abitibi pour recueillir les témoignages des personnes âgées qui ont vécu les grands feux ayant ravagé la région des décennies plus tôt.

Pendant ses recherches, elle rencontrera deux ermites, vivant dans le fond du bois, coupés du reste du monde.

Leur troisième comparse venant de mourir et une cabane étant maintenant vide, ils accepteront de prendre parmi eux une octogénaire qui refuse de retourner au centre psychiatrique où elle a passé sa vie, injustement internée depuis l’adolescence.

Après avoir découvert le roman, Louise Archambault s’est demandé si elle pouvait vraiment prendre le risque d’entreprendre son adaptation.

C’est quand même des ermites, âgés, dans le bois! Est-ce qu'il y a quelqu’un qui va aller voir ça au cinéma? se demandait Mme Archambault.

Il y a quelque chose d’universel, empreint évidemment d’amour, mais d’espoir aussi.

Louise Archambault
Trois personnes âgées font face à un lac.

Le film sera présenté en première mondiale au TIFF.

Photo : Courtoisie du TIFF

Pour donner vie à cette histoire douce et fragile, elle devait trouver des acteurs d’expérience, d’un certain âge et capables de porter ces rôles.

Dès l’écriture du scénario, la cinéaste pensait à Andrée Lachapelle pour son personnage de Gertrude, la nouvelle venue au bord du lac. Mais pendant l’écriture et le financement du film, la grande dame du théâtre québécois rappelait régulièrement à la cinéaste qu’à plus de 85 ans, il était possible qu’elle ne soit plus là quand le tournage viendrait.

Mais heureusement, l’actrice a pu prendre le rôle, et nous offre avec Il pleuvait des oiseaux son chant du cygne, ce qui sera son dernier rôle en carrière, un immense cadeau pour elle… mais aussi pour nous, le public. Un tournage qui lui a fait du bien, elle qui a perdu son compagnon, le cinéaste André Melançon, en 2016 - et a peu été vue depuis.

Une image du film Il pleuvait des oiseaux.

Andrée Lachapelle et Gilbert Sicotte dans « Il pleuvait des oiseaux »

Photo : MK2 Mile End

Son partenaire de jeu, Rémy Girard, témoigne. Elle nous disait sur le plateau : “Moi, ce tournage-là me fait revivre!"

J’avais jamais vu une histoire comme ça au cinéma – une espèce de célébration de la vie avec des personnes qui ont atteint un certain âge et qui s’isolent.

Rémy Girard

C’est un rôle romantique qui lui a été offert, un personnage qui est toujours à l’âge des premières fois, ayant été privé de tant d’expériences de la vie pendant ses 66 années d’internement. Et c’est sa rencontre avec le personnage de Charlie qui changera tout pour elle, qui lui donnera un nouveau désir de profiter de chaque moment. Une rencontre amoureuse et charnelle qui nous offre une magnifique scène d’amour, comme on en voit rarement au cinéma.

Je ne pensais jamais refaire de scène de lit de ma vie, souligne Gilbert Sicotte.

Je me disais que j’ai passé mon tour de tout ça! Mais les personnages nous amènent là… et c’est très bien ainsi! On l’a fait avec le plus d’abandon possible, ajoute-t-il.

Les personnages ont quelque chose qui nous a rejoints personnellement, chacun, de toutes sortes de façons. C’est pour ça qu’on dit que c’est un film qui remue. Parce qu’il nous rejoint comme acteur… mais aussi comme être humain.

Gilbert Sicotte

Les trois acteurs insufflent au film une grande tendresse, une grande lumière, le tout nourri de leur complicité, ainsi que de leur lien à leur personnage. Ils sont beaux et braves devant la caméra de Louise Archambault, pour un Il pleuvait des oiseaux extrêmement humain.

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