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Charlevoix à la conquête des étoiles

Image nocturne tournée vers le ciel débordant d'étoiles.

Dans la zone cœur d'une réserve de ciel étoilé certifiée par l'IDA, la Voie lactée doit être visible à l'oeil nu.

Photo : iStock

David Rémillard

La municipalité de Baie-Saint-Paul mène la charge pour faire de Charlevoix l'une des rares réserves internationales de ciel étoilé sur la planète. Mais pour y arriver, elle aura besoin des autres communautés de la région dans sa lutte contre la pollution lumineuse.

Il n'existe qu'une douzaine de réserves de ciel étoilé dans le monde, notamment en Nouvelle-Zélande, en France, en Grande-Bretagne et en Namibie.

Elles sont reconnues et certifiées par l'International Dark Sky Association (IDA), fondée en 1988. L'objectif de l'organisme est de protéger le ciel nocturne pour les générations futures.

Inaugurée en 2007, la réserve de Mont-Mégantic, au Québec, est la première à avoir vu le jour (ou la nuit). Avec 5 300 km2 de superficie, elle est aussi la plus vaste à être homologuée par l'IDA.

L'un de ses responsables, Rémi Boucher, sera de passage à Baie-Saint-Paul, le 18 septembre, à l'invitation de la municipalité.

Coordonnateur scientifique de la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic, il partagera ses connaissances aux élus de Baie-Saint-Paul, mais aussi des municipalités comprises dans les deux MRC de Charlevoix. Des employés municipaux de divers secteurs, dont l'urbanisme, seront également de la partie.

On a invité l'ensemble des élus de la région de Charlevoix parce que nous, ultimement, on voudrait faire de Charlevoix une réserve de ciel étoilé, explique Luce-Ann Tremblay, directrice des communications et du développement durable pour la Ville de Baie-Saint-Paul.

Critères stricts

Il est en effet essentiel pour Baie-Saint-Paul de voir plus loin que son propre territoire si elle souhaite atteindre son objectif.

Pour satisfaire les critères de l'IDA, une réserve doit avoir une superficie minimale de 700 km2. Au moins 80 % des communautés qui se trouvent dans cette zone doivent adopter un plan de gestion de l'éclairage, le nerf de la guerre pour obtenir la certification.

Dans le cas de Mont-Mégantic, 34 municipalités se trouvent dans la réserve et 100 % d'entre elles sont soumises à un tel plan, mis en place par les MRC et la Ville de Sherbrooke.

La Voie lactée vue du sol.

Le ciel étoilé est bien visible dans les lieux dépourvus de pollution lumineuse.

Photo : iStock

Jusqu'ici, Baie-Saint-Paul voit de l'ouverture dans Charlevoix. On a reçu une bonne écoute de la MRC de Charlevoix et de la MRC de Charlevoix-Est, estime Luce-Ann Tremblay.

Toujours le 18 septembre, Baie-Saint-Paul a aussi convié sa population à la présentation de son plan d'action pour la protection du ciel étoilé. Ce sera l'occasion pour les citoyens de poser leurs questions et d'émettre des commentaires sur la réglementation qui doit en découler.

Le plan sera ensuite soumis au conseil municipal plus tard cet automne pour adoption.

Zone cœur

Les réserves de ciel étoilé comportent deux zones : la zone cœur et la zone tampon. La zone cœur est la plus noire. Dans le cas de Charlevoix, ce serait à définir, explique Rémi Boucher.

Il s'agit donc de l'endroit le plus propice pour observer les étoiles. Selon les critères de l'IDA, la Voie lactée doit être visible sans l'aide d'un télescope dans cette partie de la réserve, pour ainsi dire à l’œil nu.

Au Mont-Mégantic, l'observatoire est le point central de la zone cœur, qui s'étend tout autour de la montagne et même au-delà du parc national du même nom.

L'observatoire du Mont-Mégantic

L'observatoire du Mont-Mégantic est le point central de la réserve de ciel étoilé.

Photo : Courtoisie / Rémi Boucher/Parc national du Mont-Mégantic

Puis il y a la zone périphérique, où se trouvent davantage de zones habitées. La zone tampon, elle est essentielle, poursuit Rémi Boucher. Pour une réserve de 700 km2, cela peut représenter un rayon de 15 kilomètres autour d'une zone cœur.

Pour produire un minimum de lumière et respecter les critères sur les taux de pollution lumineuse, il incombe aux municipalités, aux citoyens et aux entreprises de remplacer ou modifier certaines installations, comme les lampadaires et les ampoules. Selon le guide de certification de l'IDA, tant les propriétaires privés que les lieux publics doivent adhérer à ce plan.

Des lampadaires au DEL

Les lampadaires font partie des installations publiques qui doivent être repensées pour diminuer la pollution lumineuse.

Photo : iStock

L'orientation de l'éclairage (idéalement vers le sol), la couleur des ampoules utilisées, leur force et la période d'éclairage sont autant de critères à évaluer.

Ce qu'une réserve veut faire, c'est non seulement réduire la pollution lumineuse, mais contrôler sur le moyen long terme, soutient M. Boucher, qui rappelle que globalement, la pollution lumineuse est constamment en croissance dans le monde. Une réglementation est très utile. On ne voulait pas que les gens, les industries ou les villes installent n'importe quoi par la suite.

Ce n'est pas de Sherbrooke qu'on va observer la Voie lactée, convient M. Boucher, mais la ville a un rôle à jouer pour minimiser son impact. Selon Rémi Boucher, tous les citoyens y gagnent, puisqu'ils sont moins exposés aux effets nocifs de la pollution lumineuse.

Baie-Saint-Paul envisage de montrer l'exemple. La municipalité entend moderniser son parc de lampadaires prochainement.

Selon le plan d'action de la Ville, atteindre la certification IDA pour créer une réserve de ciel étoilé figure parmi les objectifs à moyen terme, sur un horizon de 5 à 10 ans.

Charlevoix possède déjà l'Observatoire astronomique et de l'Astroblème de Charlevoix, à La Malbaie.

Québec

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