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Le Pakistan refuse d'ouvrir son espace aérien au président indien

Shah Mehmood Qureshi parle dans un micro l'index levé.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, affirme que l'Inde est responsable de la décision prise par Islamabad.

Photo : Reuters / Stringer .

Agence France-Presse

Le Pakistan a annoncé samedi avoir refusé au président indien Ram Nath Kovind l'autorisation – pourtant habituellement accordée – de traverser son espace aérien, en raison du récent « comportement » de l'Inde.

Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions entre ces deux voisins sud-asiatiques dotés de l'arme nucléaire, à propos de la région himalayenne disputée du Cachemire.

Nous avons pris cette décision en regard du comportement de l'Inde, a déclaré le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi dans un communiqué.

Le président indien avait demandé la permission d'utiliser l'espace aérien du Pakistan pour se rendre en Islande, mais nous avons décidé de ne pas la lui accorder, a ajouté M. Qureshi sans donner davantage de précisions.

Le porte-parole du gouvernement indien Raveesh Kumar a quant à lui déploré la « futilité de telles actions unilatérales », soulignant qu'une autorisation de survol pour les personnalités d'un rang si élevé est « habituellement accordée par tout pays normal ».

Le Pakistan avait fermé son espace aérien à l'Inde en février après un attentat-suicide le 14 février dans le Cachemire indien, revendiqué par un groupe islamiste établi au Pakistan, qui avait provoqué la mort d'au moins 40 paramilitaires indiens.

L'incident avait ravivé les tensions entre Islamabad et New Delhi, les forces armées pakistanaises abattant ensuite deux avions indiens dans l'espace aérien pakistanais.

Le Pakistan avait rouvert son espace aérien à toute la circulation civile en juillet, mettant fin à des mois de restrictions qui avaient affecté des itinéraires internationaux de premier plan.

Le Cachemire, encore et toujours

Le premier ministre du Pakistan Imran Khan lors de sa rencontre avec le président Trump assis dans le bureau ovale.

Le premier ministre du Pakistan Imran Khan considère que les habitants du Cachemire ont le droit de décider de leur destinée.

Photo : The Associated Press / Alex Brandon

La décision prise samedi intervient au lendemain du Jour de Défense au Pakistan, qui commémore une courte guerre livrée en 1965 contre l'Inde, au sujet du Cachemire.

Le Pakistan soutient fermement le droit à l'autodétermination des habitants du Cachemire, a déclaré vendredi le premier ministre Imran Khan pendant une visite à des postes militaires et aux familles de soldats morts dans la partie pakistanaise de ce territoire.

Les autorités indiennes ont annoncé le 5 août la révocation de l'article 370 de la Constitution qui conférait un statut spécial à la région du Jammu-et-Cachemire, qui en est aujourd'hui à sa quatrième semaine de couvre-feu et de blocage des communications, tandis que des milliers de personnes y ont été arrêtées.

Le conseiller à la sécurité nationale Ajit Doval a déclaré samedi à des journalistes que la fin de ce blocage des communications dépendait du « comportement pakistanais ».

Nous sommes déterminés à protéger la vie des habitants du Cachemire contre les terroristes pakistanais, même si nous devons pour cela leur imposer des restrictions, a-t-il dit, ajoutant que l'Inde avait intercepté des messages envoyés par des « tours de communication » pakistanaises au-delà de la frontière à des agents infiltrés dans le Cachemire indien.

Ambassadeur expulsé

Le gouvernement pakistanais a annoncé le 8 août l'expulsion de l'ambassadeur indien à Islamabad et le rappel de son propre représentant à New Delhi. Il a également suspendu le commerce bilatéral, une mesure principalement symbolique, les échanges étant limités entre les deux pays.

L'Inde affirme que la question du Cachemire est une « affaire intérieure » et a longtemps soutenu qu'elle ne pouvait être réglée que bilatéralement avec le Pakistan.

Mais Islamabad a promis de porter la question devant les instances internationales.

Au cours d'une rencontre avec Imran Khan le 23 juillet, le président américain Donald Trump avait assuré avoir été sollicité en tant que médiateur par le premier ministre indien Narendra Modi, une affirmation démentie avec véhémence par l'Inde.

Une insurrection armée contre les autorités indiennes fait rage dans la vallée du Cachemire depuis 1989 et a provoqué la mort de plus de 70 000 personnes, en majorité des civils.

Conflits armés

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