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analyse

Sûreté du Québec : un départ précipité qui tombe mal

Le drapeau de la SQ flottant devant le siège de la SQ.

Le drapeau de la Sûreté du Québec.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Sébastien Bovet

Il ne faut qu’une étincelle pour faire exploser un baril de poudre. Le départ prématuré à la retraite du directeur général par intérim de la Sûreté du Québec (SQ), Mario Bouchard, a provoqué une explosion de questions : pourquoi ce départ précipité? Que se passe-t-il (encore) à la tête de la police provinciale? La SQ est-elle devenue ingérable? Les réponses sont difficiles à trouver.

La police est un monde de clans où l’on gravit les échelons en prenant appui sur la tête de son adversaire. Un monde où les couteaux volent bas et où les théories du complot abondent. Un danger guette maintenant la SQ : l’inertie.

À partir du moment où tout le monde sait que Mario Bouchard quittera ses fonctions à la mi-décembre, comment pourra-t-il faire respecter son autorité? Comment, dans ce contexte, réussira-t-il à imposer un leadership? Ceux qui ne sont pas d’accord auront beau jeu de ne pas s’empresser de suivre ses ordres. Après tout, il ne sera plus là dans trois mois.

Instabilité néfaste

C’est quand même le pire moment pour créer de l’instabilité à la Sûreté du Québec. Son directeur général en titre, Martin Prud’homme, est chez lui depuis six mois, relevé de ses fonctions à cause d’allégations nébuleuses relatives à des infractions criminelles. Ce n’est pas rien!

Toute organisation, aussi solide soit-elle, serait ébranlée par une telle situation. Si en plus cette organisation est un pilier de notre démocratie chargé de faire respecter la loi, il y a de quoi être préoccupé. Où s’en va la SQ? Saura-t-elle trouver un équilibre dans cette turbulence?

Personne ne doute de l’engagement des policiers sur le terrain, en particulier les patrouilleurs et les enquêteurs, mais plusieurs se demandent à quoi jouent les hauts dirigeants à la tête d’une organisation si puissante?

Mario Bouchard posant en uniforme pour la photo officielle de la SQ.

Le directeur général par intérim de la Sûreté du Québec, Mario Bouchard

Photo : Sûreté du Québec

Une décision compréhensible

Les gens qui connaissent et apprécient Mario Bouchard ne sont pas surpris qu’il prenne sa retraite prématurément. Ils le décrivent comme un homme droit, pas politicien du tout, un bon soldat qui ne fait pas dans la dentelle. Un bon numéro 2 à la SQ mal à l’aise dans son rôle de numéro 1. Un policier engagé, mais épuisé aussi par la tâche et les nombreux déplacements entre le quartier général de Montréal et le Saguenay–Lac-Saint-Jean, où il a une ferme.

Le courant passait mal aussi, semble-t-il, avec le cabinet de la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault. Difficile pour lui de ménager la chèvre et le chou quand on voit les choses en noir ou en blanc, ajoute-t-on.

La ministre Guilbault savait depuis juin que Mario Bouchard partirait en décembre. Il a fallu une fuite médiatique (une autre) pour qu’on l’apprenne. La ministre s’est probablement « assise » sur l’information sachant pertinemment qu’elle créerait des remous. Ce qui, dans un contexte normal, aurait pu être une simple question administrative devient un enjeu politique.

Comment rassurer les Québécois sur la gestion de leur plus important et plus puissant service de police? Au moment où elle doit elle-même stabiliser son cabinet après quelques départs de conseillers et de son chef de cabinet, Geneviève Guilbault devra probablement trouver un moyen de rétablir un lien de confiance effrité avec la SQ.

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