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Des députés sur la sellette en Estrie

Des pancartes électorales.

Les pancartes ont fait leur apparition dans le paysage de Sherbrooke mercredi matin.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Charles Beaudoin

S'ils souhaitent conserver leur poste, les députés fédéraux de l'Estrie et du Centre-du-Québec devront espérer que leur parti évitera d'être éclaboussé ou de faire les frais d'un revirement de situation, estime la politologue Isabelle Lacroix.

Les néo-démocrates Pierre-Luc Dusseault, dans Sherbrooke, et François Choquette, dans Drummond, ainsi que les libéraux Pierre Breton, dans Shefford, et Marie-Claude Bibeau, dans Compton–Stanstead, ne sont pas à l'abri de la campagne que mèneront leurs chefs respectifs.

« Il peut se passer beaucoup de choses pendant une campagne électorale aujourd'hui, souligne la professeure et directrice à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke. Les campagnes ont connu, au cours des dernières expériences, des revirements, et les libéraux pourraient évidemment y goûter. Ils ont eu leur lot de dossiers qui pourraient leur coûter des votes, comme SNC-Lavalin dont on va entendre parler abondamment. »

Je pense que M. Trudeau se croise les doigts pour qu'il n'y ait pas trop de rebondissements. Advenant un revirement qui fait tourner l'électorat, ça pourrait coûter des postes à des députés d'arrière-ban, mais ça pourrait aussi coûter des postes à des gens bien en vue et même des ministres, note Mme Lacroix.

Le député néo-démocrate de Sherbrooke fera par ailleurs face à une rude compétition pour conserver sa circonscription, lui qui sera notamment opposé à la libérale Élisabeth Brière, au conservateur Dany Sévigny et au bloquiste Claude Forgues, tous des candidats connus des Sherbrookois. En 2015, Pierre-Luc Dusseault avait défendu son siège avec une avance de 7,6 % des voix sur le libéral Tom Allen, tandis que Caroline Bouchard, du Bloc, avait obtenu quelque 20 % des votes.

Il y a eu une vague dont ils ont bénéficié à une autre époque, mais là, la vague allant dans le sens opposé, ils risquent eux aussi d'être éclaboussés en dépit de leur travail comme député, fait remarquer la politologue.

Cette dernière s'interroge néanmoins sur le dynamisme de l'électorat conservateur de la région. Est-ce qu'il y a un fond conservateur en Estrie? Oui. Est-ce qu'il y a un électorat conservateur très actif? Pour moi, c'est moins clair, signale-t-elle.

Dans Brome–Missisquoi, le départ de Denis Paradis laisse la porte grande ouverte à toutes les hypothèses, croit Isabelle Lacroix.

Lac-Mégantic, un enjeu majeur

En date de vendredi, les conservateurs Alain Rayes, dans Richmond-Arthabaska, et Luc Berthold, dans Mégantic–L'Érable, ne savaient toujours pas qui seraient leurs adversaires politiques sous les bannières des autres grands partis.

En 2015, Alain Rayes avait remporté ses élections avec près de 32 % des voix, alors que Luc Berthold avait obtenu plus de 35 % des votes.

Ce dernier risque d'avoir fort à faire s'il veut toutefois obtenir un second mandat. Les dossiers de la voie de contournement à Lac-Mégantic, qui se trouve dans sa circonscription, et de la sécurité ferroviaire régionale sont ceux qui devraient avoir le plus de résonance auprès des électeurs de l'Estrie d'ici le scrutin du 21 octobre, estime la politologue Isabelle Lacroix.

La société civile va continuer de pousser pour avoir des réponses, indique-t-elle. Je ne pense pas que le NPD est en voie de prendre le pouvoir, donc ce n'est peut-être pas sur eux que les gens vont pousser particulièrement fort, mais on peut croire un moment donné que les conservateurs devront prendre position.

« Les libéraux ont cherché à mettre ce dossier de leur côté lorsqu'ils ont annoncé qu'ils allaient régler le nouveau tracé de la voie de contournement, mais ils ont été rattrapés par l'actualité avec les déraillements du mois d'août et la mise en demeure des derniers jours », a-t-elle ajouté.

Quoi qu'il en soit, outre les préoccupations environnementales qui devraient surgir durant la campagne électorale et d'autres enjeux régionaux ou nationaux, l'économie aura de nouveau une large part à jouer dans les intentions de vote, rappelle Isabelle Lacroix.

Le portefeuille est toujours l'élément le plus influent. Ça demeure l'élément qui fait réfléchir les électeurs au moment de voter : ce qu'ils ont perçu dans le discours des partis comme pouvant améliorer leur sort économique individuel, résume-t-elle.

Notre dossier Élections Canada 2019

Estrie

Politique fédérale