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Un nouveau dictionnaire en ligne d'expressions francophones

Le mot « mémériser » inscrit dans un dictionnaire.

Le « Dictionnaire des francophones » sollicitera le public pour recueillir les locutions régionales.

Photo : Getty Images / Eric Feferberg

Francis Beaudry

Le Dictionnaire des francophones, un recueil participatif des expressions et usages des communautés francophones à travers le monde, sera mis en ligne cet automne.

Rassemblant des locutions ivoiriennes comme avoir la bouche sucrée ou québécoise comme pourriel et bien d'autres, le Dictionnaire des francophones est une initiative du ministère de la Culture de la France et une des orientations du quinquennat du président français Emmanuel Macron.

Un site web de promotion est présentement en ligne avec un résumé du projet et une courte vidéo explicative, mettant en scène quatre individus de différentes régions de la francophonie qui présentent leur locution préférée.

Ce dictionnaire sera lancé en janvier sur une application mobile. Les utilisateurs pourront contribuer au dictionnaire en ajoutant des expressions régionales et en les définissant.

Le Dictionnaire des francophones compte sur une population francophone mondiale estimée à 300 millions de personnes, réparties dans 88 pays sur les cinq continents, pour faire le plein de soumissions.

Le président du conseil scientifique du Dictionnaire des francophones, le linguiste Bernard Cerquiglini, dit avoir voulu créer cette initiative avec la prémisse que la langue française est une langue qui appartient à tous.

Une initiative que salue la linguiste France Martineau, professeure éminente à l’Université d’Ottawa et membre de la Chaire de recherche sur les frontières, réseaux et contacts en Amérique française.

Elle met cependant l’équipe du dictionnaire en garde contre des facteurs qui selon elle pourraient miner la popularisation du Dictionnaire des francophones.

Une femme souriante avec un collier de perles et un veston noir et blanc à motifs.

France Martineau, professeure éminente à l’Université d’Ottawa et membre de la Chaire de recherche sur les frontières, réseaux et contacts en Amérique française.

Photo : Mélanie Provencher

La spécialiste des langues rappelle que la démarche du dictionnaire devra reposer sur une analyse scientifique rigoureuse pour être sérieuse et assurer la diversité des régionalismes.

Elle voit un exercice de mise en contexte des expressions comme la meilleure manière de rendre cet outil pertinent.

Si un francophone de l’Acadie voit une locution acadienne qu’il n’utilise pas dans la vie de tous les jours décrite comme étant la locution courante, on vient lui imposer idéologiquement une façon de s’exprimer.

France Martineau

Pour garantir la réussite du projet, France Martineau souhaite à Bernard Cerquiglini d'être entouré d’une équipe qui lui permettra de faire un travail scientifique de fond derrière l’interface de l’application.

Une percée modeste au Canada

Pour accéder aux populations francophones du Québec, les instigateurs du dictionnaire des francophones ont fait des démarches auprès de l’Office québécois de la langue française (OQLF).

L’OQLF dit vouloir collaborer au projet, expliquant évaluer quelle forme pourrait prendre la collaboration dans ce dossier.

La PDG de l’OQLF, Ginette Galarneau, fait partie du Conseil scientifique du dictionnaire qui a été inauguré en mars dernier.

Une femme devant des drapeaux du Québec avec un foulard et un veston bleu.

Ginette Galarneau est la présidente-directrice générale de l’Office québécois de la langue française.

Photo : Radio-Canada

L’Assemblée de la Francophonie de l’Ontario a par ailleurs expliqué ne pas avoir entendu parler du projet et donc ne pas être en mesure de le commenter.

Site du Dictionnaire des francophones (Nouvelle fenêtre)

Toronto

Francophonie