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La Maison-Blanche enquête sur un accord Californie-constructeurs automobiles

Des véhicules utilitaires sport sont garés chez un concessionnaire.

L'enquête du département de la Justice essaie de déterminer si les quatre groupes automobiles ont enfreint les lois de la concurrence en contournant le gouvernement américain qui souhaite assouplir les normes environnementales.

Photo : Associated Press / David Zalubowski

Agence France-Presse

L'administration Trump a lancé une enquête antitrust sur un récent accord conclu entre les constructeurs Ford, BMW, Volkswagen et Honda et la Californie afin de réduire volontairement les émissions de gaz à effet de serre de leurs véhicules, a-t-on appris vendredi auprès de deux de ces groupes.

Cette enquête constitue une escalade des tensions entre l'administration Trump et la Californie, qui divergent sur plusieurs questions, notamment environnementales.

La Californie se veut un des États américains les plus à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique, alors que le gouvernement Trump affiche une volonté de se débarrasser des règles les plus strictes en matière antipollution.

L'enquête du département de la Justice essaie de déterminer si les quatre groupes automobiles ont enfreint les lois de la concurrence en contournant le gouvernement américain qui souhaite assouplir les normes environnementales, ont indiqué à l'AFP BMW et Honda.

Le département de la Justice a ainsi adressé des demandes d'information aux quatre constructeurs. Le Wall Street Journal était le premier à faire état de l'enquête de ce département, qui craint que l'accord n'affecte les groupes non signataires dans l'État de la Californie.

Honda va coopérer avec le département de la Justice au sujet de l'accord récent sur les émissions, conclu entre l'État de la Californie et différents constructeurs automobiles, dont Honda, a déclaré par courriel un porte-parole du constructeur japonais.

Nous avons reçu une requête [d'informations] du département de la Justice et allons y répondre de façon appropriée, a fait savoir de son côté un porte-parole de BMW.

Si la Californie veut conserver les objectifs ambitieux fixés par Barack Obama en matière d'émissions de CO2, Donald Trump a, lui, proposé l'an dernier d'annuler la réglementation adoptée sous son prédécesseur pour la période 2017-2025. À la place, les normes seraient gelées au niveau de 2020 jusqu'en 2026.

Les normes Obama visaient à atteindre une consommation équivalente à environ 4,7 litres par 100 kilomètres pour les modèles neufs de 2025, en moyenne. L'administration Trump a proposé de rester au niveau actuel, soit environ 6,3 litres/100 km.

Trafic routier sur une autoroute de Californie à Berkeley.

La Californie se veut un des États américains les plus à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

L'accord entre la Californie et les quatre constructeurs est une version adoucie du plan Obama : les constructeurs gagnent une année de plus pour atteindre l'objectif initial, de 2025 à 2026, et auraient plus de flexibilité pour réduire d'année en année leurs émissions de gaz à effet de serre (-3,7 % par an pendant 5 ans, au lieu de -4,7 % par an pendant 4 ans).

L'objectif poursuivi par Ford, BMW, VW et Honda, qui représentent environ 30 % des ventes de voitures neuves aux États-Unis, est d'avoir de la visibilité sur plusieurs années pour les normes CO2 sur le marché américain.

L'accord avait été salué par plusieurs associations écologistes qui y voyaient une « percée importante ».

Trump veut en finir avec l'exception californienne

En 2018, 69 % des ventes de véhicules neufs aux États-Unis étaient des 4 X 4 de ville (VUS), fourgonnettes ou camionnettes, qui consomment beaucoup d'essence et polluent le plus. Les trois modèles les plus vendus dans le pays étaient des camionnettes, dont le massif F-150 de Ford.

Gavin Newsom parle dans un micro.

Le gouverneur démocrate de la Californie, Gavin Newsom, accuse le président Trump de vouloir forcer les Américains « à consommer 320 milliards de gallons de pétrole de plus ».

Photo : La Presse canadienne / AP/Rich Pedroncelli

Contactés par l'AFP, ni le département de la Justice ni Ford n'ont répondu dans l'immédiat. Volkswagen n'a pas souhaité commenter.

Depuis des décennies, la Californie a le droit d'imposer des normes antipollution plus strictes que le niveau fédéral.

Donald Trump veut abolir cette exemption. Après bientôt un an de consultation, la nouvelle réglementation Trump est en cours de finalisation et sera vraisemblablement immédiatement attaquée en justice par la Californie et d'autres États, laissant les constructeurs dans l'incertitude et la crainte que deux niveaux de normes ne s'appliquent pas sur le marché américain.

Ainsi, Donald Trump veut coûter 400 milliards de dollars aux États-Unis; nous forcer à consommer 320 milliards de gallons de pétrole de plus; faire en sorte que les consommateurs paient davantage à la pompe; dégrader notre air; mettre en danger notre santé à tous; et passer en force en mettant en place un accord que les constructeurs automobiles ne veulent pas? Très bien. On lui donne rendez-vous devant les tribunaux, a d'ailleurs réagi sur Twitter vendredi Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie.

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