•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Arsenic : le ministre Charette ne compte pas rouvrir l'entente avec la Fonderie Horne

Le ministre de l'Environnement Benoit Charrette a accordé une entrevue à Radio-Canada au sujet de l'arsenic.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Annie-Claude Luneau

Le ministre de l'Environnement ne prévoit pas à court terme imposer une diminution des émissions d'arsenic à la Fonderie Horne.

Le ministre Benoit Charette visitait pour la première fois la région depuis le dévoilement de l'étude de biosurveillance au printemps, qui démontrait que les enfants du quartier Notre-Dame, à Rouyn-Noranda, étaient surexposés à l'arsenic.

Le ministère de l'Environnement autorise présentement la Fonderie Horne à émettre jusqu'à 67 fois plus d'arsenic que la norme provinciale. Cette autorisation doit être revue en 2021.

Le ministre Charette n'a pas l'intention de rouvrir cette entente tant que la Direction de la santé publique n'aura pas prouvé qu'il y a des risques pour la santé.

Il ajoute qu'un avis de la Santé publique de 2013 démontrait que les taux actuels d'émission d'arsenic ne causaient pas de problème pour la santé.

Ce n'est pas le ministère de l'Environnement qui peut déterminer ce qui est dangereux ou pas pour la population. C'est réellement une mission qui revient à la Santé publique. Donc le protocole ou l'entente actuelle, à l'époque, était validée par la Santé publique. Si éventuellement, cette même Santé publique devait dans les prochaines semaines, prochains mois, prochaines années nous dire : "Écoutez le 100 nanogrammes [par mètre cube d'arsenic dans l'air] qui est actuellement visé pour 2021, il faudrait arriver à un échéancier plus serré", le ministère de l'Environnement sera là pour répondre à la demande de la Santé publique, dit-il.

Cet objectif de 100 nanogrammes, qui représente 33 fois la norme québécoise, est déjà atteint par la Fonderie Horne, plus de 2 ans avant l'échéance de l'entente.

Une partie des installations de la Fonderie Horne, dont une cheminée.

La Fonderie Horne, située dans le quartier Notre-Dame, à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Elle émet en moyenne 98 nanogrammes d'arsenic par mètre cube. Elle entend aussi investir 35 millions de dollars supplémentaires d'ici 2021.

Le ministre salue d'ailleurs la collaboration de la Fonderie Horne. Là on est en présence d'une compagnie, je ne veux absolument pas la défendre, je vous relate les faits, on est en présence d'une entreprise qui a investi des dizaines de millions de dollars au cours des dernières années et qui d'ici la fin 2021 prévoit en investir encore davantage, alors clairement, on est en présence d'une entreprise qui veut faire partie de la solution.

Alors à quand l'atteinte de la norme provinciale d'émissions d'arsenic de 3 nanogrammes par mètre cube à la Fonderie Horne?

C'est une norme « qui n'est pas atteignable » pour une entreprise établie depuis aussi longtemps, soutient le ministre Benoit Charette.

Lorsqu'on lui demande d'où provient cette information, le ministre se réfère à nouveau à l'avis de la Santé publique de 2013.

Un, cet avis-là disait, le 3 nanogrammes n'était pas un objectif atteignable et, deux, le but est de diminuer les émissions le plus possible.

Le ministre Charette conclut en rappelant que le rapport final sur l'étude de biosurveillance sera publié d'ici quelques mois, et que les résultats pourraient le mener à adopter de nouvelles mesures.

- D'après une entrevue de Thomas Deshaies

Arsenic à Rouyn-Noranda : entrevue avec le ministre de l’Environnement

Abitibi–Témiscamingue

Politique provinciale