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Les dangers du cannabis : une adolescente raconte sa descente aux enfers

L'adolescente en entrevue.

Mia a sombré dans l'enfer de la drogue dès l'adolescence.

Photo : Radio-Canada

Sophie Désautels

Mia a l'air d'une adolescente comme les autres. À 17 ans elle vient pourtant de terminer un séjour de six mois dans un centre de désintoxication, le centre Portage Atlantique. « Sérieusement, je ne sais pas où je serais si je n'étais pas venue ici. Je suis vraiment contente. » Elle raconte son histoire pour sensibiliser les jeunes et leurs parents aux dangers du cannabis.

Mia est originaire de la Péninsule acadienne. Elle a fumé du cannabis pour la première fois à l'âge de 13 ans. La première fois que j'ai consommé du cannabis, c'était avec ma grande soeur. Mon père et ma mère n'étaient pas là, ils étaient partis à Moncton et j'étais avec une de mes friends et on a juste décidé de prendre et essayer.

Sa première expérience avec le cannabis ne l’a pas convaincue. C’est plutôt la pression de ses pairs qui l’a poussée à récidiver.

C'était plus pour me faire accepter par les autres, être cool et c'était plus à cause de ma grande soeur. Je voyais ma grande soeur fumer avec ses amis et elle était tout le temps comme cool et j'ai pensé pourquoi pas essayer pour voir si le monde va m'accepter aussi.

Mia

C'est à la polyvalente que les choses dégénèrent. Mia consomme de plus en plus. Entre la 8e année et la polyvalente, la dépendance fait son chemin et il lui faut dorénavant trouver de l'argent pour se procurer sa dose quotidienne. L'argent que sa mère lui donne pour le dîner à l'école sert à acheter du cannabis. Mais ça ne suffit plus pour se procurer la drogue qu'elle consomme tous les jours.

Quand je suis entrée à la polyvalente, je fumais tout le temps. Je trouvais tout le temps une manière d'en trouver. Je volais ma mère, ma grande soeur, ma petite soeur, ma grand-mère.

Descente aux enfers

Trois ans après avoir fumé du cannabis pour la première fois, plus rien ne l'intéresse, ni l'école ni sa famille. Elle fait de nouvelles expériences. Je prenais n'importe quoi que mes amis me donnaient. Des fois, je ne savais même pas ce qu'ils me donnaient, je le prenais juste. J'étais vraiment rendue un étranger pour ma famille. Je n'étais plus la même en tout, explique Mia, avec un trémolo dans la voix, en ajoutant que sa mère, à bout de patience et de ressources, a fini par lui montrer la porte.

Mais Mia n'a pas alors encore atteint le fond du baril.

Je me suis pognée un appartement avec une amie et c'est là que ç'a commencé à être vraiment vraiment bad. Je vendais mon corps pour avoir de l'argent.

Mia

J'étais vraiment addict aux drogues dures, au cannabis aussi, je buvais tous les jours.

C’est sa mère qui l'a convaincue qu'elle ne s'en sortirait pas seule. Elle l'a inscrite au centre Portage Atlantique. Depuis, Mia dit qu'elle est transformée. Elle est redevenue la jeune fille qu'elle était et elle a retrouvé sa famille.

Le Centre Portage vu de l'extérieur.

Portage est un organisme canadien sans but lucratif dont l’objectif est d’aider les personnes à vaincre leur dépendance et à mieux comprendre ce qui les a menés là.

Photo : Radio-Canada

Mia est loin d'être la seule dans cette situation. Le centre, situé au lac Cassidy, au Nouveau-Brunswick, accueille chaque année 500 jeunes pour les aider à vaincre leurs problèmes de toxicomanie et à mieux comprendre ce qui les a menés vers la dépendance.

Portage est un organisme canadien sans but lucratif dont l’objectif est d’aider les personnes toxicomanes à vaincre leur dépendance et à mieux comprendre ce qui les a entraînés dans cette voie. Parmi ces derniers, 88 % ont une dépendance au cannabis.

Nouveau-Brunswick

Dépendances