•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Énergie NB respecte-t-elle son mandat en signant un contrat avec Joi Scientific?

Une animation montre une main tenant du matériel de laboratoire plein d'argent.

Joi Scientific est une jeune entreprise basée en Floride qui prétend avoir trouvé une façon rentable de produire de l’hydrogène à partir de l’eau de mer.

Photo : Joi Scientific

Pascale Savoie-Brideau

« Évidemment, il faut avoir un œil ouvert sur les nouvelles avenues technologiques, mais ce n'est pas à une société d'État de cette nature de prendre le risque de développer une nouvelle technologie ou d’investir dans une compagnie qui a un stade si précoce de développement technologique », lance un expert en énergie du HEC Montréal.

Pour Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie HEC Montréal, cette décision est très étonnante.

Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal.

Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal

Photo : Radio-Canada

Joi Scientific demeure une société en démarrage qui a une technologie qui se présente comme révolutionnaire et qui pourrait être intéressante, certes. Par contre, selon le chercheur, ce n’est certainement pas le rôle d’une compagnie comme Énergie NB d'investir dans de telles petites start-up technologiques.

Un pari qui en vaut la peine?

Pour Pierre-Olivier Pineau, un tel investissement dans de petites entreprises peut valoir la peine, mais exclusivement par les entreprises spécialisées dans ce type d’investissement à haut risque.

La technologie de Joi Scientific n’a pour l’instant jamais été commercialisée ni éprouvée. L’entreprise garde aussi les détails de son procédé technologique secrets.

Graphique d'un camion qui se remplit d'hydrogène.

Joi Scientific promet de révolutionner la production d'électricité à base d'hydrogène. Des physiciens estiment que sa technologie défie les lois de la physique.

Photo : Radio-Canada / Joi Scientific

Bien qu’il n’ait pas vu la technologie de Joi Scientific, M. Pineau n’est pas optimiste quant à la faisabilité de ce projet. Dans son champ d’études, il est fréquent d’entendre régulièrement parler de technologie miracle qui résoudrait tous les problèmes énergétiques de la planète.

Malheureusement, ça n’arrive pas et ça a peu de chance d'arriver, lance-t-il.

Je ne crois pas vraiment aux miracles et je ne crois pas qu'Énergie NB devrait se lancer dans cette direction.

Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, HEC Montréal

Rappelons que, cette semaine, deux professeurs de physique de l'Université de Moncton ont dénoté des erreurs troublantes dans les brevets de l'entreprise Joi Scientific.

Le mandat d’Énergie NB

Énergie NB indique sur son site Internet son engagement « à tenir l'environnement tel un enjeu de premier plan lors de [ses] prises de décisions d'affaires, aujourd'hui et pour l'avenir ».

Dans sa politique, Énergie NB affirme que « l'utilisation efficace de l'électricité » est un des principes qui « guideront les actions et la prise de décision » de l’entreprise.

Elle se dit aussi « engagée au développement durable [...] tout en respectant son mandat de fournir de l'énergie économique et fiable pour les gens du Nouveau-Brunswick ».

Un camion d'Énergie NB.

Un camion d'Énergie NB

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Pour Pierre-Olivier Pineau, c’est sortir du mandat normal d’Énergie NB que de faire affaire avec Joi Scientific.

Nouveau-Brunswick

Énergies renouvelables