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  • Il y a 30 ans, une brèche en Hongrie lézarde le rideau de fer en Europe de l’est

    Des réfugiés est-allemands remplissent de leurs biens leur voiture à Budapest, en Hongrie.

    Le 10 septembre 1989, la Hongrie annonce l'ouverture de sa frontière avec l'Autriche à tout le monde.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 10 septembre 1989, le gouvernement communiste de la Hongrie ouvre ses frontières avec l’Autriche. Ce geste permet à des milliers de citoyens de l’Allemagne de l’Est de s’enfuir vers l’Allemagne de l’Ouest. La décision a été l'un des éléments déclencheurs des révolutions qui ont fait tomber les régimes communistes d’Europe de l’Est. Radio-Canada en a témoigné.

    Une brèche s’ouvre dans le rideau de fer est-européen

    Au début de l’année 1989, les régimes communistes qui dirigent plusieurs pays de l’Europe de l’Est sont de plus en plus contestés.

    En février 1989, par exemple, le pouvoir communiste en Pologne se voit forcé d’accepter de composer avec l’opposition démocratique.

    En Hongrie, d'autres événements se produiront bien vite en 1989 et feront tomber ce qu’on appelle le rideau de fer, et accélérer la chute du communisme en Europe de l’Est.

    Les premières manifestations de cette chute historique ont été brièvement soulignées aux nouvelles de Radio-Canada.

    En janvier 1989, la Hongrie annonce que ses citoyens pourront désormais se rendre en Autriche sans avoir de visa.

    Première édition, 4 mai 1989

    Le 4 mai 1989, l’animatrice Solveig Miller, de l’émission Première édition, confirme que, depuis le début de la semaine (2 mai), les soldats hongrois s’affairent à démanteler la clôture barbelée et électrifiée qui empêche la libre circulation entre la Hongrie et l’Autriche.

    Solveig Miller parle alors d’une brèche dans le rideau de fer entre l’Europe de l’Est et le reste de l’Europe. Elle ne sait pas à quel point elle a raison.

    Un effet dévastateur en République démocratique allemande

    La Hongrie a ouvert temporairement ses frontières depuis minuit, heure locale, pour permettre aux réfugiés est-allemands de se rendre en Allemagne de l’Ouest via l’Autriche.

    Bernard Derome

    Téléjournal, 10 septembre 1989

    Le 10 septembre 1989, l’animateur du Téléjournal Bernard Derome annonce une nouvelle stupéfiante.

    Le gouvernement de Budapest décrète officiellement à la télévision que les frontières de la Hongrie seront dorénavant ouvertes à tout le monde.

    Cette décision du gouvernement hongrois aura un effet dévastateur sur le régime communiste de sa voisine, la République démocratique allemande (Allemagne de l’Est).

    Depuis sa création, en 1949, l’Allemagne de l’Est voit en effet fuir une partie de sa population pour des raisons politiques vers la République fédérale allemande (Allemagne de l’Ouest).

    Les Allemands de l’Est qui désiraient fuir leur pays transitaient très souvent par la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Ces deux pays se montraient plus tolérants lorsqu'il s'agissait de passer à l’Ouest.

    Après le démantèlement de la frontière barbelée par la Hongrie, de plus en plus d’Allemands de l’Est affluent dans ce pays. Des camps de réfugiés y voient le jour.

    La décision hongroise du 10 septembre 1989 a brusquement agrandi la brèche dans le rideau de fer qui tenait prisonnières les populations de l’Europe de l’Est communiste.

    L’animateur Bernard Derome décrit la joie des réfugiés est-allemands qui apprennent la nouvelle. Il souligne aussi que le ministre hongrois des Affaires étrangères révèle l’ampleur de la crise.

    Il y a, sur le sol de la Hongrie, 60 000 réfugiés venant d’Allemagne de l’Est. Ils ont un objectif : rejoindre l’autre Allemagne.

    Le 12 septembre 1989, le correspondant Raymond Saint-Pierre se trouve dans la ville ouest-allemande de Passau, tout près de la frontière autrichienne. Il nous envoie un reportage diffusé au Téléjournal ce soir-là.

    Raymond Saint-Pierre raconte que Passau voit affluer des milliers de « vacanciers » est-allemands. Ce sont majoritairement des jeunes qui ne supportent plus de vivre en Allemagne de l’Est.

    À leur arrivée en Allemagne de l’Ouest, on leur donne un passeport, des vêtements et un peu d’argent pour refaire leur vie.

    Ce sont des forces vives qui quittent l’Allemagne de l’Est, constate le journaliste. La majorité de ceux qui fuient ont entre 20 et 40 ans. De plus, ce sont des travailleurs qualifiés.

    Malgré un taux de chômage à 8 %, l’Allemagne de l’Ouest accueille avec bonheur ces réfugiés. Il faut dire qu’ils sont considérés comme de bons travailleurs et que cette jeunesse est bien appréciée dans une Allemagne de l’Ouest qui vieillit rapidement.

    Ce jour-là, comme le relèvent Raymond Saint-Pierre et l’animateur du Téléjournal Bernard Derome, le flot de réfugiés semble avoir fait une pause.

    Mais, pour les régimes communistes d’Europe de l’est, le pire n’est pas encore arrivé.

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