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Vérification des faits : l'attente aux urgences a-t-elle vraiment diminué sous les conservateurs?

Devanture de l'Hôpital Concordia.

À l’Hôpital Concordia, transformé en centre de soins d’urgence mineure, le temps d’attente en juillet est passé de 5,32 heures l'an dernier à 5,67 heures cette année.

Photo : Radio-Canada / Darren Bernhardt

Thibault Jourdan

Les progressistes-conservateurs, les néo-démocrates et les libéraux s’affrontent sur la santé en vue des élections. Depuis leur entrée au pouvoir en 2016, les premiers affirment que les temps d’attente dans les urgences ont diminué, justifiant ainsi la réussite de la réforme du système engagée sous le mandat de Brian Pallister. Qu'en est-il réellement? Radio-Canada vérifie les faits, pour vous aider à démêler le vrai du faux.

Vendredi dernier, Réal Cloutier, le président directeur général de l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW), a révélé les temps d’attente dans les urgences des hôpitaux de la capitale manitobaine, en pleine période électorale, après une polémique survenue au cours de la journée entre les progressistes-conservateurs, les néo-démocrates et les libéraux.

On apprenait alors que, globalement, les temps d’attente avaient empiré entre juillet 2018 et juillet 2019, passant de 4,11 heures en moyenne à 4,47 heures.

À l’Hôpital Concordia, transformé en centre de soins d’urgence mineure, le temps d’attente est passé de 5,32 heures à 5,67 heures, par exemple.

Même chose du côté de l’Hôpital Victoria, aussi transformé en centre de soins d’urgence mineure. On y a attendu 3,68 heures en 2018 et 4,38 heures en juillet 2019.

Quant à l’Hôpital Saint-Boniface, l’attente est passée de 4,03 heures l’an dernier à 4,62 heures cette année.

Pourtant, le Parti progressiste-conservateur n’a de cesse de le répéter : les temps d’attente aux urgences depuis son arrivée au pouvoir sont en diminution. Et, selon les données recueillies par l’Institut canadien d’information sur la santé, c’est vrai.

En 2017-2018, 90 % des patients ont attendu moins de 11,4 heures aux urgences, C'est environ 2 heures de moins qu'en 2013-2014, où l'attente était de 13 heures.

Pendant longtemps, le Manitoba a défrayé la chronique comme étant la province où les patients attendaient le plus longtemps aux urgences avant d’être pris en charge. Comparé aux autres provinces et territoires, c’est toujours le cas en 2017-2018.

Le Manitoba est même largement au-dessus de la moyenne nationale, qui est de 7,9 heures en 2017-2018. Le Manitoba a d'ailleurs toujours été au-dessus de la moyenne nationale depuis l’arrivée au pouvoir des progressistes-conservateurs.

Mais, contrairement au Manitoba où les temps d'attente ont diminué, la moyenne nationale, elle, augmente : elle est ainsi passée de 7,5 heures en 2013-2014 à 7,9 heures en 2017-2018.

Pas d’explication sur l’augmentation en juillet

Il n’existe pas de réelle explication concernant l’augmentation des temps d’attente en juillet pour les hôpitaux de Winnipeg. Réal Cloutier lui-même a répondu aux journalistes, lors de la conférence de presse téléphonique de vendredi dernier, qu’il ne pouvait pas entrer dans les détails.

Comme vous pouvez vous y attendre, beaucoup de changements sont en cours et les hôpitaux s’ajustent et s’adaptent [doucement] , dit-il.

Au-delà des changements, des variations saisonnières peuvent aussi entrer en jeu, l’été étant une saison où les Canadiens sont plus actifs et où le risque de blessure augmente.

Notre dossier sur les élections provinciales 2019 au Manitoba

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