•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Psychodrame chez les Johnson sur fond de Brexit

Stanley Johnson aux côtés de son fils, Boris Johnson, et portant une pancarte sur laquelle on peut lire «Je soutiens Boris»

Stanley Johnson, le père de Boris Johnson a brusquement changé d'avis sur le Brexit, passant d'« anti » en 2016 à « pro » en 2017.

Photo : Getty Images / Finnbarr Webster

Agence France Presse

Boris Johnson a dû faire face à l'humiliante défection de son frère Jo, fervent pro-européen, comme presque tout le reste d'une famille haute en couleur.

« Toi aussi, Jo! » fait dire la presse populaire britannique au premier ministre au lendemain de la démission du gouvernement de son frère cadet, comme César comprenant à l'heure de sa mort qu'il a été trahi par son fils Brutus.

Déchiré entre la loyauté familiale et l'intérêt national, Jo Johnson, député conservateur, a clairement choisi le second.

Il n'a pas pu avaler la ligne dure de Boris sur le Brexit et a quitté le gouvernement, mettant à rude épreuve son fragile contrôle du pouvoir et déclenchant un psychodrame existentiel dans la famille Johnson, résume le journal conservateur Daily Mail.

Un énième psychodrame, à vrai dire, au sein d'un clan familial habitué aux rivalités fraternelles et aux féroces querelles sur fond de Brexit.

Si la famille Johnson n'est certes pas la seule au Royaume-Uni à être déchirée par le Brexit, elle se distingue par de fortes personnalités. Elle captive, dans un pays qui adore les sagas familiales, comme en témoigne le succès des séries mélodramatiques comme Downton Abbey.

Quelle famille!

D'abord, il y a le père : Stanley Johnson, 79 ans, écrivain et ex-politicien tory, dont le CV est une profession de foi européenne. Il a été parmi les premiers fonctionnaires britanniques à Bruxelles, de même que membre du Parlement européen et de la Commission. Tout cela même s'il a brusquement changé d'avis sur le Brexit : « anti » en 2016, puis « pro » en 2017.

Grande gueule et blagueur comme Boris, il est apparu en 2018 dans une série de téléréalité et d'aventure intitulée I'm a Celebrity... Get Me Out of Here! (« Je suis une célébrité... Sortez-moi de là! »). Ça ne s'invente pas...

De gauche à droite : le père, Stanley Johnson, la sœur, Rachel Johnson et le frère, Jo Johnson.

La famille Johnson ne partage pas toujours les mêmes opinions que l’aîné de la fratrie.

Photo : Reuters

Il y a la mère, Charlotte Fawcett, 77 ans, qui est artiste peintre. La couple a divorcé en 1977 et Charlotte s'est remariée avec un universitaire américain avant de devenir veuve en 1996. Sur les photos de famille, entourée du mari et de quatre enfants, on la sent un peu fatiguée.

Vient la sœur, Rachel, journaliste chevronnée de 53 ans et ex-vedette de téléréalité. Même tignasse blonde, même énergie. Elle, elle ne met pas son drapeau européen dans la poche.

Je pense que nous sommes plus forts à l'intérieur de l'Union européenne (UE) et que l'UE est plus forte avec nous, confiait-elle à l'Agence France-Presse en mai dernier à Bath, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Je ne veux pas que mes petits-enfants me demandent:  "Mamie, qu'as-tu fait lorsque Nigel Farage [eurodéputé europhobe et chef du parti du Brexit] est arrivé à la tête du pays?"

Rachel Johnson, sœur de Boris Johnson

Candidate pro-UE aux élections européennes, elle a été largement battue.

Il y a ses trois frères : l'aîné, bien sûr – Alexander Boris de Pfeffel Johnson, dit « BoJo » –, 55 ans, qui voulait être « le roi du monde » et est devenu premier ministre à la place.

Le second, le discret Leo, 51 ans, est présentateur radio et expert en innovations technologiques. Lui a échappé à la politique et n'est ni blond ni tory.

Enfin, Jo, 47 ans, le petit dernier, est devenu l'assassin de son frère aîné dans une extraordinaire pièce de théâtre politique.

« Au moins, quelqu'un s'entend bien avec son frère », ironise le tabloïd The Sun en affichant à sa une la photo de la princesse Charlotte, la petite fille de William et Kate, tout sourire à côté de son frère George, le jour de la rentrée scolaire, jeudi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique internationale

International