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Andrée Levesque-Sioui, une artiste wendate fière de sa culture

Une femme souriante avec un chapeau qui tient un tambourin dans ses mains

L'artiste kwendokye's Andrée Levesque-Sioui enseigne le wendat depuis 2010.

Photo : Christian Paré

Anne-Josée Cameron

L'artiste Andrée Levesque-Sioui a le vent dans les voiles. Très sollicitée, elle chante notamment au TIFF durant la fin de semaine. Elle poursuit avec détermination une carrière de chanteuse et d'enseignante.

Au cœur de ses deux professions se trouve le wendat.

Pratiquement oublié pendant 150 ans, le wendat est désormais en cours de revitalisation. Andrée Levesque-Sioui y participe d'ailleurs activement en tant qu'artiste et enseignante. On a pu l'entendre entre autres dans Kiugwé, Ozalik et elle a fait sensation le 30 août dernier lors du gala d'ouverture du Diamant.

En 2010, elle intègre le projet Yawenda qui a pour but de sauvegarder et transmettre la culture wendate. Elle apprend alors la langue de ses ancêtres et devient professeure de wendat pour les adultes et les enfants.

Dans un café près de chez vous est une série de rencontres de la journaliste Anne-Josée Cameron avec des artistes. Pour entendre sa discussion avec Andrée Levesque-Sioui, c'est ici.

« J'ai été formée par la linguiste Megan Lukaniec et Marcel Godbout, et d'autres personnes, à la connaissance de la structure de la langue wendat, qui est une langue complexe, et après ça, à l'apprentissage. Je suis toujours en apprentissage, je suis une enseignante qui apprend », raconte Andrée Levesque-Sioui.

Le chant aide à la prononciation et à la mémorisation.

Andrée Levesque-Sioui, au sujet du chant comme outil d'apprentissage

Celle dont le nom wendat est Kwendokye's, qui veut dire « celle dont la voix flotte sur l'eau », utilise le chant pour enseigner la langue à ses élèves de tous les âges, et même pour aider les autres enseignants.

« J'enseigne la langue, mais également les chants. Je compose les chansons sur des airs connus; pour les éducatrices, c'est plus facile », explique l'artiste qui base aussi son enseignement sur la culture de sa nation.

Une carrière en plein essor

Auteure-compositrice-interprète, Andrée Levesque-Sioui cumule les projets. Elle prépare en ce moment un album solo aux accents folk, blues et traditionnels où le français, l'anglais et le wendat seront à l'honneur.

L'album devrait paraître au printemps prochain. D'ici là, elle offrira de nombreux concerts dont un les 20 et 21 septembre à Wendake et Québec, au sein du groupe les Mocassins volants dont elle fait également partie.

Ce qu'il faut savoir sur le wendat

Il s'agit d'une langue iroquoienne.

Au Québec, la langue wendat tombe en désuétude au cours du 19e siècle en raison de divers facteurs. « Ce fut une langue très vivante, rappelle Andrée Levesque-Sioui, parlée dès 1697 dans ce qu'on appelait alors le Wendake nord, et qui, petit à petit, s'est effritée au contact des Français, des intermariages et de la religion. »

Le wendat est la langue autochtone la plus répertoriée. « On disait le huron à l'époque », se remémore la chanteuse. Treize dictionnaires et trois grammaires ont été écrits au 17e et 18e siècles. Les travaux de revitalisation de la langue se basent en grande partie sur les écrits de Pierre Pothier, un jésuite du 18e siècle.

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