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Du théâtre canadien débarque à Ottawa, en français s’il vous plaît

Un homme tient une jeune femme dans ses bras.

« Là où le sang se mêle » est présentée aux Zones théâtrales à l'occasion de la première collaboration avec le nouveau Théâtre autochtone du CNA.

Photo : Avec la gracieuseté du Centre national des arts / Guillaume Sabourin

Christelle D'Amours

Les Zones théâtrales s'installent à Ottawa jusqu’au 14 septembre avec huit productions professionnelles en français et autant de textes en chantier à découvrir. C’est l’occasion de rassembler les artisans du milieu, en plus de proposer au public « ce qui se fait de mieux » sur les planches franco-canadiennes.

Dès lundi, la capitale nationale est le théâtre d’un rassemblement où sont conviés comédiens, metteurs en scène, dramaturges et autres artisans du milieu venus de partout au Canada — et de l’étranger — pour célébrer le répertoire dans la langue de Molière.

Du 9 au 14 septembre, le grand public peut se rendre à La Nouvelle Scène, au Centre national des Arts (CNA) et à la Cour des arts d’Ottawa pour voir les huit productions des Zones théâtrales de cette année.

La sélection 2019 des Zones théâtrales :

- Jack - Ontario

- Les limites du bruit possible - Nouveau-Brunswick

- La fille du facteur - Alberta 

- Néon Boréal - Ontario

- Overlap - Nouveau-Brunswick

- Mokatek et l’étoile disparue - Ontario et Québec

- Le soulier - Colombie-Britannique

- Là où le sang se mêle - Québec

Toutes créées par des professionnels du théâtre canadien, les pièces en français ont été sélectionnées par le directeur artistique de l’événement, Gilles Poulin-Denis.

Dans le paysage théâtral national, il y a eu plusieurs nouvelles directions artistiques dans les dernières années qui ont pris en charge des compagnies importantes, explique celui qui a voulu mettre en lumière le travail des nouveaux venus.

Il cite en exemple la pièce ontarienne Jack, qui donnera le coup d'envoi à l’événement. Le texte est signé par la directrice artistique du Théâtre du Nouvel-Ontario, Marie-Pierre Proulx, en poste depuis moins de deux ans.

Une jeune femme portant un sac à dos discute avec son grand-père.

« Jack », présentée en ouverture des Zones théâtrales, raconte l'histoire d'une jeune femme qui, sur la route du voyage, renoue avec le souvenir de son grand-père.

Photo : Avec la gracieuseté du Centre national des arts / Brian Côté

Les grandes questions

- Qui? La programmation de spectacles est accessible à tous ceux — initiés ou néophytes — qui s’intéressent au théâtre en français. Certaines activités sont gratuites et une pièce s’adresse aux enfants.

Des événements de réseautage et des discussions ont également lieu durant les six jours de l’événement pour créer des liens entre les professionnels du milieu artistique. L’objectif est de permettre des collaborations nationales et internationales en théâtre français.

Quoi? Les Zones théâtrales ont lieu tous les deux ans. L’objectif est de faire rayonner des pièces marquantes, créées par des compagnies professionnelles des communautés francophones d’un peu partout au Canada.

L’événement propose aussi des œuvres inachevées dans la programmation Zone labo. Outre les trois pièces en chantier (qui font encore l’objet de modifications avant d’être lancées officiellement), cinq lectures de textes écrits par des auteurs canadiens sont prévues.

Pourquoi? Du mariage entre baladodiffusion et théâtre offert par Néon Boréal (Théâtre du Trillium/Sous la Hotte) jusqu'à la production sans paroles et tout en mouvement Les limites du bruit possible (Satellite théâtre), les Zones théâtrales veulent illustrer la vitalité du théâtre franco-canadien.

C’est de témoigner de tout ce qui se passe, puis de toutes les grandes démarches, soutient le directeur artistique des Zones. [C'est] essayer d’offrir une gamme très vaste de sujets et de formes théâtrales.

Une scène avec des gens vêtus de beige.

Théâtre physique, jeu masqué, danse, acrobatie et marionnettes sont à l'honneur dans « Les limites du bruit possible ».

Photo : Avec la gracieuseté du Centre national des arts / Emmanuel Albert

Les grands enjeux

Si l’actualité de la dernière année a témoigné de l’importance des questions identitaires, non seulement pour les Franco-Ontariens, mais aussi pour l’ensemble de la francophonie canadienne, il s’agit d’un « heureux hasard » de les retrouver aussi présentes dans la programmation des Zones théâtrales.

Quand je crée la programmation, je vois beaucoup de spectacles et je ne cherche pas à créer un lien, mais il y a toujours quelque chose qui émerge, déclare M. Poulin-Denis.

Dans le théâtre franco-canadien, québécois, il y a cette question d’identité qui reste souvent très centrale. C’est un thème récurrent.

Gilles Poulin-Denis, directeur artistique des Zones théâtrales

Alors qu’Overlap (Satellite Théâtre, Moncton) présente une jeunesse acadienne enracinée qui a soif de se réinventer, La fille du facteur (L’Unithéâtre, Edmonton) est un récit d’exil où la quête de soi passe par le voyage et les échanges.

La rencontre de soi et de l’autre prédomine donc au cœur des textes qui seront livrés sur les planches, surtout à cette époque où il y a beaucoup de questions sur l’immigration, le rapport aux nouveaux arrivants et toutes ces questions-là. Au niveau de nos créations, il y a toute cette ouverture-là vers l’autre et je trouve ça très, très inspirant, ajoute le directeur artistique.

Il s'avère pourtant difficile d'ignorer une faible présence de la diversité dans la programmation 2019 des Zones théâtrales. Gilles Poulin-Denis répond que son mandat « très précis, mais sur un territoire très large » le rend tributaire de l’offre des compagnies de théâtre.

La diversité, je reste sensible à ça, rétorque-t-il. C’est quelque chose que je garde en tête quand je fais la programmation : m’assurer qu’on offre des possibilités à tout le monde et que les portes soient ouvertes.

Un homme vêtu d'un veston sur fond noir.

Gilles Poulin-Denis, auteur, traducteur et metteur en scène originaire de la Saskatchewan, est le directeur artistique des Zones théâtrales.

Photo : Avec la gracieuseté du Centre national des arts

Le grand départ

Cette année marque un tournant pour les Zones théâtrales, qui collaborent avec le nouveau Théâtre autochtone du CNA.

Il y a encore du travail à faire pour pouvoir leur donner une plateforme, une visibilité à leur juste droit, estime le directeur artistique de l’événement. Il se dit pourtant heureux de faire ce premier pas.

C’est quelque chose qu’il faut célébrer, cette arrivée d’un théâtre autochtone national.

Gilles Poulin-Denis, directeur artistique de Zones théâtrales
Une femme portant un costume traditionnel autochtone est debout au milieu d'une tente baignée de lumière bleutée.

Dans la pièce « Mokatek et l'étoile disparue », les spectateurs sont invités à prendre place dans une maison longue pour s'imprégner de l'esprit de la pièce.

Photo : Marianne Duval

Deux pièces s’insèrent ainsi dans la programmation des Zones.

Le récit Mokatek et l’étoile disparue s’adresse aux enfants de 2 à 6 ans. La production de Vox Théâtre (Ottawa) et des Productions Ondinnok (Montréal) rassemble chant, marionnettes et danse pour faire découvrir les langues autochtones.

C’est une façon de soutenir les voix des artistes autochtones qui travaillent en français, de pouvoir leur donner une plateforme pour faire entendre ces voix-là auprès de notre public, note M. Poulin-Denis.

Là où le sang se mêle, traduction du texte original Where the Blood Mixes du directeur artistique du Théâtre autochtone du CNA, Kevin Loring, « témoigne d’enjeux autochtones importants », selon Gilles Poulin-Denis. Cette pièce sera présentée deux fois en français et trois en anglais lors des Zones théâtrales.

POUR Y ALLER

Zones théâtrales
Du 9 au 14 septembre
Centre national des Arts, La Nouvelle Scène et Cour des arts d’Ottawa

Ottawa-Gatineau

Théâtre