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Arsenic : « le ministère de l’Environnement est complice »

Des gens assis dans une grande salle devant une scène où il y a une table pour lire des discours.

La projection du documentaire Noranda devant une centaine de citoyens a eu lieu jeudi soir, au Cégep de Rouyn-Noranda, 35 ans après la parution du film.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

La projection du documentaire Noranda devant une centaine de citoyens jeudi soir a été l’occasion pour les artisans du film de tirer à boulets rouges sur le ministère de l’Environnement et la Direction de la santé publique.

Selon eux, seule une pression soutenue des citoyens pourra permettre de mettre fin à la pollution atmosphérique outrancière à Rouyn-Noranda.

Le film co-réalisé par Robert Monderie et Daniel Corvec en 1984, avec la participation de Richard Desjardins à la recherche, rapportait les résultats d’une vaste étude scientifique. Celle-ci prouvait les multiples problèmes de santé des travailleurs de la fonderie, il y a 35 ans, en raison de la pollution.

Nos gros opposants, c’était le ministère de l’Environnement. On avait de la difficulté à avoir des renseignements, à obtenir même des rendez-vous, puis surtout, avoir les faits.

Richard Desjardins

En ce qui me concerne, la Santé publique, le ministère de l’Environnement, pour moi, ce sont des complices. C’est affligeant, le rôle qu’ils ont joué, pour mettre le couvert sur la marmite, s’est quant à lui exprimé Robert Monderie, à propos del'autorisation accordée à la fonderie d’émettre 67 fois plus d’arsenic que le prévoit la norme provinciale.

De gauche à droite: Robert Monderie, Daniel Corvec et Richard Desjardins sont assis aoutour d'une table sur la scène.

(De gauche à droite) Robert Monderie, Daniel Corvec et Richard Desjardins ont pris la parole après la projection du documentaire,

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

On se rend compte, 35 ans plus tard, que des problèmes qu’on avait soulevés lors du film Noranda en 1983, ils persistent, s’est exaspéré Richard Desjardins, faisant référence aux récentes révélations sur l’arsenic émis par la fonderie.

Une situation qui persiste

Richard Desjardins, tout comme Robert Monderie, affirme avoir eu à interagir à de nombreuses reprises avec le ministère de l’Environnement lors de la production de leurs documentaires, dont l’Erreur boréale et Trou story. Ce que j’ai découvert, c’est que c’est le ministère qui donnait des permis de polluer. Pour moi, le ministère de l’Environnement, c’est une immense déception, s’est exclamé M. Monderie.

Faut-il fermer l’usine pour régler le problème? C’est une question qui est très légitime.

Richard Desjardins

Les cinéastes estiment que, tout comme il y a 35 ans, seule une mobilisation citoyenne pourra changer la donne. Tant que les citoyens vont rester fâchés, qu’ils vont rester motivés, on peut avoir un peu d’espoir. Mais si on pense que ça va être la santé publique ou le ministère de l’Environnement [qui va régler la situation], on va reparler de la même chose dans 30 ans, a tranché M. Monderie.

Daniel Corvec croit par ailleurs que si ce n’était de l’importante équipe de chercheurs de New York dans les années 1980, la population n’aurait probablement jamais été informée de l’ampleur de la problématique. Il a fallu que ça vienne de New York, sinon on n’aurait rien eu, déplore-t-il.

Se souvenir pour mieux agir

Le Comité Arrêt des rejets et émissions toxiques de Rouyn-Noranda (ARET), qui organisait la projection, souhaitait rappeler que les enjeux de pollution atmosphérique sont connus depuis des décennies. Le documentaire faisait déjà à cette époque mention des émissions d’arsenic et de ses effets.

C’était de faire une petite mise en bouche par rapport au passé pour voir ce qui a changé et ce qui n’a pas changé, pour se donner un peu plus de force pour l’avenir.

Mireille Vincellette, co-porte-parole du comité ARET

Certains citoyens dans la salle ont soulevé les ressemblances entre les discours de certains protagonistes dans le documentaire et ceux d’aujourd’hui.

C’est le cas de Nicole Desgagnés, qui faisait partie du comité citoyen qui a lutté contre l’anhydride sulfureux dans les années 1980. Elle se rappelle que, comme aujourd’hui, l’entreprise déclarait ne pas avoir la technologie pour régler la situation.

Puis là, tout d’un coup, la technologie existait parce que le gouvernement était prêt à les aider [monétairement]. Le tiers a été payé par le provincial et un autre tiers par le fédéral, se souvient-elle, tout en avouant être peu convaincue par les propos actuels des représentants de la Fonderie Horne sur leur incapacité à minimiser les émissions d’arsenic.

La co-porte-parole du Comité ARET, Mireille Vincelette, constate que les évènements du passé confirment l’importance pour les citoyens de rester sur leurs gardes.Avec les réactions qu’il y a eu par la suite aussi, de voir que les gens sont prêts à se mobiliser, je pense que ça va faire boule de neige, a-t-elle conclu.

Abitibi–Témiscamingue

Santé publique